Économie

Les PDG sont plus grossiers depuis le début de la crise économique

Temps de lecture : 2 min

Michael O'Leary, PDG de Ryanair, le 22 janvier 2014. REUTERS/Yves Herman.
Michael O'Leary, PDG de Ryanair, le 22 janvier 2014. REUTERS/Yves Herman.

«Fuck», «shit», «God damn it»: les PDG se lâchent depuis le début de la crise. Bloomberg a recensé le nombre de fois qu'un juron était prononcé au cours de conférences téléphoniques par des PDG américains entre 2004 et 2014. Le résultat est édifiant.

En 2010, année la plus prolifique en grossièretés, les PDG américains ont prononcé six fois plus de jurons qu'au tout début de la crise, en 2008. Bloomberg pointe principalement du doigt trois PDG: James Hagedorn, à la tête de la Scotts Miracle-Gro Company (une entreprise spécialisée dans les produits de jardin), friand du «shit» en conférence, Michael O'Leary, patron de Ryanair, qui a également un faible pour la scatologie, et Daviv N. Farr, président d'Emerson Electric, plus réservé mais spécialiste du «God damn». Le «shit» reste d'ailleurs le juron préféré des PDG avec 197 occurrences entre 2004 et 2014.

Nombres de jurons prononcés par les PDG américains entre 2004 et 2014 | Capture d'écran Bloomberg

Depuis l'apogée de 2010, la tendance est plutôt à la baisse et les grossièretés ne passent plus vraiment. Le langage fleuri de James Hagedorn lui a d'ailleurs valu une explication et des excuses en juin 2013, puis en mai dernier après quelques nouveaux débordements linguistiques. Trois membres de son conseil d'admnistration avait même démissioné à ce moment-là. La politesse, c'est du sérieux.

Ryanair a quant à elle décidé de limiter les prises de paroles publiques de son PDG pour éviter que son penchant naturel à la vulgarité ne soit trop visible. La société, qui recherche des investisseurs, craint probablement que la personnalité de son président les effraie.

Pour le professeur en psychologie Timothy Jay, interrogé par Bloomberg, cette explosion de jurons est surtout révélatrice de la tension de ces présidents lorsque l'environnement économique se dégrade. Mais c'est aussi l'occasion pour eux de se rapprocher de leur audience, de les impliquer et de mieux faire un passer un message.

Il y a deux ans, une autre étude avait montré que plus la crise se rapprochait, plus les réunions de la Fed, la banque centrale américaine, étaient joyeuses. Des rires nerveux, peut-être?

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