Sciences

Peut-on sérieusement envisager un scénario à la «Planète des singes»?

Temps de lecture : 2 min

La Planète des singes: Les Origines (Rupert Wyatt, 2011) Twentieth Century Fox France
La Planète des singes: Les Origines (Rupert Wyatt, 2011) Twentieth Century Fox France

Dans le film La Planète des singes: Les Origines (dont la suite sort en salles le 30 juillet prochain), un scientifique qui cherche à développer un remède contre la maladie d'Alzheimer inocule un rétrovirus sur des cobayes chimpanzés, dont l'intelligence croît rapidement. Votre N+1 sera-t-il un jour un chimpanzé? Babouche remplacera-t-il Dora l’exploratrice? Compliqué, mais pas impossible, selon Nerdist.

S’ils ne partagent pas notre intelligence, ces singes vivent toutefois au sein de communautés hiérarchisées, possèdent nombre d’outils et ont développé des moyens de communication avancés. Ils sont si proches de nous que leur ADN est identique à 98,76% au nôtre. «L'écart génétique entre l'homme et le chimpanzé est bien moins grand que celui qui sépare les deux espèces d'orang-outang», expliquait le généticien de l'évolution Pierre Darlu à Libération en 1998.

Or, si l’homme a triomphé d’entre toutes les espèces, c’est grâce à son gros cerveau: 1400 grammes contre 398 pour le chimpanzé. Mais «il est tout à fait plausible de modifier génétiquement un chimpanzé pour qu’il devienne plus intelligent», dit Steven Novella, neurologue à la faculté de médecine de l’université de Yale (Etats-Unis). Pour pouvoir enfin discuter de l’approche du non-sens de Wittgenstein avec nos amis primates, il y a plusieurs options.

Au stade embryonnaire, il faudra ajouter de la matière première dans leur cerveau: des neurones. Nous en avons 86 milliards, soit douze fois plus que les chimpanzés. Mais tout ça prend de la place. «Soit leur crâne devra être plus bulbeux, comme le nôtre, soit ils devront se séparer d’une partie de leur boîte crânienne pour faire de la place» à un cerveau plus gros.

Dans le cas d’un chimpanzé déjà adulte, ça se complique. Il faudrait «transplanter des cellules souches neurales [qui décideront quel genre de neurone elles seront pour tout le reste de leur vie et qui ont la capacité de régénérer certains tissus nerveux] dans son cerveau et espérer qu’elles soient recrutées afin d’établir de nouvelles connexions importantes». D'ailleurs, ce premier processus, appelé neurogenèse, représente un espoir thérapeutique: celui de traiter les maladies neurodégénératives comme Parkinson, ou de renouveler les neurones détruits lors d’un accident vasculaire cérébral (AVC).

Une autre solution serait d’injecter de l’ADN humain dans le génome d’un embryon de chimpanzé, indique The Atlantic. Une étude publiée dans la revue Nature suggère que si ce genre d’expérience transgénique pourrait nous aider à comprendre «ce qui fait de nous des humains», ces primates en «souffriraient davantage que les autres espèces». Un cas de conscience éthique, explique Marilyn Coors, chercheuse en bioéthique et co-auteure de cette étude. «S’ils ont toutes nos facultés cognitives, vous ne les mettriez pas dans un zoo. Ce serait trop cruel, non? En tout cas, c'est peut-être eux qui vous le diraient.»

Slate.fr

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