SportsCoupe du monde 2014

Tirs au but: le coup de coaching gagnant de Van Gaal n'est pas une première

Jean-Marie Pottier, mis à jour le 07.07.2014 à 10 h 59

Comme le sélectionneur néerlandais avec Krul et Cillessen, plusieurs entraîneurs ont déjà remplacé leur gardien juste avant les tirs au but. Avec plus ou moins de réussite...

Tim Krul remplace Jasper Cillessen à la dernière minute de la prolongation de Pays-Bas-Costa Rica. REUTERS/Michael Dalder.

Tim Krul remplace Jasper Cillessen à la dernière minute de la prolongation de Pays-Bas-Costa Rica. REUTERS/Michael Dalder.

L'épisode, souligne SoFoot, «est déjà entré dans la légende de la Coupe du monde»: samedi 5 juillet, le sélectionneur des Pays-Bas, Louis Van Gaal, a fait entrer en jeu son gardien remplaçant Tim Krul à la dernière minute des prolongations à la place de Jasper Cillessen. Krul a ensuite repoussé deux tirs au but pour qualifier les Oranje pour les demi-finales face au Costa Rica (0-0, 4-3 t.a.b.).

Si c'est la première fois que cette tactique est tentée en Coupe du monde, on a déjà pu l'observer ailleurs, comme le montrent ces quelques exemples glanés via Twitter ou les archives de la presse sportive.

Le premier concerne un gardien de L1 présent au Mondial, le Nigérian de Lille Vincent Enyeama. Lors de la Ligue des champions africaine 2004, l'entraîneur du club d'Enyimba l'avait remplacé à deux reprises en fin de prolongation par le deuxième gardien, Dele Aiyenugba, spécialiste des tirs au but. Enyimba avait remporté les deux matchs et la compétition.

Autre exemple relevé par un internaute, celui de la Coupe Gambardella (la Coupe de France des jeunes) 2009, où Le Havre avait fait le coup à Rennes pour se qualifier, comme le racontait à l'époque le site officiel du club:

«Il fallait donc s’en résoudre aux tirs au but. Epreuve de prédilection pour Boucher, qui remplaçait un Lejeune dépité à l’issue des arrêts de jeu. Les choix du staff havrais se montraient cependant payants puisque le Réunionnais éclaboussait cette séance de son talent, repoussant trois tentatives bretonnes, se muant même en buteur.»

En 2005, le Guardian relevait un autre exemple, celui du club italien de Castel di Sangro qui, en 1996, avait réussi l'exploit d'être promu ainsi en deuxième division. Comme le raconte la fiche Wikipédia du club:

«Une minute avant la fin de la prolongation, l'entraîneur fit un autre changement inexplicable: il fit entrer Pietro Spinosa, un gardien de but qui n'avait pas joué une minute de la saison. Lors de la séance de tirs au but, aucun camp ne manqua jusqu'à ce que Spinosa effectue un arrêt qui paraissait impossible.»

Si le sélectionneur du Ghana regrettait en 2010 de ne pas avoir utilisé cette tactique contre l'Uruguay en quarts de finale, il ne s'agit cependant pas d'une martingale, comme le notait sur Twitter l'entraîneur de l'équipe de France des moins de 17 ans Laurent Guyot, éliminé ainsi par Le Mans avec les jeunes de Nantes en 2005:

«Laurent Guyot avait décidé de changer son gardien de but à l'ultime minute. Mais Lorentin, le spécialiste, n'a rien pu faire sur les tirs parfaitement transformés par les Sarthois.»

Autre exemple de tentative ratée, relevée par le journaliste de L'Équipe Didier Braun puis par le quotidien Le Bien Public, celle de l'entraîneur rémois Ladislas Lozano en Coupe de France en 2004, face à Dijon.

Mais le coup de poker de Van Gaal pourrait influencer d'autres entraîneurs, inspirés par l'aspect psychologique de ce genre de changement, qui a pu perturber des Costariciens qui semblaient mieux placés après 120 minutes d'exploits de leur propre gardien. 

Le même article du Guardian de 2005 rapporte d'ailleurs une anecdote amusante sur l'impact mental potentiel que peut avoir ce genre de coaching. En 1996, lors d'un match de barrage, l'entraîneur de Leicester avait, à la stupéfaction des commentateurs, remplacé son gardien à la 120e minute par son gigantesque remplaçant alors que sa propre équipe bénéficiait d'un coup-franc anodin au milieu du terrain à quelques secondes du coup de sifflet final. Elle avait marqué sur l'action suivante...

Cet article a été actualisé lundi 7 juillet 2014 avec l'ajout d'un exemple, celui de la séance de tirs au but Dijon-Reims en 2004.

Jean-Marie Pottier
Jean-Marie Pottier (944 articles)
Rédacteur en chef, responsable de la newsletter politique «Le Jour d'après». Auteur de «Indie Pop 1979-1997» et «Ground Zero. Une histoire musicale du 11-Septembre» (Le Mot et le Reste).
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