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Pour l'ancien chef du Shin Bet, «la détérioriation de la situation est le résultat de la politique du gouvernement israélien»

Temps de lecture : 2 min

Un tank israélien à Gaza, le 10 juillet 2014. REUTERS/Baz Ratner.
Un tank israélien à Gaza, le 10 juillet 2014. REUTERS/Baz Ratner.

Au vu de la rapide dégradation de la situation ces derniers jours au Moyen-Orient, avec le lancement le 8 juillet de l'opération «Bordure Protectrice», un texte qui peut paraître déjà ancien –il date du 5 juillet– fournit un éclairage intéressant sur la vision de la situation que peut avoir un ancien cadre des milieux sécuritaires israéliens. Youval Diskin, qui a dirigé de 2005 à 2011 les services de contre-espionnage du pays (Shin Bet) a, explique le blogueur du Jewish Daily Forward J.J. Goldberg, exprimé des «commentaires abrupts» sur sa page Facebook, que le blogueur a traduit en anglais. En voici quelques morceaux choisis:

«La sévère et rapide détérioration de la situation sécuritaire […] est le résultat de la politique conduite par le gouvernement actuel, dont l’essence se résume à: effrayons la population avec tout ce qui se produit autour de nous au Moyen-Orient, prouvons qu’il n’y a pas de partenaire palestinien, construisons de plus en plus d’implantations pour créer une réalité qu’on ne pourra plus changer, continuons à ne pas nous occuper des graves problèmes de la population arabe en Israël, continuons à ne pas combler les fossés importants au sein de la société israélienne.»

«La détérioration rapide de la situation n’a pas été provoquée par le meurtre méprisable de Naftali, Eyal et Gil-Ad [les trois adolescents israéliens enlevés et tués, action que Israël attribue au Hamas, ndlr], paix à leur âme. Elle est d’abord et avant tout le résultat de l’illusion selon laquelle l’inaction du gouvernement sur tous les fronts pourrait permettre de geler la situation actuelle, l’illusion selon laquelle le "prix à payer" est simplement un slogan sur un mur et pas du pur racisme, l’illusion selon laquelle un usage supplémentaire de la force permettrait de tout régler, l’illusion selon laquelle les Palestiniens allaient accepter tout ce qui se passait en Cisjordanie sans répondre malgré la rage, la frustration et des conditions économiques qui empirent. […]»

«Ma propre expérience m’enseigne qu’il est dans la nature de situations de ce genre de dégénérer. Même Marwan Barghouti [l'ancien chef de la branche armée du Fatah palestinien, ndlr], qui était le principal initiateur des évènements qui ont finalement conduit à la Seconde Intifada, n’avait pas prévu que les manifestations de rue de septembre 2000 allaient conduire à un soulèvement de sept ans, avec des attentats suicides tuant des centaines de personnes et en blessant des dizaines de milliers du côté israélien et palestinien.»

Selon J.J. Goldberg, ce genre de propos constitue un assez bon résumé de la vision de la situation actuelle au sein de l’armée et du renseignement israélien: «Il dit probablement en grande partie ce que Benny Gantz [le chef d'état-major de Tsahal, ndlr] pensait cette semaine à la réunion du conseil de sécurité, où ses commentaires beaucoup plus prudents ont conduit à une réponse cinglante de Naftali Bennett», ministre de l'Industrie et chef du parti ultra-nationaliste Le Foyer juif.

Le site Vox, qui relaie également les propos de Diskin, explique que «si les chefs du renseignement israélien ne sont pas exactement des colombes de gauche, ils ont […] depuis longtemps averti du fait que l’occupation était insoutenable et fautive et constituait une menace pour Israël lui-même, et ont pointé du doigt les fautes politiques du pays». Diskin faisait d'ailleurs partie des anciens du Shin Bet interviewé dans le documentaire The Gatekeepers, qui se montrait très critique envers les différents gouvernements israéliens.

«Bien sûr, il n’est pas impossible que Diskin lui-même joue ici un jeu politique», ajoute le journaliste. Le Jerusalem Post expliquait récemment qu’il est devenu beaucoup plus «bruyant» sur la scène politique israélienne depuis l’expiration de son délai légal de réserve de trois ans. Récemment, il a publié une tribune dans le quotidien de gauche Haaretz où il détaillait les conditions nécessaires d’un accord de paix et estimait que la situation actuelle s’approchait du «point de non-retour».

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Un autre post de J.J. Goldberg le cite comme possible candidat en cas d’élections législatives anticipées qui seraient provoquées par un éclatement de la coalition actuelle.

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