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Pourquoi le drame du vol MH17 ne va probablement rien changer en Ukraine

Temps de lecture : 2 min

Le Président russe Vladimir Poutine et des responsables de haut-rang russes observent une minute de silence pour les victimes du Boeing 777 de Malaysia Airlines avant un rendez-vous sur les questions économiques en banlieue de Moscou le 17 juillet 2014, REUTERS/Alexei Druzhinin/RIA Novosti/Kremlin
Le Président russe Vladimir Poutine et des responsables de haut-rang russes observent une minute de silence pour les victimes du Boeing 777 de Malaysia Airlines avant un rendez-vous sur les questions économiques en banlieue de Moscou le 17 juillet 2014, REUTERS/Alexei Druzhinin/RIA Novosti/Kremlin

Les agences de renseignement américaines pensent que le vol de Malaysia Airlines qui s'est écrasé dans l'est de l'Ukraine, jeudi 17 juillet, a été abattu par un missile sol-air. L'incident devrait au moins remettre la crise ukrainienne au centre de l'agenda politique international.

Les spéculations sur ce que cela pourrait signifier pour la crise ont déjà commencé. Jacob Heilbrunn craint dans The National Interest que l'incident n'entraîne les Etats-Unis et la Russie dans une nouvelle guerre mondiale, à l'image du torpillage du paquebot Lusitania en 1915, qui avait précipité l'entrée en guerre américaine. Marc Champion de Bloomberg est plus optimiste et pense qu'il pourrait s'agir d'un catalyseur permettant de désamorcer la crise.

Je vais choisir l'option pas très audacieuse de pencher pour quelque chose entre les deux. En fait, il est fort possible que l'incident ne change presque rien aux dynamiques qui sous-tendent le conflit ukrainien.

La Russie dans le déni

Comme le souligne à raison Mark Leon Goldberg dans ce billet, «une des caractéristiques qui distingue réellement le conflit ukrainien est que les États-Unis et la Russie ne sont pas capables de s'accorder sur les faits les plus simples de la crise».

Cela s'est vérifié jusqu'à maintenant et cela semble déjà être le cas pour le crash du MH17. Vladimir Poutine a suggéré que le crash était de la responsabilité de l'Ukraine parce qu'il a eu lieu au-dessus du territoire ukrainien, et les médias russes pointent déjà du doigt l'armée ukrainienne.

Les éventuelles preuves à l'encontre des rebelles séparatistes dans cette affaire seront réinterprétées et niées par la Russie. Les rebelles nieront avoir abattu l'avion et le gouvernement russe continuera à nier qu'il soutient les rebelles.

Des sanctions déjà en route

Les États-Unis seront pressés de répondre avec force à la Russie, mais de nouvelles sanctions ont été annoncées avant-hier. Le nombre important de victimes européennes pourrait entraîner certains à appeler l'Union européenne à muscler sa réaction au conflit, qui a été molle jusqu'ici, mais cela était là aussi déjà en préparation.

Cet incident pourrait entraîner une baisse temporaire de la violence (les séparatistes sont apparemment ouverts à un cessez-le-feu de trois jours), mais je parie que l'armée ukrainienne ne va pas tarder à reprendre son offensive contre les rebelles et que, une fois que l'Ukraine aura à nouveau été oubliée par les médias, l'activité des séparatistes continuera, y compris l'approvisionnement en combattants en provenance de la Russie.

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Quand la crise ne fera plus la une des journaux (et la compétition, de ce point de vue là, est plutôt relevée), le conflit continuera sans doute. Et je dois souligner que si tous les exemples d'avions de ligne abattus mentionnés dans mon précédent billet ont fait augmenter les tensions internationales, aucun n'a entraîné ni mis fin à une guerre.

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