France

Jean-Luc Mélenchon: «Pour moi, le bonheur, ce serait de ne plus m'entendre»

Jérémy Collado, mis à jour le 26.07.2014 à 9 h 14

Les hommes politiques sont-ils heureux? Ont-ils droit au bonheur? Alors qu'ils sont voués aux gémonies par l'opinion publique, nous avons décidé d'aller à leur rencontre pour leur poser la question, en commençant par le dirigeant du Front de gauche.

Jean-Luc Mélenchon, en 2012. REUTERS/Thomas Samson/Pool.

Jean-Luc Mélenchon, en 2012. REUTERS/Thomas Samson/Pool.

Jean-Luc Mélenchon broie du noir: «J’ai besoin de dormir, de ne rien faire, de bayer aux corneilles», a expliqué l'ancien candidat à la présidentielle le 22 juillet au site Hexagones. La période ouverte par les dissensions électorales du Front de gauche aux municipales était donc peut-être paradoxalement la meilleure pour parler du bonheur avec lui: «Pour moi, le bonheur, c'est donner sans attendre de retour et s'en trouver le cœur gonflé de joie. S'asseoir au bord du fleuve et regarder passer l'eau», philosophait l'ancien candidat à la présidentielle quand nous l'avons rencontré dans un café parisien, mi-avril, quelques semaines avant que les européennes ne lui arrachent des sanglots.

Jean-Luc Mélenchon doute. Les derniers mois ont été rudes:

«Dans la rue, les gens m’alpaguent, ils se sentent des droits sur moi. Et les journalistes se croient tout permis, comme des vaches sacrées. C’est dur, la politique. C’est un monde ultra-violent.»

Rien ne va plus depuis la présidentielle 2012. Sa campagne flamboyante et lyrique avait rassemblé 11,10% des suffrages, mais il a ensuite échoué à battre Marine Le Pen aux législatives, qui lui fit la peau jusque sur les marchés d'Hénin-Beaumont. On ne sort pas indemne d'un tel combat.

Sur son blog, Mélenchon semble autant lucide que désabusé. Cogne à droite et à gauche, se moque des frondeurs socialistes, ces «couteaux sans lame», qui n'ont que le courage de s'abstenir alors que lui, à l'époque, votait contre quand il entendait s'opposer au gouvernement. Entre les lignes, on sent une langueur, un dépit, presque une résignation face à un pays «en voie de dislocation».

L'opposition est en ruines. Le Front national triomphe. Le Front de gauche prend l'eau de tous côtés. Sa stratégie de rupture totale avec le PS n'est pas suivie par les communistes, qui entendent bien gouverner localement avec les socialistes. Et voilà maintenant que ses troupes désertent, des démissions successives faisant vaciller les bases du rassemblement né en 2009.

J’ai connu le bonheur de voir Youri Gagarine
aller dans l’espace.
Je vous souhaite
de connaître un émerveillement pareil

«Le ressac actuel ne durera pas. J’ai connu le bonheur de voir Youri Gagarine aller dans l’espace. Je vous souhaite de connaître un émerveillement pareil. J’ai 63 ans et ce souvenir me perce encore! Le monde était un objet à notre portée. Il le redeviendra.»

Récemment, Mélenchon s'est mis au vert. Pour réfléchir et rebondir. Comment faire quand la politique s'est tant mélangée à sa propre vie?

La politique. Il n'y a qu'elle. Elle le dévore. Elle a même finit par remplacer son identité. Mélenchon est politique. Mais cela lui convient-il? Comment se perçoit-il lui même, en laissant transparaitre une vague de mélancolie?

«Chaque être est d’abord son histoire. Quand j’ai commencé la politique, la carrière n’était pas mon sujet. Le destin, oui, peut-être. Sans doute, même. A l’époque, quand on était de gauche, du côté des opprimés, il y avait une révolution par an. Vous n’avez pas idée du temps qu’on passait à discuter de ça!

 

Le soir, en fumant des clopes comme des malades, on soupesait des rêves: préférait-on le socialisme à la chinoise, à la yougoslave, à la cubaine ou à la tanzanienne? Ou bien aucun d’entre eux, comme le soutenaient les trotskistes? Des discussions aujourd’hui inconcevables.

 

En fait, cette passion naissait comme une fascination devant le pouvoir que nous pensions avoir: peser sur le destin. Il fallait qu’on s’arrache pour aller dormir. Je n’en dors toujours pas...»

«Nous sommes tous plusieurs personnes»

Poser la question du bonheur à Jean-Luc Mélenchon, c'est prendre des risques. Parler, avec lui, de son bonheur, de sa façon de vivre et d'envisager la vie, c'est emprunter un terrain glissant, tant l'ancien sénateur est du genre méfiant, prêt à mordre, protecteur de sa vie, de ses fantasmes et de ses rêves:

«L’idée du bonheur est différente selon chacun! Mille fois oui! Mais le cas est réglé depuis la grande Révolution: la liberté de chacun s’arrête là où commence celle des autres…

 

Tout cela ne nous dit rien de ce qu’est le bonheur lui-même, bien sûr! Nous pressentons qu’il est très étroitement lié à notre liberté d’en juger par nous-même. C’est donc moins la liberté des autres qui en est la borne que l’exercice de la nôtre en propre.

 

Dès lors je suis persuadé que si nous discutons à fond de cette condition initiale du bonheur, on finirait par tomber d’accord sur les valeurs de base du stoïcisme: les conditions d’exercice de notre liberté. On verra qu’il y a ce qui dépend de nous et ce face à quoi nous ne pouvons rien. Dans les deux cas, il faut rester maître de soi-même. On voit ici que le bonheur dépend de notre aptitude à nous émanciper.»

Et lui, s'est-il émancipé?

«J’ai eu plusieurs vies. C’est pour ça que j’aime profondément le film Little Big Man. Nous sommes tous plusieurs personnes, il faut éviter d’emmener tout le temps dans le wagon toutes les personnes qu’on a été et de devoir leur servir le plat dont elles ont envie. A un moment il faut faire cantine: c’est menu unique! Il faut demander à quelques-uns de descendre du train et de s’installer dans le passé pour de bon! Il le faut. Conserver le passé est une illusion aussi vaine que la volonté de dominer le futur. L’enjeu est ailleurs. Le bonheur est toujours au présent.»

Little Big Man, de Arthur Penn (1970).

Lui qui n'a jamais laissé un pouce de vie privée dépasser dans les médias, ou presque, pose des barricades. On n'entre pas dans son intimité, explique-t-il. Pourtant, il a parfois mélangé les genres comme les vies, publiques et privées: son ex-compagne, Pascale Le Néouannic, faisait partie de sa garde rapprochée au PG, responsable des questions de laïcité. Elle vient de passer la main.

Cette porosité, certes très anecdotique chez Mélenchon, interroge sur la façon dont ses vies s'architecturent. Autrefois, les choses étaient simples: le destin politique impliquait de sacrifier sa vie privée. La France ne se donnait pas à quelqu'un qui ne l'aimait qu'à moitié. Dans des genres très différents, De Gaulle ou Mitterrand n'ont jamais imaginé rendre des comptes sur leur vie privée.

Jean Mauriac rappelle ainsi que «le général de Gaulle aura toujours préservé sa vie privée. Alors qu'il était président de la République, aucun entretien politique, aucune rencontre diplomatique n'a eu lieu à Colombey, à l'exception de celle, le 14 septembre 1958, avec le chancelier Adenauer. Ce dernier aura été l'unique dirigeant d'un pays étranger à franchir la grille de La Boisserie du vivant du Général».

Ces hommes séparaient les mondes. Jean-Luc Mélenchon admire ces parcours et tente de les reproduire:

« Ce qui se pratiquait à l’époque se résumait ainsi: mon jardin n’a pas de porte sur la rue. Je continue à pratiquer cette manière de faire. Par intransigeance républicaine: si vous m’élisez moi, ce n’est pas ma compagne que vous élisez. Et vice-versa si c’était une femme.

 

L’autre n’a rien à faire dans le tableau. D’ailleurs, souvent, l’autre n’a aucune envie d’être en scène. Au fil de ma vie, mes compagnes n’ont jamais voulu de ce rôle. Ma fille non plus. Pourtant, elle porte le même nom que moi.

 

C’est pour elle une charge terrible de s’appeler comme moi, au plan personnel et professionnel. Elle doit supporter tout le poids politique de ma notoriété. Or, elle n’est pas moi! On voit que c’est aussi une protection pour les siens de fermer la porte du monde privé. Je suis donc implacable: le domaine intime est strictement clos! Personne ne devrait pouvoir exiger davantage! »

Faut-il nécessairement détruire sa vie privée, ou du moins la négliger, pour espérer gravir les marches du pouvoir?

«Tout dépend de l’époque et du pouvoir de chacun. Caligula n’est pas ennuyé d’exposer sa vie privée, Octave Auguste révèle lui-même au Sénat les turpitudes de sa fille. Mais on trouve aussi des personnages qui ont eu une pratique inverse, comme Robespierre ou Saint-Just, par exemple: on ne sait rien.

 

Mais ont-ils eu une vie privée? La vie publique est cannibale parfois. Elle dévore tout ce qui l’entoure! Autre exemple, le général De Gaulle. Ses grandes foulées pendant que tante Yvonne trottine derrière lui. On n’a  jamais rien su de cette femme. C’est le symbole même de la discrétion ostentatoire, de l’anonymat volontaire, l’incarnation du devoir d’effacement.»

Soit l'exacte inverse de l'époque actuelle. A l'heure de la transparence obligatoire, tout a vocation à être public, dans une tyrannie de l'intimité angoissante qui pousse chacun à s'expliquer:

Comment en est-on arrivé à faire
des hommes politiques des sortes
de people?

 

«L’intime, c’est toujours le corps. Voilà pourquoi l’épreuve la plus difficile, c’est la télévision. Tout le corps est engagé dans l’expression. C’est un rapport global, total. Le corps, c’est aussi l’allure à laquelle on vous reconnaît partout, n’importe où.

 

Toute sortie est une mise en scène, une exposition de soi. A présent, tout le monde veut "faire une photo". Ce n’est pas toujours demandé poliment. Il arrive qu’elle vous soit imposée de force. Les gens pensent que la notoriété est un pur bonheur. Et qu’elle se transfère par photo et selfie en direction de Facebook... C’est la loi de notre temps.

 

Comment en est-on arrivé à faire des hommes politiques des sortes de people? Pourquoi n’ai-je pas le droit de protester ou de refuser sans passer pour un mauvais coucheur acariâtre?»

«La preuve imparable de la vérité, c'est le mensonge que vous cachez»

On pense parfois que les politiques dirigent tout. Qu'ils cloisonnent consciemment. Qu'ils contrôlent. Bien souvent, ils sont rattrapés par leurs démons, leurs erreurs. Récemment, et pour la première fois dans l'histoire de la Ve République, le Président s'est fait piéger en flagrant délit d'adultère. Il n'imaginait sans doute pas qu'on lui reprocherait son goût des femmes et de la liberté. S'en sont suivies des kilomètres d'explications psychologiques justifiant les désirs d'un François Hollande épris sur son scooter, heureux de son indépendance, quittant un lit pour dormir dans un autre.

Aux Etats-Unis, ce type de scène aurait suscité l'aversion de l'opinion publique: s'il ment à sa femme, c'est qu'il masque la réalité du chômage et des déficits aux Français! En France, où beaucoup de choses sont analysées sous l'angle psychologique et non social, Hollande est un esprit libre... Sa vie privée, il la mène comme il l'entend, à la nuance près qu'il doit veiller à ne pas mettre sa fonction (et la République) en danger:

«C’est ce qu’on appelle la tyrannie de l’intimité. Voilà le raisonnement: le monde est ce qu’il est, l’économie de marché ne peut pas être changée ni ses lois ignorées. Que reste-t-il alors qui soit à notre portée? La personne du candidat. Est-il sincère? Ce serait la grande question.

 

Alors, il faut donc aller fouiller l’intime: c’est là que serait enfouie la vérité. Les raisons qui poussent à agir seraient plus importantes, seraient plus authentiques que le programme lui-même. Comment fouiller l’intime? A quel moment sommes-nous le plus sûr d’en atteindre l’essentiel? On y toucherait le jour où l’on saurait ce que vous voulez cacher.

 

Autrement dit, la preuve imparable de la vérité individuelle, c’est le mensonge que vous camouflez.  Si je trouve votre mensonge, alors j’ai trouvé votre vérité. Voilà pourquoi des gens passent leur temps à enquêter pour percer à jour qui vous êtes vraiment en partant de l’idée que c’est ce que vous ne voulez pas dire.

 

Ce renversement est une aberration. Quelle illusion! Est-ce que je sais moi-même qui je suis? D’ailleurs, présentez moi l’être humain qui sait qui il est vraiment? Nous changeons perpétuellement. Au bout du compte, la tyrannie de l’intimité est une fuite en avant dans l’inconnaissable. Et un contresens. Que nous importent les goûts du facteur du moment qu’il livre correctement le courrier? Peu importe qu’un chat soit gris ou blanc, du moment qu’il attrape les souris.»

Mélenchon en une de Libération, en février 2012.

Voilà peut être la clé de Mélenchon (cette phrase le fera sursauter!): il doute tellement qu'il ne se connaît pas lui même. Il ne prétend pas tout savoir sur lui. Comment un étranger peut-il, dès lors, en savoir plus que lui? C'est d'ailleurs le travail du psychanalyste que d'examiner cela...

Mais mieux vaut ne pas poser la question à l'ancien candidat à la présidentielle, dont les portraits pendant la campagne l'ont plusieurs fois fait sursauter. Son enfance. Son rapport au père. À la violence. Chacun tentait de percer le mystère de cette force. Aime-t-il à ce point le conflit, insulter les gens, et pourquoi? La réponse qu'il fait est plutôt étonnante: «En tant qu’élu local, je suis allé plusieurs fois au pied d’un ring. Le seul bruit des coups m’effraie et m’insupporte. Cela peut paraître étrange, mais je déteste la violence. Comme elle me traumatise, j’ai appris à m’en protéger. C’est la raison qui m’a permis de la dominer.»

«Le seul objet auquel j’appartiens, je le trimballe depuis 50 ans»

Mélenchon a grandi parmi les étrangers, sous un ciel mêlé à la mer. Il raconte d'ailleurs qu'on l'a régulièrement traité de «bicot» lorsqu'il est arrivé en France, à cause de son accent pied-noir. Ce fut une période fondatrice de sa pensée politique et philosophique, mais aussi, peut-être, de son caractère:

«Au Maghreb, j’ai vu un monde politique s’écrouler avec les indépendances et ce fut un tremblement de terre intime. […] J’ai été rendu anxieux par les changements de l’Histoire. Je sais que l’Histoire est tragique. Les évènements politiques peuvent provoquer des tremblements de terre intimes très personnels.»

Mais le gamin de Tanger, au Maroc, prend un contrepied:

«Des gens pensent expliquer mon parcours politique en sondant mon enfance. Mais qu'est-ce qu'ils en savent?»

En tant qu'homme public, il est sans cesse tiraillé entre plusieurs pôles: le bien commun et sa vie personnelle. L'autre et sa vie privée.

Alors forcément, les nouvelles technologies, l'immédiateté, la toute-puissance moderne et relative de l'être humain, cela irrite Mélenchon. La modernité, en voulant tout englober, ne fait que détruire:

«La photo numérique rend boulimique. Il faut arrêter de vouloir s’approprier tout, tout le monde, tout le temps, tous les paysages, le passé, le présent, le futur… Cette appropriation empêche de vivre. Voir n’est pas vivre. Il faut regarder.»

Jean-Luc Mélenchon en meeting, le 19 avril 2012. Via Wikimédia Commons.

Regarder passer l'eau... On y revient. Jean-Luc Mélenchon, comme tous les hommes politiques, défend des idées qu'il ne s'applique pas toujours à lui-même. Le bonheur est pour lui plus un idéal qu'il tente d'atteindre, petit à petit. «Le seul objet auquel j’appartiens, je le trimballe depuis 50 ans, raconte Mélenchon, mystérieux. Seuls mes chats ont su me domestiquer autant que lui […] Les milliers d’objets que j’ai accumulés sont des chaînes; j’essaie de m’en défaire [...] Ça prend du temps de se déprendre de soi quand on a vécu beaucoup de choses. Il faut le faire de manière que le soi passé ne vous écrase pas. »

Se déprendre des gens et des choses. D'une certaine manière, c'est vivre en autarcie, comme le fait souvent Jean-Luc Mélenchon, l'intellectuel entouré de ses livres, de ses pensées, de ses doutes... qui se jette ensuite dans la foule pour mieux la séduire à coups de citations et d'envolées grandiloquentes.

«L'ère du bonheur dans le cocon est finie»

Sa campagne présidentielle fut un lointain écho aux anciennes manifestations immenses où se retrouvaient des citoyens avides de construire un avenir commun. On dit souvent que notre époque produit l'inverse –c'est le règne du petit bonheur privé, auquel Mélenchon ne croit pas:

« L’ère du bonheur dans le cocon est finie. J’ai connu l’hyper-politisation, la politique comme accomplissement de soi. Puis j’ai connu l’hyper-désertion: on laisse tout tomber parce que rien n’a marché. Le communisme d’état s’est écroulé, la social-démocratie fait vomir. Le triomphe du libéralisme, la compétition partout.

 

Tout ça a généré une vague de  cocooning étouffante. Les modèles du bonheur retournaient à la petite popote du petit bonheur pour soi. Mais le précariat a ensuite tout explosé! C’est à présent le carpe diem généralisé! Qui essaye de faire son petit bonheur caché est pourtant jeté hors du nid par la vie en miettes à laquelle le précariat condamne chacun.»

Il enchaîne:

« Je vais souvent faire des conférences dans des Instituts de sciences politiques, dans les grandes école de commerce et autres. C’est un contact stimulant. Mais on y trouve le concentré de l’arrivisme institué en morale d’existence personnelle.

 

Je vois l’évolution des mentalités. Le culte de la compétition a fait son temps. La solidarité est redevenue une valeur moderne montante. La cupidité est devenue risible à son tour et elle n’est même plus envisagée comme un moteur d’action par nombre dans la jeune génération. A nouveau, la motivation politique redevient un moyen de socialisation. Le côté "Je me réalise tout seul dans mon coin", c’est dépassé.».

Jean-Luc Mélenchon à On n'est pas couchés, le 1er février 2014.

Le bonheur se conjuguerait-il de nouveau au pluriel? C'est ce que semble croire Mélenchon, qui s'attache à le cultiver en s’époumonant à travers la France, en se remplissant de concepts, d'idées, de mesures pour redresser un pays malade. Y trouve-t-il son bonheur, lui, en chef d'orchestre de celui des autres?

«Je dis parfois que pour moi le bonheur, ce serait de ne plus m'entendre», termine Mélenchon. «Vous ne savez pas ce que c'est que de s'entendre parler toute la journée et encore à la télévision, à la radio. Vous, vous pouvez passer à autre chose même si vous aimez beaucoup Mélenchon! Mais pas moi!»

Et il part, le pas lent, apaisé, en prononçant cette phrase:

«Le plus dur, le plus violent en politique, c'est qu'on ne s'appartient plus. Tout le monde pense avoir des droits sur vous. Déjà que c’est difficile de donner des droits sur vous aux gens qu’on choisit, alors tant d’inconnus! C'est très dur, ça...»

Jérémy Collado
Jérémy Collado (133 articles)
Journaliste
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