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MH17 : attention à la guerre médiatique entre la Russie et l'Ukraine

Temps de lecture : 2 min

Une femme, qui pense que sa soeur était dans le vol de Malaysia Airlines MH17, pleure en attendant des informations,  à Sepang, le 18 juillet 2014. REUTERS/Samsul Said
Une femme, qui pense que sa soeur était dans le vol de Malaysia Airlines MH17, pleure en attendant des informations, à Sepang, le 18 juillet 2014. REUTERS/Samsul Said

Comme le rappelait l'AFP en mars dernier, la Russie a lancé au cours des derniers mois «une guerre médiatique pour soutenir son action en Ukraine», au sein de laquelle les médias publics russes ont appelé à l'unité nationale contre «les fascistes qui ont pris le pouvoir à Kiev». L'Ukraine de son côté s'est livrée aux mêmes armes idéologiques, comme le rappelait l'écrivain russe Vladimir Fédorovski il y a quelques mois dans le Figaro.

A la suite du crash du vol MH17 de la Malaysian Airlines dans l'Est de l'Ukraine, les premiers éléments d'informations montrent une nouvelle fois cette guerre médiatique. Les uns assurant que Moscou est responsable, les autres que c'est Kiev. La couverture de la plupart des médias locaux est biaisée.

La couverture médiatique d'Itar-Tass, une des principales agences de presse russe est assez troublante au soir du crash. Un article du 17 juillet explique en citant une «source compétente» que les milices pro-russes de la région de Donetsk ne possèdent pas d'équipement capable de lancer des missiles sol-air, missiles qui pourraient être la cause du crash du vol MH17. Elle relaye ainsi l'information sans rappeler un article publié sur ce même site le 29 juin, qui indiquait clairement que des miliciens ont pris le contrôle d'un système de défense aérien équipé de missiles BUK, des missiles sol-air longue portée.

L'agence de presse poursuit en indiquant que des militaires ukrainiens se seraient rendus dans le journée du 17 juillet dans la région de Donetsk équipés eux aussi de missiles BUK. Pour l'heure rien ne permet de dire que le crash est lié à l'envoi d'un missile mais le traitement schizophrénique d'Itar-Tass rappelle que la guerre moderne se joue d'abord sur les écrans.

Le site Stop Fake, créé par d'anciens élèves de l'école de journalisme de Kiev, s'est d'ailleurs donné pour mission de mettre en lumière toutes les manipulations et détournements médiatiques sur la situation en Ukraine. Chaque image est fact-checkée pour prouver ou non sa véracité. Dans le cas d'Itar-Tass, nous ne sommes pas à proprement dit dans une opération de détournement mais cet oubli reflète à sa manière le biais des médias russes.

Julien Jégo Journaliste

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