Boire & manger

Etes-vous prêt à demander un doggy bag au restaurant?

Repéré par Lucie de la Héronnière, mis à jour le 03.07.2014 à 17 h 36

Repéré sur DRAAF Rhône-Alpes

75% des mangeurs interrogés se disent prêts à utiliser un «sac à emporter».

Take away/ Benjamin Jopen via Flickr CCLicence By

Take away/ Benjamin Jopen via Flickr CCLicence By

Une bonne majorité de consommateurs serait prête à demander un doggy bag au restaurant, autrement dit un petit sac ou récipient pour emporter les restes, pratique très répandue outre-Atlantique. Car le gaspillage alimentaire, ça se passe au niveau de la production et de la transformation, et également dans la sphère privée, entre vous, vos yaourts périmés et votre frigo. Mais aussi dans les lieux de restauration: les restaurants «traditionnels» jettent beaucoup, avec 230 g de denrées perdues ou gaspillées par personne et par repas (ce chiffre ne représente pas que les aliments laissés dans l’assiette, mais aussi les «déchets de préparation», les excédents en ingrédients, etc.).

Généraliser le doggy bag servirait donc à réduire une petite part de ce gaspillage. La DRAAF (Direction régionale de l’alimentation, de l’agriculture et de la forêt) Rhône-Alpes vient de rendre publique une enquête réalisée auprès de plus de 2.700 personnes, habitant en Rhône-Alpes, Ile-de-France, Franche-Comté et Languedoc-Roussillon. Ces personnes interrogées vont au restaurant à des fréquences très variables, de plusieurs fois par mois (25%) à au moins deux fois par an (12%).

Parmi ces mangeurs, 59% ne finissent pas toujours leur assiette au restaurant (pour 8% parce que ce n’était pas bon, et pour 92% parce qu’ils n’ont plus faim). Et 70% n’ont jamais demandé à ramener chez eux les restes d’un repas, parce que «ça ne se fait pas» (45%), «j’ai honte» (40%), ou «je n’y ai même pas pensé» (31%). Le Monde.fr avait recueilli des témoignages à ce sujet en janvier: c’est bien une sorte de gêne générale qui ressort.

Ça, c’est en pratique. En théorie, en ce qui concerne les «attentes», 75% des personnes interrogées sont prêtes à utiliser un doggy bag, et 78% pensent que le «sac à emporter» est compatible avec notre gastronomie. 90% sont pour la promotion de la chose.

Bref, grosse gêne dans les actes, bonne volonté et envie dans les paroles. Du coup, la DRAAF Rhône-Alpes lance aussi une enquête auprès des restaurateurs et des étudiants en hôtellerie-restauration, pour avoir leurs avis et les conditions de développement du doggy bag, pour que les gens osent davantage. 

En fait, il y a encore plein de choses à faire évoluer pour répandre la pratique: les habitudes, le rapport à l’alimentation et aux restes, les récipients pour ramener les restes (éco-conçus? réutilisables?), les propositions des restaurateurs à éclaircir (une pancarte doggy bag friendly?)… Comme le suggère la diététicienne Ariane Grumbach sur son blog, il faudrait peut-être commencer par changer le nom de la chose, évoquant pour le moment surtout la nourriture pour chiens. 

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