Monde / Économie

De l'avantage de l'immigration pour la presse

Temps de lecture : 2 min

Les unes de Nowy Dziennik et du Haïti Observateur / montage Slate.fr
Les unes de Nowy Dziennik et du Haïti Observateur / montage Slate.fr

Près de cent journaux quotidiens ont disparu aux Etats-Unis depuis 2000, mais il y a un secteur de la presse qui se porte bien: les journaux dit ethniques, qui ciblent les communautés d’immigrés nouvellement arrivés, relève The Atlantic.

A New York et ses banlieues, on trouve ainsi près de 270 médias ethniques en 36 langues. Quand certains disparaissent, ils sont vite remplacés: ces deux dernières années, 21 nouveaux titres ont été lancés, selon Nieman Journalism Lab.

La plupart sont en espagnol, mais on peut aussi trouver Haïti Observateur en créole, Nowy Dziennik en polonais, ainsi que des publications en russe, bengali, grec ou chinois. En général, ces médias suivent à la fois les informations locales et l’actualité du pays d’origine.

La prolifération de ces titres, souvent gratuits, est assez étonnante. Par exemple, il n’y a que 7.000 Népalais qui vivent à New York, mais ils ont le choix entre trois journaux différents.

Le magazine The Atlantic prend l’exemple de Urdu Times, un gratuit pour la communauté pakistanaise lancé à New York dans les années 1980. Le journal a maintenant quatorze éditions différentes, notamment à Washington, Chicago et Londres, avec un tirage de 100.000 exemplaires chaque semaine, distribués dans les boutiques et mosquées des quartiers pakistanais.

Ces journaux attirent de nombreuses publicités de tous les commerces et entreprises locaux qui veulent cibler ces communautés en particulier: des immigrés récents qui ne parlent pas bien anglais et ne lisent pas leurs informations sur Internet. Cet effet de niche rend la plupart de ces publications rentables.

Certaines sont malgré tout en danger, notamment lorsque, tout simplement, il y a moins d’immigrés d’un certain pays. C’est un des problèmes qui se pose pour New York Magazin (sans «e» à la fin), une publication en roumain qui ne tire plus que deux mille exemplaires par semaine.

Pour sauver son journal –très respecté en Roumanie– le fondateur, un ancien bassiste, s’est enfin décidé à créer un site Internet…

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