Santé

Oui, on peut mourir d'un cœur brisé

Temps de lecture : 2 min

Broken Heart Robot is Lonely / Santos Gonzalez via FlickrCC License by
Broken Heart Robot is Lonely / Santos Gonzalez via FlickrCC License by

Bonnie Tyler avait beau répéter que «c’est un chagrin d’amour, rien de plus», toujours est-il que l’on peut en mourir. Il y a un an, rappelle Nautilus, un couple de nonagénaires Californiens est mort à un jour d’écart. Leur cas n'est pas isolé: le «syndrome du cœur brisé» (ou tako-tsubo, «piège à poulpe» en japonais) ne date pas d’hier, mais les médecins se penchent régulièrement sur cette maladie.

Une rupture violente, le décès d’un proche: tout cela génère du stress et une décharge soudaine d’hormones, comme l’adrénaline (utilisée par exemple lors d’un arrêt cardiaque). Le myocarde prend alors la forme d’une amphore et le cœur est incapable de se contracter correctement.

Les dommages sont souvent réversibles, et si le patient est traité à temps, il s’en remet. Mais s’il est très âgé ou si son cœur est fragile, cela peut lui être fatal.

Le risque d’accident cardiaque est accru jusqu’à trente jours après la mort de notre bien-aimé, indique une étude britannique qui a surveillé 30.000 veuves. Explication de Roy Ziegelstein, cardiologue à la Johns Hopkins University School of Medicine.

«Nous savons qu’un stress intense peut entraîner tout un tas de problèmes cardiaques. Comme lors d’un effort physique, en cas de bouleversement affectif, le cœur a besoin de plus d’oxygène. L'émotion est à son comble, mais les vaisseaux sanguins ne se dilatent pas.»

Ils se contracteraient, même. Moins de sang qui circule = moins d’oxygène distribué dans le corps = tachycardie (accélération du rythme cardiaque) ou même infarctus.

En 2011, des chercheurs de l’université Harvard et de celle de Yamanashi ont compilé les résultats de quinze études différentes, portant sur 2,2 millions de personnes en tout. Conclusion: +41% de risque de mourir si vous venez de perdre votre époux(se). Et le syndrome du cœur brisé se fiche de votre âge –cette estimation vaut pour les moins de 65 ans comme pour les plus âgés.

En revanche, les hommes sont moins bien lotis –question de génération. Si ce sont les femmes qui s’occupent de la vie sociale de leur foyer, alors quand elles meurent, les hommes ont tendance à devenir taciturnes, à se replier sur eux-mêmes, explique Tracy Schroepfer, professeure en travail social à l’université du Wisconsin à Madison, et qui s’intéresse aux patients en phase terminale et à leurs familles. Elle rappelle que «pour les hommes qui ne savaient faire ni les courses ni les repas, cela pouvait avoir un impact sur leur santé».

Les femmes sont quant à elles plus gravement touchées par la mort d’un enfant: +113% de risques de décès dans les deux ans qui suivent la mort de leur progéniture, selon une étude américaine de 2013 portant sur 69.000 femmes.

A d'autres, Bonnie.

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