Boire & manger

Le beurre fait son grand retour aux Etats-Unis

Repéré par Lucie de la Héronnière, mis à jour le 09.07.2014 à 17 h 04

Repéré sur Wall Street Journal, Time

Et la margarine perd les faveurs des Américains.

Melting butter/ Taryn via Flickr CCLicence By

Melting butter/ Taryn via Flickr CCLicence By

Cette année, les Américains vont manger en moyenne 5,6 livres (2,5 kg) de beurre par personne. C’est plus de 800.000 tonnes à l’échelle nationale, du jamais-vu depuis la Seconde Guerre mondiale, explique le Wall Street journal.

En 2013, pour la troisième année consécutive, les consommateurs ont acheté plus de beurre (pour 2 milliards de dollars) que de margarine (1,8 milliard de dollars). «Ce renouveau découle en partie de nouvelles légions de gourmets, inspirés de chefs connus et d'émissions culinaires avec des recettes riches en beurre. Les fabricants de beurre ont encouragé la tendance, en utilisant les chaînes et sites de cuisine pour promouvoir ce qu’ils appellent la simplicité naturelle de leurs produits», précise le journal.

Mais cette évolution reflète aussi les changements dans les réflexions sur l’alimentation «saine». Dans les années 1900, les Américains consommaient en moyenne 18 livres (8,2 kg) de beurre par an et par personne. Un chimiste français a inventé la margarine (la sienne utilisait surtout des graisses d’animaux, moins chères que le lait, miam) en 1869, suivant l’appel de Napoléon III qui voulait une alternative au beurre, et les variétés modernes aux huiles végétales arrivent dans la première moitié du XXe siècle.

Après la Seconde Guerre mondiale, les experts en nutrition critiquent le beurre, se préoccupant du cholestérol et des maladies cardiaques. En 1976, c’est l’apogée pour la margarine: la consommation aux Etats-Unis atteint 11,9 livres (5,4 kg) par an et par personne. La consommation de beurre a chuté jusqu'à 4,1 livres (1,9 kg) en 1997.

Beaucoup de gens ont opté pour les margarines, à base de graisses végétales, donc, à cause de la grosse concentration de gras saturés dans le beurre. Avant d’être mieux informés sur les acides gras trans, souligne le Wall Street Journal, présents dans les margarines et liées au processus d’hydrogénation…

Les consommateurs perçoivent aujourd'hui la margarine comme un produit plus transformé, pensent désormais davantage en termes de nutrition qu'en termes de calories (les boissons sans calories aux édulcorants déclinent aussi), et l’industrie agro-alimentaire revoit ses stratégies

Time Magazine avait d’ailleurs sorti un dossier et une une sur le sujet en juin: 

«Mangez du beurre. Les scientifiques ont étiqueté la graisse comme l’ennemi. Pourquoi ils avaient tord.»

En France, on consomme 4 kg de beurre par habitant et par an (le double si on ajoute les produits consommés hors domicile), et près de 2,7 kg de margarine

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