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Qu'est-ce que le «roof-knocking»? Cette vidéo montre comment Israël «prévient» les civils gazaouis avant un tir

Repéré par Mélissa Bounoua, mis à jour le 18.07.2014 à 12 h 07

Repéré sur Business Insider, The Washington Post

Cette vidéo tournée par une agence de presse basée à Gaza montre la technique qu'emploie l'armée israélienne pour prévenir les civils que leur maison sera frappée par un missile dans les minutes ou les heures à venir. En anglais on parle de «roof-knocking», «coup sur le toit» en français.

Sur les images, on voit un premier choc sur le toit de la maison qui ne crée aucun débris visibles à la caméra. Le Washington Post explique que ces tirs viennent généralement de drones. Puis, une quinzaine de minutes après (la durée de la vidéo a été éditée pour ne durer que quatre minutes), une deuxième frappe et deux bombes détruisent complètement la maison.

Si la maison de la famille Nofal a été ciblée, précise l'agence Watania, c'est que l'armée israélienne considère que le Hamas s'en sert pour stocker des bombes, ce qui l'oblige à frapper sur certains quartiers d'habitation.

Ces techniques de «prévention» sont utilisées depuis 2006, explique le Washington Post. Parfois, les soldats israéliens appellent aussi les civils. The Guardian rapportait, il y a 8 ans déjà, cet échange téléphonique:

«Bonjour, mon nom est Danny. Je suis officier de l'agence militaire israélienne.  Dans une heure, je vais faire exploser votre maison.»

La maison de Mohammed Deeb, un Palestinien, a ensuite été la cible de trois missiles tirés depuis un hélicoptère sur l'immeuble de quatre étages dans lequel il vivait à Gaza, détruisant le rez-de-chaussée et les étages.

C'est en 2008 que les forces israéliennes ont commencé à parler de la technique du «roof-knocking» et à tirer de petites roquettes sur des toits pour limiter le nombre de tués parmi les civils à Gaza, où le bilan est beaucoup plus élevé qu'en Israël: il s'agit de limiter les cibles et d'épargner les familles. En théorie, ces frappes ne sont pas censées tuer mais donner aux résidents le temps de partir. 

Cette pratique est fermement condamnée par Amnesty international:

«Comment tirer un missile sur une maison de civils peut-il être considéré comme une alerte efficace? Amnesty International a en sa possession des documents qui prouvent que des civils ont été blessés ou tués par ces frappes au cours d'opérations de l'armée israélienne dans la bande de Gaza. A moins que les Israéliens ne puissent fournir des informations pour montrer comment cela aide la situation, cibler délibérement ces foyers constitue un crime de guerre et est considéré comme un moyen de punir collectivement ces familles.»

Le présentateur américain du Daily Show, Jon Stewart, soulignait aussi, le 14 juillet dernier, le désequilibre entre les deux camps et l'hypocrisie d'une demande d'évacuation des familles de Gaza, étant donné que les frontières avec Israël et l'Egypte sont bloquées (à partir de 5'45). 

Sur les possibilités de fuite pour les familles, la porte-parole du ministre des affaires étrangères israélien, Ilana Stein, répond (au micro de RTE, une radio irlandaise):

«Il y a d'autres quartiers qui ne sont pas attaqués, il y a une place, il pourrait y avoir des abris si le Hamas faisait attention aux populations.» 

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