Coupe du monde 2014

En exclusivité, le scénario de la finale de la Coupe du monde Allemagne-Argentine

Jean-Marie Pottier, mis à jour le 13.07.2014 à 10 h 29

Notre envoyé spécial dans le futur a ramené des GIFs des principales actions de la rencontre, achevée sur le score de 3-3 après prolongation.

Une réplique de la Coupe du monde. REUTERS/Ivan Alvarado.

Une réplique de la Coupe du monde. REUTERS/Ivan Alvarado.

Avec sept affrontements depuis 1930, Allemagne-Argentine va devenir, dimanche soir au Maracanã, le duel le plus récurrent de l'histoire de la Coupe du monde, à égalité avec les moins prestigieux Brésil-Suède et Allemagne-Yougoslavie. Car ce septième match sera, autre record, la troisième finale entre ces deux équipes, les deux premières s'étant conclues sur un écart minimal d'un but (Argentine-RFA 3-2 en 1986, RFA-Argentine 1-0 en 1990).

Si on ajoute, entre autres, un quart de finale à suspense en 2006 (1-1, victoire de l'Allemagne 4 tirs au but au 2), on a déjà pas mal de passé où tenter de déchiffrer le scénario du match. Notre envoyé spécial dans le futur a ramené, grâce à sa boule de cristal, le scénario suivant, illustré de GIFs des principales actions.

Avant-match: échauffés par la 72e interprétation en trois heures du chambreur «Brasil, decime que se siente», les supporters brésiliens, qui avaient réservé leur billet pour la finale depuis un an, sifflent copieusement l'hymne argentin. Sur les images télévisées, on voit distinctement Messi lâcher un «Hijos de puta!».


 

Tandis qu'un message de Michel Platini enjoignant les supporters de la Seleçao à «cesser ce mouvement social et respecter la fête» défile sur les écrans géants, Sepp Blatter décide immédiatement de faire une Jacques Chirac 2002 puissance mille et quitte le stade pour aller regarder le match dans une favela, tout en calant sur son BlackBerry une conférence téléphonique de la commission de discipline pour la mi-temps.

23e: sur un coup-franc frappé depuis le côté droit de la surface par Messi, Neuer, en trop-plein de confiance après les éloges de la presse mondiale, manque sa sortie fulguropoing et Garay n'a plus qu'à marquer de la tête. @HaraldSchumacher, qui s'est inscrit sur Twitter une heure avant la finale, tweete: «Moi, au moins, je lui aurais pété la mâchoire.» ALLEMAGNE 0 - ARGENTINE 1

Le but du stoppeur argentin José Luis Brown lors de la finale 1986

Mi-temps: Lionel Messi écope de douze matchs internationaux de suspension et demi, applicables immédiatement, ainsi que de l'obligation d'effectuer un stage de six mois à plein temps à l'Unicef. Mais un référé instantané de la Fédération argentine auprès du TAS permet de reporter l'application de la sanction à compter du 14 juillet. «Comme quoi, certains numéros 10 dérangent plus les puissants que d'autres, si vous voyez ce que je veux dire...», lâche Maradona sur le plateau de la télévision argentine.

Pendant ce temps-là, Luis Suarez, arrivé déguisé en supporter argentin pour contourner son interdiction de stade, est expulsé par les forces de sécurité et se casse une dent en tentant de mordre dans le casque de protection d'un policier.

56e: sur une balle en profondeur argentine, Neuer, encore dans son trip algérien, se retrouve un peu trop avancé et Lavezzi peut tranquillement le tromper d'une frappe enroulée. @OptaJean tweete: «C'est la première fois qu'un gardien passe 97% de son temps en dehors de ses six mètres en finale de Coupe du monde.» ALLEMAGNE 0 - ARGENTINE 2

Le deuxième but argentin de la finale 1986, inscrit par Valdano

65e: DeMichelis est expulsé pour un tacle médiéval sur Ozil.

En 1990, l'Argentin Monzon devenait le premier joueur expulsé en finale de Coupe du monde

72e: alors que Di Maria est étincelant depuis le début du match, Sabella décide de le remplacer, dans un coaching osé à la Pekerman 2006. Toujours chauvin et madrilo-centré, le journal espagnol Marca lance immédiatement un dossier spécial de quatre pages: «Di Maria préservé pour la Supercoupe d'Espagne».

Le remplacement de Riquelme par Cambiasso, tournant du quart de finale 2006

74e: totalement submergée depuis le début du match, l'Allemagne, qui n'a apparemment pas lu notre article sur les corners rentrants, tire sortant le premier qu'elle obtient. Déviée de la tête au premier poteau, la balle atterrit sur Klose, qui marque d'un tacle rageur. L'attaquant retire son maillot pour en dévoiler un deuxième floqué au nom et au numéro de son coéquipier Mertesacker: le 17, comme son nombre de buts en Coupe du monde. L'arbitre lui inflige un jaune pour avoir enlevé son maillot, puis un second pour «usurpation d'identité». ALLEMAGNE 1 – ARGENTINE 2

La réduction du score de Rummenigge en finale de la Coupe du monde 1986

82e: encore un corner allemand, encore rentrant, encore une déviation premier poteau. Cette fois-ci, c'est Müller qui reprend le ballon de la tête et égalise. Bild, qui préparait depuis une heure une édition spéciale sur la défaite de l'Allemagne, en lance une seconde au cas où. Le gros titre: «Maracana-Löw!» ALLEMAGNE 2 – ARGENTINE 2.

L'égalisation de Völler en finale de la Coupe du monde 1986.

85e: bien muselé depuis le début du match par Schweinsteiger, Messi réussit une passe en profondeur parfaite pour Higuain, qui trompe Neuer sans trembler. Instantanément, des centaines de drapeaux bretons et de bonnets rouges apparaissent dans les travées du Maracana. ALLEMAGNE 2 – ARGENTINE 3


Le but victorieux de Burruchaga en finale de la Coupe du monde 1986

86e: le match devient fou. Sur une balle dans la surface, Müller s'effondre lourdement au contact avec Mascherano. M. Rizzoli accorde un penalty violemment contesté par les Argentins. Müller, qui a enfilé à la mi-temps une nouvelle paire de chaussures où il se sent moins à l'aise, laisse le penalty au défenseur Philip Lahm, qui transforme au ras du poteau. ALLEMAGNE 3 – ARGENTINE 3

Le seul but de la finale 1990, signé du latéral gauche Andreas Brehme sur penalty

90e: Mascherano est exclu pour un second carton jaune.

En 1990, l'arbitre mexicain M. Codesal avait expulsé deux Argentins

Prolongation: à dix contre neuf, les Allemands paniquent tactiquement. Plutôt que tenter de marquer en attaques placées comme cela leur a si bien réussi au cours de la compétition, ils multiplient les frappes lourdes de 30 m sur les conseils du glorieux ancien Paul Breitner, qui a participé à la causerie d'avant-match en vidéoconférence. Leurs ballons s'envolent systématiquement cinq mètres au-dessus de la cage. A Herzogenaurach (Bavière), berceau d'Adidas, une manifestation spontanée se forme devant le siège de l'entreprise aux cris de «Rendez-nous le Telstar

120e: jaloux des éloges déversés par la presse mondiale sur Louis Van Gaal après le quart de finale contre le Costa Rica, Löw et Sabella ont chacun, sans se concerter, gardé deux remplacements pour tenter le coup tactique du siècle: sortir deux joueurs de champ pour faire rentrer leurs deux gardiens remplaçants. Et, comme les y autorise le règlement, faire alterner trois portiers dans les cages pendant les tirs au but.

Seul problème: le remplaçant Zieler qui, comme Lehmann en 2006, s'était fait préparer une antisèche sur les tireurs argentins, fait une crise d'épilepsie en voyant le nombre d'endroits où Messi place ses tirs.

Tirs au but: après que Ozil a ouvert la séance victorieusement, Messi s'avance en premier et tente un coup de folie à la Zidane, avec une Panenka qui fait barre-ligne de but-barre-ligne de but, sans jamais la franchir. Pour dissiper toute ambiguïté, la Fifa tweete immédiatement sur son compte l'image du «No goal» affichée par la goal-line technology. Les retweets pleuvent et, en une minute, le record du selfie des Oscars tombe.


Trop préoccupé par les 42 ralentis du tir au but de Messi, le réalisateur rate la retransmission des six tirs suivants, tous marqués: 4-3 pour l'Allemagne, qui a une balle de match. Mais Romero se détend bien sur la frappe de Khedira et devient le premier gardien à repousser un tir au but de la Mannschaft depuis Séville 82. Une tentative des twittos français de hisser dans les trendings topics mondiaux #EttoriEtaitLePremier échoue lamentablement.

Maxi Rodriguez s'avance pour botter le tir qui peut permettre à l'Argentine de revenir à égalité.


Et... c'est à ce moment-là que notre boule de cristal à rendu l'âme. Rendez-vous aux douze coups de minuit, au plus tard, pour connaître la fin.


Jean-Marie Pottier
Jean-Marie Pottier (942 articles)
Rédacteur en chef, responsable de la newsletter politique «Le Jour d'après». Auteur de «Indie Pop 1979-1997» et «Ground Zero. Une histoire musicale du 11-Septembre» (Le Mot et le Reste).
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