Tech & internet

La simple présence d’un smartphone sur la table peut nuire à la qualité de vos conversations

Repéré par Mathieu Dejean, mis à jour le 15.07.2014 à 17 h 53

Repéré sur Pacific Standard, The Washington Post

Sony Xperia V / Vernon Chan via Flickr CC License by.

Sony Xperia V / Vernon Chan via Flickr CC License by.

En juin, les résultats d’une enquête baptisée «Devotic» (pour «déconnexion aux technologies de la communication») dressaient un constat saisissant: on ne peut plus se déconnecter et l’hyper-connexion peut parfois entrainer de sérieux risques psychosociaux, d’où la nécessité pratique de s’aménager des moments libres de tout branchement et de mieux gérer le flux d’informations qui nous parvient en permanence, via nos smartphones notamment.

Une nouvelle étude, publiée dans la revue Environment and Behavior, étaye encore les désagréments que les technologies mobiles de la communication peuvent entraîner, en dépit des avantages qu’elles apportent en termes de gain de temps, de rentabilité et de liberté. D’après les quatre chercheurs américains qui l’ont conduite, la simple présence physique d’un smartphone lors d’un échange en face-à-face diminue la qualité de la conversation et le sentiment d’empathie de l’interlocuteur, relate le Pacific Standard.

Cette étude dirigée par la chercheuse Shalini Misra, de l’Université de Virginie, affirme qu’«en la présence [d’un téléphone portable], les gens ont un besoin constant de chercher de l’information, de vérifier s’ils ont reçu des communications et de diriger leurs pensées vers d’autres personnes et d’autres mondes». Ainsi, «même sans qu’il en soit fait un usage actif, la présence de technologies mobiles peut détourner les individus de leurs échanges en face-à-face, affectant ainsi le caractère et la profondeur de ces connections. Les individus sont plus susceptibles de manquer des indices subtils, des expressions faciales, des changements d’intonation dans la voix de leur interlocuteur, et ont moins de contact avec le regard».

Pour arriver à ce résultat, les chercheurs ont demandé à 200 personnes de former des groupes de deux et d’aller discuter dans un café pendant dix minutes d’un sujet d’actualité ou d’un sujet plus trivial. Chaque conversation était observée par un assistant de laboratoire qui consignait tous les comportements non verbaux des interlocuteurs et la présence ou non d’appareils mobiles sur la table ou dans leur main. Les participants à l’expérience devaient ensuite répondre à un questionnaire qui visait à évaluer la qualité de l’échange qu’ils avaient eu en mesurant leur «sentiment de connexion interpersonnelle» et l’«empathie» ressentie pendant la conversation.

D’après l’étude, «si l’un des deux participants avait placé un appareil de communication mobile sur la table, ou l’avait tenu dans ses mains au cours de cette conversation de dix minutes, la qualité de la conversation était jugée moins satisfaisante comparée à celles qui se sont déroulées en l’absence d’appareil mobile».

«Malgré ce corpus effrayant de recherches, il semble que nous commençons seulement à comprendre la profondeur et la portée du problème et à saisir des solutions pour le résoudre», affirme, en réaction à l’étude, la journaliste spécialiste de culture digitale Caitlin Dewey sur le site du Washington Post.

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