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Non, vos données anonymes ne le sont pas

Repéré par Julien Jégo, mis à jour le 11.07.2014 à 19 h 41

Repéré sur Quartz, Journal of Medical Internet Research

data.path Ryoji.Ikeda - 3 par r2hox | Licence FlickR CC by

data.path Ryoji.Ikeda - 3 par r2hox | Licence FlickR CC by

Un GPS au fond de la poche, c'est toujours pratique. Un pass pour prendre le métro ou le bus, c'est plus rapide. Un badge pour rentrer dans son bureau, c'est plus sécurisant. Sauf que maintenant, votre employeur, l'entreprise de transport en commun et votre téléphone savent où vous étiez, à quelle heure et pour combien de temps. Et ces données qui sont censées êtres anonymes ne le sont finalement pas.

Quartz rapporte une étude menée par un chercheur en informatique à Princeton, Arvind Narayanan, expert en anonymisation des données et qui avance que rien ne prouve aujourd'hui que des données anonymes le sont. Le chercheur s'appuie pour cela sur trois points importants.

Tout d'abord, il est parfaitement facile de retrouver l'identité de quelqu'un grâce à ses informations de localisations. Ainsi 95% des possesseurs de smartphones pourraient être identifiés via quatre points de localisation, un trajet fait quotidiennement entre deux points sera facilement considéré comme un trajet travail-domicile par exemple. Le problème vient également du fait que ceux chargés d'anonymiser les données ne prendraient pas assez au sérieux le risque d'attaque sur leurs bases de données, qui, croisées avec d'autres bases, ne nous rendent plus du tout transparents.

L'anonymisation est très compliquée à mettre en place. L'exemple d'une base de données récemment mise à disposition sur les courses des taxis new-yorkais montre que chaque conducteur pouvait être facilement identifié à cause d'un chiffrement beaucoup trop simple de leurs plaques d'immatriculation.

Khaled El Emam, professeur de médecine à l'Université d'Ottawa, également spécialiste des questions d'anonymisation tempère le constat de Arvind Narayanan. Il s'appuie sur l'exemple d'une base de données de dossiers médicaux dont 12% des patients auraient pu être identifiés selon Narayanan. Pourtant il n'aurait pas réussi à en identifier un seul. «Si Narayanan est un spécialiste de l'anonymisation alors ceci démontre que quand le processus est bien fait, il fonctionne» glisse El Emam à Quartz. Mais si ce n'est pas le cas aujourd'hui, ce le sera probablement demain.

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