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Nourrir 3 milliards d’humains en plus sans détruire la planète? C'est possible

Repéré par Lucie de la Héronnière, mis à jour le 20.07.2014 à 16 h 02

Repéré sur Science, Vox, The Guardian, Newsweek

Paul West, de l’Institut de l’Environnement de l’Université du Minnesota, y croit.

Wheat Field [E-X-P-L-O-R-E-D] / Kevin Lallier via Flickr CCLicence By

Wheat Field [E-X-P-L-O-R-E-D] / Kevin Lallier via Flickr CCLicence By

 

Nous serons 9,6 milliards d’humains en 2050. Comment nourrir tout le monde? La question agite les milieux scientifiques. Une récente étude publiée dans la revue Science, menée par Paul West, de l’Institut de l’Environnement de l’Université du Minnesota, entend identifier clairement les principaux leviers pour améliorer la sécurité alimentaire, sans augmenter la taille des surfaces cultivées (et donc sans aggraver la déforestation par exemple).

«Nourrir les gens de manière durable aujourd’hui, et dans le futur, est un des grands défis de l’humanité. L’agriculture est une importante source de consommation d’eau, d’émissions de gaz à effets de serre et de perte d’habitat, mais nous avons besoin de produire plus de nourriture», explique-t-il au Guardian. «Nous avons été surpris de voir comment des changements dans quelques pays, et sur quelques cultures, peuvent faire une grosse différence», dit-il encore.

Les choses à faire sont «évidentes, mais n’ont jamais été appliquées à grande échelle», précise Newsweek. Et l’étude donne des chiffres assez précis des bénéfices possibles.

Voilà les grandes étapes, identifiées par Vox, technologiquement faisables et qui pourraient améliorer la sécurité alimentaire du monde: d’abord, il faudrait, selon les chercheurs, accroître les rendements des cultures en Afrique, en Asie et en Europe de l’Est. En comparant avec les rendements d’autres zones de mêmes climats, cultures et techniques de management, certaines zones pourraient produire beaucoup plus.

«Dans la majorité des cas, cela reviendrait à utiliser plus ou mieux les engrais», selon l’étude… Tout en évitant par ailleurs l’utilisation excessive d’engrais dans d’autres zones: tout équilibrer pour moins polluer. Ceci dit, l’utilisation d’engrais chimiques ne fait pas consensus chez les agronomes. Marc Dufumier par exemple pense que l’on peut nourrir tout le monde en 2050 avec une agriculture biologique

Au final, réduire ces écarts de rendements pourrait «répondre aux besoins caloriques de 850 millions de personnes, sans augmenter les terres agricoles».

Ensuite, Paul West et son équipe identifient une autre nécessité, celle d’utiliser l’eau plus efficacement (notamment en Inde et en Chine) et de limiter la pollution de celle-ci liée aux nitrates et phosphores. 

Troisième nécessité: tout simplement limiter le gaspillage alimentaire. Il y a des problèmes d’infrastructures à régler (par exemple 16% des céréales stockées au Pakistan sont perdues parce que les bâtiments ne sont pas assez protégés contre les rongeurs) mais aussi des problèmes de consommateurs qui rechignent encore à manger des légumes moches ou qui gèrent mal leur frigo. Selon l’étude, limiter le gaspillage alimentaire en Inde, en Chine et aux Etats-Unis pourrait permettre de nourrir 413 millions de personnes de plus.

Enfin, l’étude nous conseille de nous calmer sur la viande – et plus particulièrement le bœuf – et les bio-carburants. Ainsi, «si toutes les cultures dédiées à l’alimentation animale et aux biocarburants étaient converties en cultures pour l’alimentation directe des humains, on pourrait avoir de la nourriture pour 4 milliards de personnes de plus». 

Paul West est bien conscient que le changement climatique risque de compliquer la tâche (même si en même temps, les moyens de réduire les émissions de CO2 passent aussi par l’agriculture). Mais selon lui, il est déjà important de faire ce bilan global, pour les ONG, les gouvernements, les groupes de citoyens et les entreprises:

«Ce que nous avons vraiment cherché à faire, c’est une feuille de route – quelles zones du monde, quelles cultures, quels types d’action – de ce qui pourrait avoir un plus gros impact… sur toute la planète». 

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