Santé / Économie

La première cible d'Uber, ce sont les gens ivres

Temps de lecture : 2 min

Beer Sampler / Quinn Dombrowski via Flickr licence by
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Le 21 juin dernier, un blogueur américain, Nate Good, directeur technique d’une entreprise d’événementiel à Pittsburg, mettait en évidence une possible corrélation entre la baisse du nombre d’arrestations pour conduite en état d’ébriété dans la région de Philadelphie et l’émergence des applications de voitures de tourisme avec chauffeur (VTC). Depuis, Uber se vante d’être le garant de la sécurité publique, et donc le premier réseau de mise en relation de conducteurs sobres avec des personnes bourrées.

Cela fait partie de sa stratégie de communication depuis plusieurs mois. En mai 2014, l'entreprise californienne publiait ainsi déjà un article audacieusement intitulé: «Les taux d’arrestations pour conduite en état d’ivresse diminuent dans les villes où Uber est présent». «Chaque conducteur en état d’ivresse qui est remplacé par un partenaire sûr, professionnel et sobre sur la plateforme Uber représente une contribution considérable au bien-être d’une ville comme Chicago», détaillait l’article, qui revendiquait, statistiques à l’appui, une baisse de 10% du nombre d’arrestations pour conduite en état d'ivresse à Seattle depuis l’arrivée d’Uber.

Pour étayer encore l’hypothèse d’une réduction, grâce à elle, du nombre de personnes ivres qui prennent le volant, la multinationale californienne vient de rendre accessibles certaines des données géographiques et temporelles qu’elle collecte sur ses usagers en Pennsylvanie. Comme le rapporte le Washington Post, elles montrent effectivement que les adeptes de l’application l’utilisent très majoritairement «pour sortir en soirée, et plus spécialement encore pour rentrer chez eux après».

A Pittsburgh, au cours des six derniers mois, le pic d’utilisation de Uber se situe immanquablement dans la nuit du samedi au dimanche à 2h du matin, heure de fermeture des bars, comme l'indique ce tableau:

Le quotidien américain émet cependant des doutes, car de nombreuses questions restent à documenter:

«Avant qu’Uber entre sur le marché, comment faisaient ces consommateurs pour sortir? En l’absence d’Uber, prenaient-ils leur propre voiture pour rentrer à 2h du matin? Ou des taxis? Uber a-t-il converti de potentiels conducteurs bourrés en passagers? Ou des capitaines de soirée en buveurs?»

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Les entreprises de VTC –Uber en tête– livrent une guerre de communication pour contrecarrer les accusations qui leurs sont faites d’être moins sécurisées que les taxis, soumis à des réglementations strictes, et de leur faire de la concurrence déloyale. Raison de plus pour recevoir avec précaution les études qui émanent d’elles. Quoi qu’il en soit, on a rarement vu une entreprise se réjouir à ce point du taux d'alcoolémie de sa clientèle…

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