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L'endroit le plus pollué au monde ne serait pas Pékin mais Oxford Street. Vraiment?

Repéré par Julien Jégo, mis à jour le 09.07.2014 à 14 h 27

Repéré sur The Sunday Times, The Independent, Politics, London Evening Standard

Tout dépend ce que l'on prend en compte.

Pollution de l'air à Londres le 3 avril 2014 / David Holt via FlickrCC Licence by

Pollution de l'air à Londres le 3 avril 2014 / David Holt via FlickrCC Licence by

Le Sunday Times dévoile les conclusions d'un rapport britannique qui vient démontrer que la rue commerçante et touristique de Londres, Oxford Street, possède la concentration de dioxyde d'azote (NO2) la plus importante de la planète.

Les médias britanniques comme The Independent ou Politics en ont alors profité pour ériger l'avenue comme l'endroit le plus pollué de la Terre. Pourtant ils ne précisent pas que le rapport ne s'attache qu'à une partie du problème.

Oui, le NO2 est un des principaux polluants que l'on retrouve dans les villes. Il est rejeté en grande partie par les moteurs diesel, qui équipent les fameux bus rouges de la capitale britannique, sillonnant jour et nuit la rue. Mais non, ce n'est pas le seul à prendre en compte, car c'est l'addition de ce polluant avec trois autres, les particules fines (PM10 et PM2,5), le monoxyde de carbone (CO) et l'ozone (O3) qui est responsable de la pollution athmosphérique.

Les particules fines, particulièrement dangereuses pour la santé, sont elles présentes à Londres en moins grande quantité qu'à Paris, par exemple. En 2010, la concentration moyenne en PM10 au coeur de Londres était d'environ 22 microgrammes par m3 contre plus de 35 à Paris (chiffre de 2012).  Bien loin des 121 microgrammes de Pékin en 2010. Les directives de l'Union européenne prônent une concentration annuelle de 40 microgrammes maximum.

Pour autant, Londres n'est pas un bon élève, car en moyenne et depuis le début de l'année 2014, la concentration en NO2 se situe aux alentours de 135 microgrammes par mètre cube d'air à Oxford Street. En Europe, la limite acceptable par m3 est fixée à 40 microgrammes. Plus fort encore, des pics au dioxyde d'azote ont été enregistrés à 463 microgrammes en mars dernier, soit une concentration onze fois supérieure à la limite européenne.

La mairie de Londres a déjà annoncé qu'elle avait réduit de 20% le nombre de bus qui circulaient dans cette rue. Elle remplace également ses anciens modèles par des véhicules hybrides, mais le chemin semble encore long.

A Paris, le maximum atteint durant le dernier pic de pollution en mars 2014 était de 200 microgrammes de dioxyde d'azote par m3. En règle générale, les taux dans la capitale française varient entre 40 et 60 microgrammes/m3.

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