Quand les élus se prennent les pieds dans la Toile...
Internet ne gêne pas les élus quand il s'agit de se mettre en scène. Mais l'expression incontrôlable de la démocratie locale les effraye.
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Si on considère le nombre de blogs et de sites de femmes et d'hommes politiques de tous poils qui briguent les suffrages de leurs concitoyens, la Toile fait d'ores et déjà partie des médias de prédilection pour les représentants du peuple. Et les conseils municipaux des 36.000 communes de France l'ont également intégré parmi les outils de la gestion locale à disposition des habitants. Mais dès qu'il s'agit d'intégrer les nouvelles technologies de l'information à la vie démocratique, l'élan des édiles se brise. Car ces nouveaux outils s'affranchissent des structures traditionnelles du débat public et démultiplient la circulation d'une information non contrôlée.
Pour les 580.000 élus locaux qui, en France, sont chargés de représenter et d'animer la démocratie participative, l'enjeu n'est pas simple. D'abord, ils peuvent craindre qu'Internet les dépossède de leur pouvoir et favorise de nouveaux comportement des citoyens auxquels ils ne sont pas préparés. C'est l'ensemble des rapports entre gouvernants et gouvernés qui peut être bouleversé.
Haro sur la Toile
Des écueils apparaissent, comme l'ont décrit des députés à l'occasion d'un débat organisé par Bertrand Pancher, député UMP de la Meuse et président de l'association «Décider ensemble», sur «Les liens entre les technologies de l'information et de la communication d'une part, et la concertation et la démocratie d'autre part». ... la simplification excessive des messages, la multiplication des informations qui complique la vérification des sources, le risque de focalisation de la collectivité sur des sujets secondaires et la dictature de l'instant inhérente à internet, les représentants du peuple sont méfiants. Et comme tous les publics n'ont pas la même maîtrise ni le même accès à ces outils, les plus circonspects des élus mettent en avant les risques d'exclusion d'une partie de la population.
Mais surtout, ils craignent que des professionnels du débat public investissent le champ du débat virtuel, détournant à leur profit des enjeux locaux dont seraient dépossédés les autres publics bien ancrés dans le réel mais sous-représentés sur la Toile. C'est-à-dire que des intérêts partisans étouffent l'expression citoyenne. La condamnation semblerait presque sans appel.
La réflexion n'en serait-elle encore qu'à ce stade? « L'expansion prodigieuse des nouveaux modes de communication pose la question des limites et des risques inhérents aux TIC», nuance Bertrand Pancher, par ailleurs président d'un groupe d'études parlementaire sur la gouvernance et la participation du public.
Réactiver le débat public
A l'heure où les technologies de l'information et de la communication (TIC) ont pénétré et même structuré tous les secteurs de l'activité économique et sociale, scientifique et culturelle, on voit mal comment le débat public pourrait résister aux changements qu'elles induisent. D'ailleurs, le débat public a bien besoin d'être revitalisé en France. Certes, les procédures sont bien encadrées, mais elles manquent tellement de souplesse qu'on les croirait étudiées pour décourager le public d'y participer.
Après la loi Bouchardeau de 1983 qui a généralisé les enquêtes publiques, les débats publics ont été institutionnalisés pendant le gouvernement Balladur par la loi Barnier de 1995, créant la Commission nationale du débat public (CNDP) installée deux ans plus tard par Dominique Voynet sous le gouvernement Jospin. Mais entre la saisine de la CNDP et les modifications apportées à un projet en tenant compte des conclusions du débat public, la procédure globale peut durer près de deux ans, voire plus.
En plus, tous les besoins de concertation ne sont pas couverts avec la même efficacité. Par exemple, entre le débat public qui ne s'applique qu'aux projets de 300 millions d'euros et plus, et l'enquête publique qui - d'après tous les acteurs - intervient trop tard dans le processus, il existe un vide à combler. En outre, le système a besoin de souplesse pour pouvoir s'adapter à des contraintes différentes, selon que l'on traite d'éoliennes, de transport urbain, de station d'épuration, ou de déchets nucléaires.
Discussion en septembre
L'évolution du débat public s'impose d'autant plus que le Grenelle de l'environnement implique d'en adapter la forme. « Le premier volet du Grenelle de l'environnement, voté au Sénat le 10 février 2009, propose une simplification de l'enquête publique, la possibilité d'élargir le champ du débat public ou encore d'organiser la phase postérieure du débat public», explique Bertrand Pancher. L'ouverture en septembre des débats dans le cadre du deuxième volet du Grenelle va forcément poser la question de l'intrusion d'internet dans la démocratie. La réflexion doit progresser car, selon le député de la Meuse, «les enquêtes d'utilité publique doivent être réformées avant la fin de l'année». Et pour engager cette réflexion, il a préparé un amendement au projet de loi Grenelle 2 qui intègre l'utilisation des TIC.
Car une réévaluation des effets de la Toile doit être menée, qui relativise les risques pointés par les élus. «La société française est passée en deux décennies de la revendication utopique d'une cyberdémocratie directe, affranchie des médias de masse et de la représentation politique, à une position plus pragmatique, prônant un usage mieux informé et plus participatif de l'espace public», souligne Jocelyne Arquembourg, maître de conférences à l'université Paris II.
Décloisonner le dialogue, motiver les décisions
La démocratie locale ne serait donc pas à l'aube d'un bouleversement. Deviendrait-elle plus active ? On n'aurait pas de quoi s'en plaindre: «En France, il existe une très faible corrélation entre l'élaboration des décisions publiques et les avis exprimés par les citoyens, estime Stéphanie Wojcik, maître de conférences à l'université Paris XII. Si l'introduction des nouvelles technologies avait pour conséquences de rendre les débats plus participatifs et d'obliger les élus à motiver davantage leurs décisions, ce n'est pas l'esprit de la démocratie qui s'en trouverait altéré, au contraire. Il appartiendrait alors aux élus de savoir s'adapter aux nouveaux dispositifs de débat, en décloisonnant le dialogue s'ils veulent continuer à en conserver le contrôle plutôt que de laisser se développer un débat parallèle qui finirait par s'imposer à eux.
Reste à savoir jusqu'où les élus sont prêts à favoriser l'implication réelle des habitants dans la vie publique. Pour Patrice Martin-Lalande, député du Loir et Cher, il n'y a guère d'alternative: «Nous devons construire ensemble l'information à partir de laquelle sont prises les décisions». Si internet doit y contribuer, il servira la démocratie locale.
Gilles Bridier
Image de Une: Le conseil municipal de Paris Reuters
Mis à jour le 11/08/2009 à 6h43










































Comme toutes les castes les élus ne souhaitent pas une ouverture réelle au débat et de ce fait vérouille la com et la possibilité A TOUS LES CITOYENS de s'exprimer.
Un exemple la ligne LGV du sud est: j'ai cherché sur la toile, j'ai écrit à des élus, j'ai contacté des associations, encore une caste, pour avoir connaissance du tracé AUCUNE REPONSE précise.
Les élus ne peuvent pas accepter d'ouvrir le débat avec les citoyens car dans ce cas ils devront se remettre en question. Imaginez un élu devant expliquer, par un débat local, le vote d'une taxe, difficile car bien souvent les élus suivent leur Groupe politique alors que le citoyen regarde son environnement. Aux politiques de convaincre le bien fondé d'une loi et non au système du toutou qui suit son maître.
Nous avons sur Slate deux parfaits exemples M. Hollande & M. Coppe ils communiquent à sens unique preuve: ils ne répondent jamais aux interrogations des internautes sur le sujet qu'ils mettent sur la toile.
Actuellement et grâce à la toile La Démocrtaie est en fait le dialogue entre citoyens mais pas entre politiques et citoyens, vous me direz et le bulletin de vote, une façon pour les politiques, en général , de verrouiller la démocratie en refusant de comptabilser le vote blanc. Comment un politique peut accepter d'être élu avec 20 ou 30% d'inscrits et le plus ridicule se gargariser d'avoir été élu. Non la démocratie et l' avis des citoyens ,l'arme qui "tuerait" les politiques ne font pas bon ménage,alors vouloir ouvrir le débat difficile pour la caste. Un exemple des plus simples chaque futur Président évoque lors de sa campagne le REFERENDUM POPULAIRE vite oublié après l'élection ou alors avec des critères qui de toute façon passeront par le bon vouloir du politique ou sera remis en question s'il ne va pas dans le sens du politique. La France est démocratique par son bulletin de vote (avec le commentaire sur le bulletin blanc) mais très Nomemklatura ROUGE par sa caste politique non renouvelée et loin du dialogue avec le citoyen.
Oui pour un changement mais pour cela ne doit-on pas renouveler cette caste par des mendats d'élus limités dans le temps où du moins entrecoupé de période où le politique ira dans l'arène commune loin de sa caste et enfin dans la vraie VIE DES CITOYENS.
Qu'ils le veuillent ou non, les politiques doivent tenir compte de l'Internet avec ses défauts et ses qualités. Évidemment ça les perturbent cette irruption soudaine des citoyens dans le débat public eux qui avaient pris l'habitude de décider entre "initiés".
C'est pour cette raison que la tentation est grande, pour les politiciens, de museler le Net, de le contrôler(loi Loppsi, par exemple), toujours sous couvert d'alibis comme la pédopornographie ou la lutte contre le terrorisme. Mais le "bon peuple" n'est pas dupe, ce qui les gêne c'est la participation directe des citoyens. Vous avez dit démocratie ?
En vérité, le Net tel qu'il se présente actuellement ne se prête guère à une saine pratique de la Démocratie, et c'est bien dommage. Il suffirait pourtant que chacun assume pleinement ses écrits pour avoir des débats intéressants et civilisés.
Il m'est difficile de parler pour d'autres régions, on ne peut pas suivre tout tout le temps et partout, mais la blogosphère d'Orléans, encore un peu en sommeil durant cette période estivale, a démontré ces années passées que l'on pouvait avoir des opinions différentes et en discuter sans nécessairement se fâcher dans la vraie vie.
La difficulté à intégrer le net et spécialement les blogs de particuliers simples citoyens dans la communication politique tient au fait qu'aucun contrôle n'existe en amont des parutions, et que n'importe qui peut y dire n'importe quoi sous couvert d'un anonymat relatif.
Cette grande liberté, indispensable au demeurant à l'expression publique, comporte en elle-même ses propres limites et elle impose de s'auto-censurer pour ne pas dépasser ces limites, ainsi qu'utiliser un langage judicieusement choisi pour éviter les malentendus.
En réalité, il n'existe pas de réel anonymat et l'on peut toujours retrouver l'auteur d'un article ou d'un billet qui irait trop loin, mais la recherche de son identité peut parfois entrainer à des procédures fort regrettables tant pour l'élu qui se prétendrait calomnié ou injustement interpellé que pour l'interlocuteur qui n'assume pas ses écrits. Mieux vaut donc les assumer d'emblée.
Là encore la blogosphère d'Orléans a essuyé quelques plâtres, aussi embarrassants en fin de compte pour le blogueur maladroit que pour l'élu pris pour cible dans le cadre des Municipales.
Par expérience, je puis dire que la nécessité de s'identifier (avec une adresse email vérifiable) pour écrire sur un site public est en dernier ressort la meilleure des garanties de sérieux et de pérennité.
Il ne faut pas confondre en effet l'usage d'un pseudonyme connu du seul site de publication et l'anonymat.
On peut parfaitement utiliser un "nom de plume" pour protéger sa vie privée ou professionnelle, tel cet avocat qui se fait appeler Maître Eolas et même "se faire un nom" de ce pseudo. Les exemples ne manquent pas, mais ce sont toujours des gens qui mesurent leurs paroles et leurs écrits.
Dans ces conditions d'auto-modération, oui le débat public peut prendre un grand intérêt. Si on se laisse déborder par des commentateurs irresponsables, ça devient vite la chienlit comme aurait dit le grand Charles. Et ça, ce n'est plus la Démocratie.
C'est donc l'anonymat. La transparence totale c'est le totalitarisme. C'est Big Brother. Il est nécessaire de laisser le libre choix aux internautes de révéler leur identité ou pas . Internet permet de recouper, vie privée, vie professionnelle, vie sociale... le cloisonnement est un des moyens de préserver sa liberté. Les propos irresponsables ne sont pas une exclusivité des "anonymes", on peut le constater tous les jours! Vos voeux de transparence, d'ailleurs, me semblent irresponsables. Il appartient aux modérateurs de favoriser le débat et l'échange dans le respect de la loi et la courtoisie. Et puis, être censurer de temps en temps peut être quelquefois un signe d'impertinence.
Cordialement.
Le site de LaQuadratureDuNet propose un outil qui va remettre la démocratie au centre des débats lors des futures élections.
En effet la grille de lecture actuelle des politiques repose sur "l'amnésie des électeurs" (Nordhaus) entre deux élections, or internet à "très bonne mémoire", grâce à cet outil, l'électeur pourra, comme dit l'adage, "lire la note avant le vote". C'est ce que redoutent les politiques, que le peuple vote avec une prise de conscience des résultats réels, des promesses tenues, ...
Il est grand temps que le discours politique forgé sur le principe du "les promesses n'engagent que ceux qui les croient" embrasse "la Camarde". Que les politiques assument le choix de leur vote, qu'il ne soit plus partisan, assument la responsabilité de leur vote, sans qu'il soit en contradiction avec leurs convictions.
Voici une citation de l'outil démocratique mise à disposition des citoyens par la quadrature :
"Mémoire Politique est un ensemble d'outils vous permettant de chercher dans la liste des députés du Parlement européen (eurodéputés) ou de l'Assemblée nationale, et de suivre leurs votes."
http://www.laquadrature.net/wiki/Memoire_politique
Amis journalistes, pouvez vous faire passer à vos collègues le lien, il s'agit d'un outils de travail pour vous,, afin que les débats politiques soient moins conventionnels, institutionnels, soporifiques, et enfin plus démocratiques.
Merci par avance.