Science & santé

L’obésité menace les éléphants en captivité, et il est difficile de les peser

Repéré par Mathieu Dejean, mis à jour le 23.07.2014 à 15 h 26

Repéré sur Washington Post

Elephant /Lucas Santana via Flickr licence by

Elephant /Lucas Santana via Flickr licence by

Ils sont tellement gigantesques par nature qu’il est difficile de distinguer un éléphant en bonne santé d’un éléphant en surpoids. Mais plusieurs experts s’inquiètent du nombre de pachydermes en captivité dont l’embonpoint semble excessif, rapporte le Washington Post. D’après Daniella Chusyd, doctorante en sciences de la nutrition à l’Université d’Alabama à Birmingham, interrogée par UAB News, «l’obésité affecte environ 40% des éléphants d’Afrique en captivité», et «comme chez les humains, l’excès de graisse chez les éléphants contribue au développement de maladies cardiaques, de l’arthrite, à une espérance de vie plus courte et à l’infertilité».

C’est ce dernier point qui préoccupe le plus les chercheurs. Dans les zoos américains, on ne décompte que trois naissances par an, alors qu’il en faudrait six pour maintenir la population des éléphants. D'après le Washington Post, un rapport publié en 2011 par le zoo de Lincoln Park, à Chicago, soutenait que si le taux de naissance ne progressait pas, les éléphants pourraient disparaître des zoos d’ici cinquante ans. L’obésité est suspectée d’être au cœur du problème.

Pour mesurer le surpoids des éléphants plusieurs méthodes sont utilisées, car il n’est pas visible à l’œil nu chez ce mammifère géant. Kari Morfeld, endocrinologiste au Centre de Recherche pour la Conservation de la Faune au zoo de Lincoln (Nebraska), a tout simplement comparé la constitution des animaux sur des photos.

Elle a ainsi établi une échelle allant de 1 (pour les éléphants les plus maigres) à 5 (pour les plus gros). D’après ses observations publiées en avril 2014 dans Plos One, la plupart des éléphants à l’état sauvage sont de catégorie 2, alors que 40% des éléphants dans les zoos sont de catégorie 5.

Daniella Chusyd préfère se fier à des échantillons de sang qu’elle va prélever sur les éléphants en captivité, pour comparer la quantité de tissus maigres et de tissus graisseux qu’ils contiennent. «Il se pourrait que les zoos aient besoin de repenser la manière dont ils hébergent et nourrissent les éléphants pour réduire les incidences du surpoids, a-t-elle déclaré sur le site de son université de rattachement. Et pas seulement les éléphants, car nous supposons qu’une corrélation entre obésité, inflammation et infertilité existe chez plusieurs grands mammifères, dont d’autres animaux africains tels que les rhinocéros et les gorilles».

D’après les enquêtes présentées en 2013 à la 16ème Conférence de la Convention sur le commerce international des espèces menacées d’extinction, il resterait entre 420.000 et 650.000 éléphants d’Afrique, et les experts s’inquiètent du rythme auquel la population diminue du fait du braconnage et de la déforestation. Les zoos constituent un sanctuaire pour cette espèce, et il ne faudrait pas que des problèmes de surpoids entravent sa protection.

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