Slatissime

Les trésors de San Gennaro

Temps de lecture : 2 min

Le trésor de San Gennaro, une des plus grandes collections de joaillerie du monde

Nous sommes en 305 après J.C., les exécutions des martyrs chrétiens sont nombreuses, et ce jour là San Gennaro (Saint Janvier) doit être donné aux lions. Ceux-ci lui léchant les pieds, il sera décapité. A sa mort, des gouttes de son sang seront recueillies dans deux ampoules. Depuis, trois fois par an, aux mêmes dates depuis des siècles, ce sang se liquéfie. Phénomène que la science ne peut toujours pas expliquer!

San Gennaro devient le saint patron de Naples. Entre 1526 et 1527, la ville subit deux fléaux: la peste et la guerre. Il ne faut pas oublier le danger permanent qu’est le Vésuve, avec ses éruptions fréquentes et meurtrières. Les Napolitains implorent la protection de son saint et établissent un contrat insolite entre un notaire et San Gennaro stipulant qu’en échange de sa protection, la Députation lui construira une nouvelle chapelle au sein de la cathédrale et surtout, lui constituera un trésor.

La Députation est une organisation laïque composée de dix représentants de la noblesse et de deux du peuple. Elle garantie depuis quatre siècles, l’intangibilité des ampoules du sang et des saintes reliques, l’administration et la tutelle du culte et du trésor de San Gennaro.

Ce trésor constitué de vingt et un mille six cent dix chefs-d’œuvre a une valeur inestimable et dépasse, selon les experts, par son importance et sa richesse, les trésors de la couronne d’Angleterre et des tsars de Russie. Ces chefs-d’œuvre ont été réalisés pour la plupart à Naples par les meilleurs artistes de leur temps, mais ils ont été également offerts par des rois, des reines, des empereurs, des papes et des hommes illustres, sans oublier le peuple napolitain lui-même.

Le trésor de San Gennaro n’est pas une banale exposition d’objets liturgiques et d’ex-voto. Chaque chef-d’œuvre sert à illustrer l’histoire d’une civilisation millénaire. Chaque objet porte en lui les vicissitudes de tout un peuple dont le destin a été profondément marqué par les caprices d’un des volcans les plus dangereux de la planète. Le trésor de San Gennaro reflète l’âme de Naples avec ses contradictions mais aussi son essence et sa profonde autonomie laïque. La ville a su, au fil des siècles, dire non à tous les intégrismes, à résister à l’inquisition espagnole et à accueillir des ethnies et des coutumes différentes des siennes.

La fabrication du collier de San Gennaro débute en 1679 lorsque la Députation souhaite orner le buste du saint. Depuis cette date, tous les souverains européens qui sont passés à Naples y ont ajouté un élément. Le roi Charles III de Bourbon, la reine Marie-Amélie de Saxe, la reine Marie-Caroline d’Autriche, Joseph Bonaparte pour ne citer qu’eux, ont tous offert des bijoux d’une valeur inestimable qui ont été rassemblés pour donner naissance à ce magnifique collier.

En 1712 la Députation passe commande à l’orfèvre napolitain Matteo Treglia, d’une mitre en l’honneur du saint. Elle devra être placée sur son buste lors de la procession prévue en avril 1713. L’artiste n’a qu’un seul impératif : il ne sera pas payer s’il ne la finit pas à temps! Les pierres lui sont fournies.

Il décide de n’utiliser que les émeraudes de Colombie, les diamants et les rubis selon une combinaison liée à la symbolique des pierres : les émeraudes en tant que symbole de l’éternité et du pouvoir, les rubis représentant le sang des martyrs, les diamants symbolisant la foi inattaquable. Deux pierres d’une grande rareté ornent la face. Un grand rubis provenant de Ceylan, à taille mixte, de couleur rouge violacée, surnommé « la lave du Vésuve » et un extraordinaire diamant en forme de goutte. L’un des premiers diamants à taille brillante à cinquante sept facettes.

Mitre réalisée par l'orfèvre Matteo Treglia

L’exposition que nous avait proposée le Musée Maillol fut rare et exceptionnelle. Les joyaux du trésor n’ont éclipsé en rien la beauté des chefs-d’œuvre en argent massif qui furent également présentés : bustes, candélabres, vaisselle... finement sculptés et gravés par les plus importants artistes napolitains.

Un ciboire offert par
Ferdinand II de Bourbon

Victoria Alexandre

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