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Un dimanche 13 juillet à Paris, entre la place de la Bastille et le boulevard Voltaire

La façade de la synagogue Don Isaac Abravanel à Paris. Groume via Flickr CC License by.

La façade de la synagogue Don Isaac Abravanel à Paris. Groume via Flickr CC License by.

Des centaines de types hurlant «Allahou Akbar» en chargeant contre des policiers. Une synagogue assiégée. Des menaces et des  insultes antisémites lancées à des passants terrorisés.

C’est à Paris que ça c’est passé, dimanche 13 juillet. Entre la place de la Bastille et le boulevard Voltaire, les riverains ont pu assister à des scènes de guérilla urbaine menée par des manifestants pro-palestiniens, dont un des objectifs était visiblement de prendre la synagogue Don Isaac Abravanel, rue de la Roquette.

Habitant moi-même le quartier, je me suis retrouvé au milieu de l’émeute. J’ai vu les CRS pas loin d’être débordés, les militants tentant de les prendre à revers par le boulevard Voltaire, érigeant une barricade rue Popincourt, j’ai entendu les «Mort aux juifs» et autres vociférations (je me suis moi-même fait sympathiquement appeler «Rabbi Jacob» parce que je filmais). Et sans arrêt les «Allahou Akbar» repris en chœur.

C’est sur Twitter que j’apprends l’assaut de la synagogue située à cent mètres, protégée par des renforts de police. Il y a des blessés. Les fidèles sont terrés à l’intérieur. Car à la radio, à la télévision, pas un mot, pas une image. Les chaînes d’info en continu, pourtant friandes de violences, font l’impasse. La finale de la Coupe du monde tombe à point.

Un peu plus tard dans la soirée, une dépêche AFP relayée par certains médias en ligne parle pudiquement d’«incidents», d’«échauffourées», sans plus. Ce matin, pas plus de détails sur ce qu’il s’est réellement passé dans les dix secondes consacrées au sujet sur France Info.

Dans le Parisien en ligne, je lis que Manuel Valls condamne l’assaut de la synagogue. Mais à la télé, on est déjà passé aux cérémonies du 14-Juillet et au Tour de France. A moins d’habiter le quartier ou de suivre les réseaux sociaux, personne ne sera au courant de ce qu’il s’est vraiment passé.

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