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Gaza, Syrie, Afghanistan... Pourquoi les conflits sont-ils si meurtriers pour les enfants?

Temps de lecture : 2 min

Et pourtant, les guerres sont aujourd’hui moins meurtrières pour les civils qu’elles ont pu l’être par le passé.

Explosion d'une voiture piégée à Douma, près de Damas, le 19 juillet. REUTERS/Yousef Albostany
Explosion d'une voiture piégée à Douma, près de Damas, le 19 juillet. REUTERS/Yousef Albostany

Les conflits les plus récents —du moins ceux qui ont reçu la plus grande attention internationale— impliquent particulièrement les enfants. Plus de 50 d’entre eux ont déjà été tués dans les frappes israéliennes sur la bande de Gaza, une crise qui, rappelons-le, a commencé avec l'enlèvement et l’assassinat de trois adolescents israéliens. La mort de quatre garçons palestiniens sur une plage de Gaza, comme l’a écrit Anne Barnard du New York Times, «a symbolisé ces attaques aériennes israéliennes dans la bande de Gaza qui tuent des innocents dans ce pauvre et surpeuplé territoire côtier».

Au même moment, ailleurs, les conséquences de la guerre contre la drogue se font particulièrement ressentir sur les enfants qui se trouvent de façon croissante sur la ligne de front. Au Salvador, les meurtres d’enfants ont augmenté tandis que le taux global d’homicide, à la suite d’une trêve dans la guerre des gangs, baissait.

Mentionnons aussi la campagne de terreur conduite par Boko Haram dans le nord du Nigeria, qui a attiré l’attention après l’enlèvement de 223 écolières en avril dernier. La plupart d’entre elles sont toujours entre les mains de la secte.

Le nouveau rapport annuel du Secrétariat général de l’ONU qui examinait la violence contre les enfants en 2013, parle d’un «pic important de meurtres et de mutilation d’enfants dans de nombreux endroits, y compris en Afghanistan et en Irak.» Les Nations Unies ont également enquêté sur plus de 4.000 cas d’enfants soldats recrutés de force.

Pourquoi les guerres d’aujourd’hui semblent-elle plus meurtrières que jamais pour les enfants? Pour un journaliste du New Yorker, c'est parce que «les conflits actuels se déroulent de plus en plus souvent à lintérieur des frontières quentre les Etats; les combats sont désormais dans les rues des villes, envahissant les salles de jeux des maisons et les jardins denfants.»

Cela fait écho à un autre rapport récent de l’ONU, centré sur l’Afghanistan, qui montre que le nombre de victimes parmi les femmes et les enfants a augmenté l’an dernier plus vite que chez les hommes adultes. La cause? La guérilla faite de bombes artisanales contre les véhicules militaires a fait place à des combats armées dans des zones urbaines densément peuplées.

Et pourtant, les guerres sont aujourd’hui moins meurtrières pour les civils qu’elles ont pu l’être par le passé. Si on les compare à la Guerre de Trente ans, ou au bombardement de Dresde, les opérations à Gaza...

Mais les violences contre les enfants ne sont plus de simples dégâts collatéraux. Des rapports sur les organisations criminelles d'Amérique centrale montrent qu’elles ciblent les enfants, soit pour les recruter, soit pou s’en servir comme d’un moyen de punir ou d’extorquer leurs parents. Boko Haram sait que son action contre les écolières va lui faire une publicité internationale.

Les trois adolescents israéliens qui ont été tués le mois dernier ont été clairement et intentionnellement ciblés, comme ce fut le cas pour l’adolescent palestinien tué en représailles, parce que ce sont des enfants. Dans le cadre de son affrontement avec les forces kurdes, EIIL a délibérément pris pour cible les familles avec enfants. Les forces syriennes ont été accusés de viser délibérément des enfants, etc.

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Dans un monde où la violence se déplace des champs de batailles pour des armées soutenues par l'État à des affrontements de rues entre communautés, les enfants ne sont pas seulement souvent les victimes, ils sont souvent les cibles.

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