Le tir au but de Ron Vlaar arrêté par Romero a failli rentrer, et personne ne l'a vu

Le gardien de but argentin Sergio Romero arrête le tir au but du Néerlandais Ron Vlaar le 9 juillet 2014 à Sao Paulo, REUTERS/Paulo Whitaker REUTERS/Paulo Whitaker

Si l'on vous demande quelle demi-finale de la Coupe du monde 2014 est rentrée dans l'histoire du football, vous répondrez évidemment qu'il s'agit de l'humiliation inédite infligée par l'Allemagne au Brésil sur ses terres sur le score de 7-1. Mais l'autre rencontre, qui s'est terminée sur un score beaucoup moins mémorable de 0-0 et a vu l'Argentine l'emporter face aux Pays-Bas aux tirs au but, a bien failli elle aussi rentrer dans la légende du tournoi à sa façon, sans que personne ne s'en rende compte jusqu'au lendemain.

Quand le premier tireur néerlandais, le solide défenseur Ron Vlaar, a vu le gardien argentin Sergio Romero arrêter sa frappe et le ballon revenir vers lui, il a semblé pendant une fraction de seconde vouloir frapper à nouveau dans le cuir d'énervement, avant de se raviser et même d'essayer d'éviter que le ballon ne le touche.

Comme tout joueur qui vient de rater un tir au but en demi-finale de Coupe du monde, il s'est ensuite pris la tête entre les mains pendant une seconde, avant de se retourner brusquement vers le but. La ballon, auquel l'arrêt de Romero avait donné un fort effet «rétro», comme on dit au tennis, a rebondi puis roulé en direction du but avant de s'arrêter sur la ligne, le tout pendant que le gardien de but argentin était en train de fêter sa prouesse.

Pas de diffusion en direct

Si le ballon avait traversé entièrement la ligne, et il s'en est fallu de quelques centimètres (l'arbitre en aurait alors été averti par la goal-line technology), le but aurait été valable. À condition que le ballon n'ait pas touché Vlaar juste après son premier rebond, quand celui-ci a essayé de l'éviter –il semble l'avoir effleuré.

Comme l'explique l'arbitre international uruguayen Dario Ubriaco au site El Observador, «le tir au but est terminé quand la balle s'arrête, si elle était entrée dans le but, il aurait été parfaitement valide». Cela s'est d'ailleurs déjà produit, par exemple lors du célèbre France-Brésil de 1986: le tir au but de Bruno Bellone avait heurté le poteau et était reparti à l'opposé du but, mais avait été renvoyé dans les filets par le dos du gardien César. L'arbitre avait validé le tir malgré les protestations des Brésiliens.


Ce qui s'est passé après le tir au but de Vlaar n'a pas été diffusé en direct par les réalisateurs en charge du match, qui montraient à ce moment là un ralenti du tir comme cela se fait habituellement. C'est à travers la vidéo amateur ci-dessus, filmée depuis les tribunes, que certains internautes s'en sont rendus compte. D'autres angles de vue confirment que la scène a bien eu lieu.


D'autres exemples

Les images rappellent beaucoup ce tir au but marqué par le MAS, le club de Fès, face à l'AS FAR de Rabat en huitièmes de finale de la Coupe du trône au Maroc. Le gardien Khalid El Askari était devenu malgré lui une célébrité sur Internet en 2010 pour n'avoir pas vu que le ballon qu'il avait dans un premier temps repoussé revenait lentement dans le but:

Le pénalty de Vlaar rappelle aussi cet autre pénalty devenu célèbre grâce à YouTube, tiré lors d'un match décisif de septième division italienne entre Dro et Termeno en 2011:

Le tireur de Termeno devait marquer le quatrième tir au but pour maintenir son équipe dans le match. Son tir avait rebondi sur la barre transversale, qui avait donné un improbable effet rétro au ballon et lui avait fait franchir la ligne plusieurs secondes plus tard, alors que le gardien de but de Dro était déjà en train de célébrer sa victoire. Le tir au but avait été validé en toute logique, et Dro avait finalement perdu le match et manqué l'occasion de monter dans la division supérieure.