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Malaysia Airlines: depuis quand une compagnie n'avait plus perdu deux avions en aussi peu de temps?

Temps de lecture : 2 min

A l'aéroport internationale de Kuala Lumpur à Sepang le 18 juillet 2014, REUTERS/Olivia Harris
A l'aéroport internationale de Kuala Lumpur à Sepang le 18 juillet 2014, REUTERS/Olivia Harris

Le crash du Boeing de la Malaysian Airlines jeudi en Ukraine est remarquable pour plusieurs raisons. Fait rare, l'appareil a été abattu par un missile antiaérien. Avec près de 300 victimes, c'est aussi un des évènement les plus meurtriers de l'histoire de l'aviation civile: il s'agit du huitième pire désastre aérien de l'histoire.

Mais un autre détail a évidemment retenu l'attention: le nom de la compagnie, Malaysia Airlines.

Le 8 mars dernier, soit 131 jours plus tôt, un avion de cette même compagnie disparaissait des écrans radar au-desssus de la mer de Chine, déclenchant des semaines de spéculations et de couverture médiatique intense à travers le monde dans ce qui reste à ce jour l'un des plus grands mystères de l'aviation civile.

Les deux catastrophes n'ont rien à voir entre elles, sinon que ces avions appartiennent à la même compagnie, une des plus grandes du continent asiatique, et se sont écrasés à moins de cinq mois d'écart, coûtant la vie à tous leurs passagers. À titre de comparaison, c'est comme si Air France avait connu en un semestre les crashs du Concorde (juillet 2000, 113 morts) et du Rio-Paris (juin 2009, 228 morts), qu'une décennie sépare.

Ce n'est pas la première fois que cela arrive, mais c'est de plus en plus rare. Quand cela n'était-il plus arrivé?

La fameuse «loi des séries» souvent invoquée en matière de crashs d'avions n'existe pas, et tous les accidents sont à analyser dans des tendances et des statistiques à long terme.

Dans les années 1970, qui ont constitué «l'apogée» des crash d'avions, il était fréquent de voir la même compagnie perdre deux appareils dans la même année, voire à quelques jours d'écart. Les appareils de la compagnie de l'Union soviétique Aeroflot ont ainsi connu sur cette décennie 28 crashs majeurs (au moins 50 victimes à chaque fois), soit une moyenne de près de trois par an. En février 1973, deux avions d'Aeroflot se sont écrasés à seulement cinq jours d'écart, tuant 145 personnes.

D'autres compagnies ont connu le même genre de séries noires. En 1974, l'américaine Pan Am avait vu deux de ses avions s'écraser en trois mois aux Samoa et en Indonésie, tuant 204 personnes. La même année, Turkish Airlines avait connu deux gros crashs en Turquie et en France (le crash de la forêt d'Ermenonville, un des plus meurtriers de l'histoire), tuant 412 personnes au total.

En juin 1962, Air France avait aussi enregistré deux accidents majeurs dans le même mois, un au décollage à Orly et un autre à l'approche de l'aéroport de Pointe-à-Pitre. Bilan: 243 morts.

Avec la forte diminution du nombre d'accidents depuis les années 80 (le nombre de morts par an est passé de plus de 2.000 à moins de 600, pour un trafic bien plus important), ce genre de série noire pour une compagnie est devenu plus rare. En scrutant les accidents recensés sur la dernière décennie par le site Aviation Safety, on ne trouve pas de cas strictement comparable à celui de Malaysian Airlines: en 2007, la compagnie indonésienne Adam Air avait perdu deux avions en un mois, mais seul le premier crash avait fait des victimes. En 2005, la compagnie colombienne West Caribbean Airways avait perdu deux avions en un semestre, avec 169 morts à la clef, mais le premier crash n'avait fait «que» neuf morts.

L'exemple le plus comparable ce que vit actuellement Malaysia Airlines, que ce soit en taille de compagnie, en caractère exceptionnel des crashs ou même en possibles implications géopolitiques, est sans doute celui d'American Airlines: en 2001, la compagnie avait d'abord perdu deux avions lors des attentats du 11-Septembre (celui qui avait heurté la première tour du World Trade Center et celui qui s'était écrasé sur le Pentagone, qui transportaient à eux deux 156 passagers et membres d'équipage) puis avait connu un dramatique accident en novembre quand un de ses appareils s'était écrasé dans le Queens, tuant 265 personnes.

Grégoire Fleurot Journaliste

Jean-Marie Pottier Rédacteur en chef, responsable de la newsletter politique «Le Jour d'après». Auteur de «Indie Pop 1979-1997» et «Ground Zero. Une histoire musicale du 11-Septembre» (Le Mot et le Reste).

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