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Sarcelles est la cinquième ville de France en nombre d'actes antisémites

Jean-Laurent Cassely, mis à jour le 21.07.2014 à 18 h 00

À Sarcelles, lors de la manifestation du 20 juillet 2014. REUTERS/Benoît Tessier.

À Sarcelles, lors de la manifestation du 20 juillet 2014. REUTERS/Benoît Tessier.

Sarcelles, ville de grande banlieue parisienne située dans le Val d'Oise, a connu ces dernières années des actes antisémites spectaculaires, et les débordements constatés lors de la manifestation du dimanche 20 juillet, réplique plus violente de celle de Barbès à Paris la veille, viennent s'ajouter à la liste.

«Autrefois considérée comme la première ville juive de France, Sarcelles compte aujourd’hui entre 12.000 et 15.000 juifs» pour un peu moins de 60.000 habitants, selon la version française du site d’informations de la communauté hassidique israélienne, Hamodia. La ville du Val-d’Oise compte en effet une importante communauté juive d’Afrique du Nord, qui s’y est installée dans les années 60 après la décolonisation.

Le Service de Protection de la Communauté Juive (SPCJ), qui publie annuellement un rapport sur les actes antisémites –il s'agit uniquement des plaintes déposées auprès de la police et non des simples signalements au service– a dressé pour 2013 la liste des villes où sont concentrés ces actes: il s'agit, dans l'ordre, de Paris, Marseille, Lyon, Toulouse, Sarcelles, Strasbourg et Nice. Sarcelles, 89e ville la plus peuplée de France, se situe donc sur un plan comparable à Toulouse, Nice ou Strasbourg, cinq à sept fois plus peuplées.

Source: SPCJ, rapport annuel 2013

En mars 2013, écrivent les auteurs du rapport, «le centre d’information et de commandement de la police a reçu deux appels d’un individu utilisant un téléphone volé et déclarant vouloir faire usage d’une bombe dans le quartier des Flanades, à Sarcelles, afin de tuer un maximum de juifs.»

Le 19 septembre 2012, le jet d'un explosif dans un supermarché casher avait fait un blessé et provoqué l'émoi dans la communauté. L'enquête avait permi d'arrêter une cellule qui préparait des attentats contre des cibles juives en France. Avec la tuerie de Toulouse, Sarcelles était donc l'autre ville française à connaître un attentat dirigé contre des juifs cette année-là. Lors de la manifestation pro-palestinienne qui s'est déroulée dimanche, l'épicerie qui avait été visée par l'attentat de 2012 a de nouveau été attaquée, parmi d'autres commerces. 

En mars 2007, le rapport du SPCJ précisait qu'«un tract a été distribué sur le marché de Sarcelles par les militants de Kémi Seba où il est fait référence à l’enrichissement de la communauté juive grâce aux consommateurs noirs...»

Jusqu'à présent, cependant, le député-maire socialiste de la ville, François Pupponi, a adopté un discours moins alarmiste que celui d'institutions comme le Crif, comme il l'exprimait début 2014 dans Le Point:

«Les actes antisémites augmentent légèrement à cause de la crise. Et Dieudonné est un révélateur de cette situation. Mais à Sarcelles, les Juifs se promènent en toute tranquillité avec leur kippa. Ils ne ressentent pas de pression quotidienne».

Les rapports annuels successifs de l'organisation montrent en tout cas que le niveau de tension et le nombre des actes sont bien indexés sur les événements au Moyen-Orient et l'évolution du conflit israélo-palestinien, ces actes antisémites étant plus nombreux lors des périodes de manifestations et de mobilisations contre Israël. 

Jean-Laurent Cassely
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Journaliste
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