Monde

Le «Dôme de fer» qui protège Israël des roquettes expliqué par son créateur

Repéré par Mélissa Bounoua, mis à jour le 23.07.2014 à 11 h 52

Repéré sur VOCATIV

Le brigadier général Danny Gold est l'homme à l'origine de l'«Iron dome» (ou «Dôme de fer» en français), la technologie militaire qui permet d'arrêter les roquettes du Hamas tirées sur Israël. C'est en 2004-2005 qu'il l'a mise au point. «Des gens mouraient, c'était mon devoir de trouver une solution», explique-t-il au site Vocativ. Mais il a fallu attendre avril 2011 pour que l'armée s'en serve et que sa technologie arrête officiellement une première roquette.

Gold a imaginé un système mobile qui détecte et intercepte les roquettes provenant des territoires palestiniens avant qu'elles ne percutent une zone d'habitation. Au départ, l'armée et le gouvernement n'étaient pas d'accord. Quand il a proposé l'idée, voilà ce qu'on lui a répondu: «C'est impossible à faire, abandonnez.» Il lui a fallu plus de deux ans pour réunir les 200 millions de dollars nécessaires pour le développer. 

Déjà en 2012, nous vous expliquions en détail comment cette technologie fonctionne:

«1. Dans un premier temps, le tir est détecté par un radar de détection et de traçage fabriqué par l’entreprise israélienne Elta. Ce radar, comme les autres éléments du système "Iron Dome", est embarqué dans un camion placé aux abords de la zone que le système doit protéger. En quelques dixièmes de seconde, le projectile est identifié, sa trajectoire est calculée et les données ainsi récoltées sont instantanément transmises à un module de contrôle et de commande. 

 

2. Lorsque ces données arrivent au module de contrôle et de commande, lui aussi mobile, elles sont analysées et le point d’impact de la roquette est modélisé à l’aide d’un Système d’Information Géographique, ce qui permet d’estimer si la roquette pose une menace assez importante pour qu’il soit nécessaire de la détruire. En clair, les techniciens à bord du module voient apparaître sur leur écran une carte où est désignée la zone qui serait atteinte par la roquette, et lorsque cette zone est une ville, un site militaire ou une infrastructure critique (usine, centrale électrique, de traitement d’eau), l’opérateur prend la décision de lancer un missile intercepteur. En effet, le principal atout du système "Iron Dome", selon ses concepteurs, c’est de pouvoir distinguer une roquette potentiellement dangereuse d’une roquette qui finira sa course dans le désert. En théorie, un couple de missiles ne sera lancé que si une menace réelle se présente. 

 

3. Lorsque l’opérateur décide de détruire une roquette, c’est un des trois lanceurs qui contiennent chacun vingt missiles intercepteurs Tamir qui entre en action. Une fois lancés, les missiles suivent la roquette grâce à leur tête chercheuse, puis entrent en collision avec elle pour la détruire.»

Et, lorsque la roquette est effectivement arrêtée, c'est efficace, les Israëliens ne voient qu'une explosion dans le ciel. Il en faudra 13 pour protéger tout le territoire israélien, selon l'AFP:

 

Le brigadier général Danny Gold souligne que cela permet aux Israéliens de continuer à sortir et à vivre. Il précise cependant: «Ce n'est pas sûr à 100% mais cela sauve des vies» Une Américaine en visite à Tel Aviv décrit l'ambiance dans la ville, «sous le Dôme de fer»:

«Nous sommes devenus blasés par la situation, agacés quand une sirène vient interrompre notre routine quotidienne. [...] Mais que se passerait-il si nous n'avions pas le Dôme de fer? Le pays serait à feu et à sang. Les victimes civiles seraient beaucoup plus nombreuses. Je ne serais pas ici à écrire. Il suffirait qu'une roquette passe le Dôme de fer –parmi la vingtaine qui a été tirée sur Tel-Aviv depuis début juillet. J'ai de la chance, je peux courir, m'accroupir, y échapper, à la différence de ceux qui sont en fauteuil roulant ou dans des lits d'hôpitaux. [...] Tel-Aviv est privilégiée. Nous n'avons à gérer qu'une fraction des roquettes lancées sur les villes du sud, où les habitants doivent se réfugier dans des bunkers toutes les heures.»

Depuis début juillet, le conflit a fait près de 600 morts palestiniens et 29 israéliens. Comme le signale Le Monde, c'est le plus meurtrier depuis l'opération terrestre de Tsahal en territoire palestinien en 2008-2009.

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