Mondial 2014 / Sports

Faut-il autoriser un quatrième remplacement en cas de prolongations?

Temps de lecture : 2 min

Le Colombien James Rodriguez est remplacé par son compatriote Adrian Ramos lors de Colombie-Uruguay au stade Maracana de Rio le 28 juin 2014, REUTERS/Kai Pfaffenbach
Le Colombien James Rodriguez est remplacé par son compatriote Adrian Ramos lors de Colombie-Uruguay au stade Maracana de Rio le 28 juin 2014, REUTERS/Kai Pfaffenbach

Faut-il permettre aux équipes d'effectuer un quatrième remplacement dans les matchs qui vont en prolongations? C'est la proposition que compte faire Gérard Houllier, illustre ancien entraîneur français (Paris Saint-Germain, Liverpool, équipe de France) et actuel membre du Groupe d'études techniques (TSG) de la Fifa, qui passe au crible les grandes compétitions internationales et en analyse les nouvelles tendances.

La Fifa avait déjà proposé cette innovation à l'International football association board (Ifab), l'organisme qui édicte les règles du sport, en arguant que cela permettrait de limiter le risque de blessures sur la fin des matchs à élimination directe, mais n'avait pas réussi à obtenir la majorité de 75% nécessaire pour qu'une nouvelle règle soit adoptée.

Comme le souligne Reuters, l'Ifab s'est récemment dotée de sa propre commission technique, et est «connue pour être conservatrice dans son attitude envers tout changement des règle» (il a fallu attendre 1970 pour que les remplacements hors-blessure soient autorisés en Coupe du monde). Mais cela ne décourage pas Gérard Houllier et le TSG, qui compte faire sa proposition en vue de la prochaine Coupe du monde avec un nouvel argument. Un quatrième remplacement encouragerait des compétitions spectaculaires et intenses comme celle à laquelle nous assistons en ce moment:

«Je pense que cela serait une bonne idée et je pense que le TSG va la remettre sur la table. [...] Je pense personnellement qu'il est temps. Vous avez sans doute remarqué que tout est très rapide dans cette Coupe du monde, le tempo a été élevée et nous avons vu 29 buts marqués par des remplaçants, un record. [...]»

A priori, l'idée est plutôt séduisante et pourrait entraîner un meilleur spectacle, plus de buts, réduire le risque de blessure en fin de match et permettre aux entraîneurs d'effectuer leur troisième remplacement au cours des 90 minutes initiales sans se retenir en vue d'éventuelles prolongations.

Mais selon Gregg Bakowski du Guardian, l'idée n'est peut-être pas si bonne que ça, parce qu'elle favoriserait les grandes équipes qui ont un effectif plus fourni:

«Quand des joueurs talentueux sont touchés par les crampes, le football devient autre chose dans les prolongations. [...] Quand l'esprit doit ignorer les incessantes protestations du corps. C'est une épreuve qui nous ramène à l'essence du sport, où la volonté pure compte plus que jamais. C'est quand David a une chance de battre Goliath. Et soyons honnêtes, ce dernier mérite probablement de tomber pour n'avoir pas réussi à finir l'affaire en 90 minutes.»

Avec un quatrième changement, l'Allemagne peut par exemple faire rentrer un de ses remplaçants de luxe dont le niveau est très proche de celui de ses coéquipiers qui ont entamé le match, tandis qu'une équipe comme l'Algérie n'a pas les mêmes jokers en main.

Plus de buts et de fraîcheur dans les prolongations ou plus de surprises en deuxième passe de Coupe du monde? Le choix n'est pas facile.

Grégoire Fleurot Journaliste

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