Coupe du monde 2014Sports

L'Equipe et les Bleus, une histoire à plus d'un titre

Yannick Cochennec, mis à jour le 04.07.2014 à 15 h 05

Comment la manière dont le quotidien sportif titre ses unes raconte, avec des jeux de mots parfois osés et des métaphores souvent empreintes de lyrisme, le parcours de l’équipe de France à travers le temps.

La une de L'Équipe du 25 juin 1986, jour de la demi-finale France-RFA.

La une de L'Équipe du 25 juin 1986, jour de la demi-finale France-RFA.

L’Equipe, dont Slate est partenaire pendant cette Coupe du monde, a une place particulière dans l’espace médiatique français. En situation de monopole sur son marché de la presse papier, le quotidien sportif reste une référence en la matière, même s’il peut susciter quelques agacements ici ou là dans ses avis, en raison justement de cette place prépondérante qui est à la fois sa force et sa faiblesse.

Mais qu’on le veuille ou non, compte tenu de la relative maigreur des rubriques sportives dans la presse nationale tout au long de l’année, et en dépit de l’émergence des nouvelles concurrences venues du Net, L’Équipe continue de donner le tempo grâce à sa profusion d’informations, dont dépendent notamment de nombreux journalistes extérieurs à sa rédaction.

Depuis le début de la Coupe du monde, grâce au parcours de l’équipe de France, L’Équipe a normalement vu ses ventes augmenter en kiosque dans un paysage marchand très morose et son site Internet a atteint quelques sommets en termes de connexions. Et comme souvent, la une du quotidien n’a pas fait dans la demi-mesure en usant de procédés bien connus par ses lecteurs les plus habitués: emphase et jeux de mots ont été, et sont encore, au rendez-vous, à l’image du «Karymne à la joie» qui, au lendemain de la victoire des Bleus sur le Honduras, faisait la synthèse de cette manière assez fréquente de titrer du quotidien sportif.

Comme Libération, passé maître dans l’art des jeux de mots en guise de titraille depuis sa création en 1973, L’Équipe a une signature de une héritée d’une longue tradition qui se perpétue de rédacteur en chef en rédacteur en chef comme on se transmet un relais. C’est le fil d’une histoire jamais mieux mise en valeur que lors d’une Coupe du monde.

Depuis 1978, et la Coupe du monde en Argentine, voici ainsi comment L’Equipe a titré sa une avant et après chaque match de l’équipe de France en phase finale (nous avons volontairement retiré les matches de classement pour les 3e et 4e places en 1982 et 1986 et le match sans enjeu France-Hongrie de 1978 dans la mesure où ils ne faisaient pas l’objet de l’accroche principale).

Des manchettes que nous avons soumises à l’analyse (mise entre parenthèses) de Ghislaine Lozachmeur, maître de conférences en linguistique française à l’Université de Brest, auteure de l'ouvrage collectif Le jeu de mots, de la construction esthétique à la déconstruction transgressive et également de l’ouvrage Les mots en force, issu d’actes de colloque.

1978Argentine

La France est éliminée au stade des poules après deux rencontres perdues, le troisième match contre la Hongrie comptant pour du beurre pour les deux équipes.

La une de L'Équipe du 2 juin 1978.
 

FRANCE – ITALIE

MUNDIAL: LES BLEUS SONT LÂCHÉS

(défigement d’une locution courante comme «les fauves sont lâchés» avant ce France-Italie)

UN ÉCLAIR, PUIS LA TOURMENTE

(qualification métaphorique, d’ordre climatologique, après la défaite 2-1 contre les Italiens alors que les Français avaient marqué dès les premières secondes de la rencontre)

FRANCE – ARGENTINE

LE SALUT PAR LA RÉVOLTE?

(métaphore du combat et modalité interrogative sur le choix de la stratégie)

TOMBÉS, MAIS TÊTE HAUTE

(métaphore guerrière liée à l’honneur d’un combat perdu 2-1 contre les Argentins, alors que la France est définitivement éliminée du Mondial)

1982Espagne

La France arrive en demi-finales pour la première fois depuis 1958 et perd contre l'Allemagne à Séville, match resté illustre en raison de son dénouement dramatique.

FRANCE – ANGLETERRE

ILS ENTRENT DANS L’ARÈNE

(métaphore du combat: le pronom «ils» les joueurs à des gladiateurs, avec sans doute un clin d’œil très appuyé à la reine d’Angleterre)

LA FRANCE TOMBE DE HAUT

(désillusion des héros après la défaite 3-1)

FRANCE – KOWEIT

À PLEINS GAZ SUR LE KOWEIT!

(jeu de mots sur «gaz», allusion aux hydrocarbures des émirats)

La une de L'Équipe du 22 juin 1982.

ILS SONT SORTIS DU DÉSERT

(métaphore jouant sur le sens propre et le sens figuré de «désert» après la victoire 4-1 de la France)

FRANCE – TCHÉCOSLOVAQUIE

POUR QUE LA FÊTE CONTINUE

(défigement du film Que la fête commence, alors que la France doit obtenir un bon résultat pour poursuivre sa route dans ce Mondial)

LES BLEUS SUR ORBITE!

(le mot «orbite» employé pour caractériser l’action d’un satellite, l’équipe de France continuant son chemin dans ce Mondial après son match nul 1-1)

La une de L'Équipe du 9 juillet 1982.

FRANCE – AUTRICHE

SAURONT-ILS LES FAIRE VALSER?

(métaphore appuyée sur l’identification de l’Autriche à son patrimoine musical, à Strauss, comme une façon de restreindre le niveau de l’adversaire)

ILS N’Y ONT VU QUE DU BLEU!

(Défigement de la locution «n’y voir que du feu» après le succès 1-0 des Français sur les Autrichiens)

FRANCE – IRLANDE DU NORD

LE POINT DE NON RETOUR!

(stratégie militaire)

LA FIESTA FRANÇAISE!

(modalité exclamative pour célébrer la qualification française pour les demi-finales de ce Mondial espagnol grâce à la victoire 4-1)

FRANCE – ALLEMAGNE DE L’OUEST

FAISONS UN RÊVE

(défigement du titre de la pièce de Sacha Guitry ou variation autour du célèbre discours de Martin Luther King)

FABULEUX!

(modalité exclamative: l’adjectif suffit à résumer l’émotion déclenchée par cette demi-finale inoubliable en dépit de la défaite française)

1986Mexique

La France est encore demi-finaliste après un match éblouissant contre le Brésil en quarts de finale.

FRANCE – CANADA

QUE VIVA MEXICO!

(phrase de modalité exclamative qui renvoie traditionnellement à l’ambiance mexicaine)

LE COUP PASSA SI PRÈS…

(métaphore guerrière: passé simple qui accentue la soudaineté lors de ce match gagné à l’arraché 1-0)

FRANCE – URSS

La une de L'Équipe du 5 juin 1986.

CHÈRE, LA PEAU DE L’URSS!

(métaphore du chasseur d’ours, du combat, jeu de mots appuyé)

UN VRAI COMBAT DE CHEFS!

(métaphore guerrière traditionnelle après un match nul 1-1)

FRANCE – HONGRIE

POUR UNE RHAPSODIE EN BLEU

(défigement de la Rhapsody in blue de Gershwin en rapport avec les rhapsodies du Hongrois Franz Liszt)

LES MAINS EN HAUT DU GUIDON

(pour marquer la proximité avec les héros du Tour de France après un succès facile 3-0)

FRANCE – ITALIE

SUEURS FROIDES ET SHOW LATIN

(jeu de mots appuyé sur la ressemblance phonique, chaud et show, le jour de ce huitième de finale très attendu)

LES ENCHANTEURS DE MEXICO

(défigement de l’opérette de Francis Lopez Le chanteur de Mexico pour célébrer la victoire des Français 2-0)

FRANCE – BRÉSIL

LA FRANCE SUR SON 31

(match de gala pour l’équipe de France le jour du 31e anniversaire de Michel Platini)

FOOT DE BONHEUR!

(jeu de mots appuyé sur la paronymie sur «foot» et «fou» tandis que la France s’est qualifiée aux tirs au but après un match de haute volée)

FRANCE – ALLEMAGNE DE L’OUEST

UN DERNIER COUP DE RHIN!

(jeu de mots très appuyé sur la ressemblance phonique  de «Rhin» et de «rein»: locution courante de «donner un coup de rein» pour l’effort fourni)

ADIOS MUCHACHOS…

(expression en langue espagnole pour signifier la sortie du Mondial après la défaite de la France)

1998France

Lors de son Mondial, chez elle, la France triomphe et signe le plus grand exploit du sport français.

FRANCE – AFRIQUE DU SUD

LA GRANDE AVENTURE

(métaphore de l’épopée au moment où commence ce Mondial en France)

BON VENT LES BLEUS

(métaphore empruntée au vocabulaire maritime après la victoire des Bleus dans le vent marseillais)

FRANCE – ARABIE SAOUDITE

SUIVEZ LE BRESIL!

(modalité exclamative d’exhortation)

IL FAIT GRAND BLEU

(météo au beau fixe pour l’équipe de France victorieuse)

FRANCE – DANEMARK

C’EST VOTRE DESTIN

(la métaphore de l’héroïsme et donc du combat)

UN PARCOURS EN OR

(trois matches, trois victoires)

La une de L'Équipe du 12 juillet 1998.

FRANCE – PARAGUAY

CAP SUR LA GLOIRE

(métaphore empruntée au vocabulaire maritime)

LA DÉLIVRANCE

(au terme d’un huitième de finale accroché, Laurent Blanc délivre l’équipe de France grâce à un but salvateur)

FRANCE – ITALIE

VOUS POUVEZ LE FAIRE

(périphrase verbale qui exprime la capacité à accomplir une action, encouragement)

QUE D’ÉMOTIONS

(modalité exclamative, étrangement sans point d’exclamation: décharge affective au moment où la France accède aux demi-finales)

FRANCE – CROATIE

CE SERAIT HISTORIQUE

(à noter le conditionnel, irréel du présent puisqu’on attend l’issue)

HÉROÏQUES

(vocabulaire de l’épopée, caractéristique du récit sportif lors de cette première accession en finale de la Coupe du monde)

FRANCE – BRÉSIL

JOUR DE FRANCE

(jour de gloire espéré le jour de la finale où le pays fait corps avec son équipe)

POUR L’ÉTERNITÉ

(la France est championne du monde, victoire gravée dans le marbre de l’histoire)

2002Corée du Sud

La France est éliminée dès les matches de poule. Les tenants du titre déçoivent.

La une de L'Équipe du 1er juin 2002

FRANCE – SÉNÉGAL

OBJECTIF MONDE

(alors que la France donne le coup d’envoi de cette Coupe du monde en tant que tenante du titre, le journal paraît sous entendre que les Bleus peuvent encore décrocher la lune)

COCORI-COUAC!

(jeu de mots appuyé sur l’onomatopée et la paronymie après l’échec de la France 1-0)

FRANCE – URUGUAY

CROIRE EN SON ÉTOILE

(locution courante sur «bonne étoile» et allusion à l’étoile de championne du monde de l’équipe de France, qui apparaît sur leur maillot)

CONDAMNÉS A L’EXPLOIT

(métaphore de l’héroïsme)

FRANCE – DANEMARK

DROIT AUX BUTS!

(modalité exclamative d’ordre injonctif)

LA FIN D’UNE HISTOIRE

(la France est éliminée et l’équipe victorieuse de la Coupe du monde 1998 et de l’Euro 2000 semble avoir vécu; c’est un peu aussi la fin d’une histoire pour le public qui avait appris à vivre avec ces Bleus-là)

2006Allemagne

La France caracole jusqu’en finale, où elle s'incline contre l'Italie dans un match resté célèbre en raison du coup de tête de Zinedine Zidane.

FRANCE – SUISSE

LE GOÛT DE L’AVENTURE

(métaphore du héros, de l’épopée)

ON A EU TRÈS CHAUD

(idée que la lutte a été difficile sous une forte canicule pour arracher un match nul: on = les joueurs et les spectateurs)

FRANCE – CORÉE DU SUD

BEAUCOUP À GAGNER

(reprise de locution courante)

DÉSESPÉRANT!

(modalité exclamative: décharge émotive après un match nul décevant)

La une de L'Équipe du 2 juillet 2006.

FRANCE – TOGO

ÊTRE OU NE PLUS ÊTRE

(défigement de Hamlet: jeu de mots sur la syntaxe alors que la qualification est en jeu)

ÇA FAIT DU BIEN

(locution courante, familière, pour une plus grande proximité avec le lecteur après la qualification pour les huitièmes de finale)

FRANCE – ESPAGNE

TROP TÔT POUR SE QUITTER

(phrase issue de la langue orale courante, discours presque amoureux)

LE BONHEUR!

(modalité exclamative: décharge émotive grâce à la victoire)

FRANCE – BRÉSIL

SUR UN AIR DE FINALE

(métaphore musicale qui nous rappelle l’air connu de France-Brésil)

MAGIQUE!

(décharge émotive après la victoire)

FRANCE – PORTUGAL

PRÊTS AU COMBAT

(métaphore guerrière)

LE BUT DE LEUR VIE

(héroïsme, épopée)

FRANCE – ITALIE

VERS LES ÉTOILES

(Titre onirique à l’aube de la finale)

REGRETS ÉTERNELS

(langue des obsèques après cette défaite crève-cœur lors de la séance des tirs au but)

2010Afrique du Sud

La Coupe du monde de la honte. La France est éliminée dès les poules et les joueurs refusent de descendre du bus à Knysna.

La une de L'Équipe du 18 juin 2010.

FRANCE – URUGUAY

LE MONDE LES ATTEND

(les = les héros)

C’EST DEJÀ ÇA

(discours implicite: cela aurait pu être pire qu’un match nul)

FRANCE – MEXIQUE

SECOUEZ-VOUS!

(modalité exclamative d’injonction/exhortation)

LES IMPOSTEURS

(vocabulaire de la condamnation morale à cause de l’échec)

FRANCE – AFRIQUE DU SUD

POUR L’HONNEUR

(métaphore de l’héroïsme tandis que la France s’est déconsidérée avec l’affaire de Knysna et qu’elle n’a plus grand espoir de se qualifier)

LA FIN D’UN MONDE

(condamnation morale après cette élimination à scandales)

2014Brésil

La France est (au moins) en quarts de finale contre l’Allemagne.

FRANCE – HONDURAS

HEURE H

(métaphore militaire: heure de l’attaque, de l’explosion)

KARYMNE A LA JOIE

(jeu de mots appuyé sur le mot valise «Karymne», avec Karim Benzema mis sur le même plan que le solennel «Hymne à la joie»)

FRANCE – SUISSE

La une de L'Équipe du 20 juin 2014.

TOUT SAUF NEUTRE

(locution courante «tout sauf» se rapportant à la neutralité supposée de la Suisse)

VERTIGINEUX

(décharge émotive après la victoire 5-2)

FRANCE – ÉQUATEUR

AU STADE DE LA CONQUÊTE

(métaphore guerrière à l’heure de la qualification)

TOUT EST PERMIS

(locution courante alors que se poursuit le parcours des Bleus)

FRANCE – NIGÉRIA

LA PORTE DU PARADIS

(défigement du titre d’un film, avec encore cette référence à ce qui nous dépasse lors de ce huitième de finale)

L’HISTOIRE RECOMMENCE

(La France retrouve son ennemi historique, l’Allemagne, aussi bien en football que sur les champs de bataille)

Deux tendances très nettes se dégagent évidemment tout au long de ces différentes Coupes du Monde vues à travers les Unes liées à l’équipe de France. Les images guerrières sont très habituelles (elles sont courantes de toute façon dans le récit sportif) et les jeux de mots appuyés sur des défigements de titres de films, d’opérettes, d’œuvres musicales en général, de locutions courantes sont légion.

«Sur le plan syntaxique, j’observe de nombreuses modalités exclamatives signifiant l’injonction ou l’exhortation, des titres formulés dans des phrases courtes au présent de l’indicatif (descriptif  et constatif généralement), à l’impératif, ou des nominalisations ou phrases sans verbe, détaille Ghislaine Lozachmeur. Il y a une forme d’implication presque personnelle du journal qui donne quasiment des ordres à l’équipe de France, qui la félicite ou la réprimande.»

Ancien directeur des rédactions du groupe L’Equipe de 2003 à 2008, Claude Droussent a longtemps titré la une du quotidien sportif, ou au moins supervisé sa fabrication. Il reconnaît qu’à l’époque, le titre du journal devait répondre à l’émotion qu’avait pu ressentir le lecteur en regardant un grand match la veille au soir. «D’où l’emploi de mots forts comme "historique", "héroïque", explique-t-il. La une est comme une affiche, sans qu’elle soit publicitaire. Mais je ne suis globalement pas favorable aux jeux de mots, notamment autour des noms de sportifs. Il est possible qu’Antoine Blondin, qui employait beaucoup de jeux de mots dans les titres de ses chroniques, soit un peu à l’origine de cette tendance, qui s’est poursuivie à travers le temps. C’est presque bizarre à dire, mais Blondin, qui était une grande plume du journal, n’a pas forcément eu une bonne influence sur L’Equipe.»

Depuis que Fabrice Jouhaud a repris les rênes du journal en 2008, le fait de titrer la une doit désormais intégrer ce que le flot du Net a déjà emporté sur son passage entre la fin d’un match et la mise en vente du quotidien le matin. «Aujourd’hui, le titre de une, au-delà de la simple sensation du moment, doit pouvoir surprendre le lecteur et entraîner un questionnement ou une réflexion qui puisse lui donner envie de nous acheter, souligne Fabrice Jouhaud. Il nous faut être plus original, plus inattendu, plus sévère même parfois, avec ou sans les jeux de mots, que j’aime bien quand ils ont du sens comme "La France en car" au lendemain de Knysna ou "Karymne à la joie", dont le sens est quadruple.»

A l’heure des réseaux sociaux, L’Équipe a trouvé quoi qu’il en soit le pourfendeur amusé de ses titres, répertorié sur Twitter sous le pseudo de @StagiaireEquipe. Tous les jours, ce stagiaire d’un genre particulier traque tous les jeux de mots dans les titres du quotidien sportif, en une comme en pages intérieures, et les signale à ses 4.000 followers. Un boulot à «plein temps» puisque le journal paraît sept jours sur sept et reste, du lundi au dimanche, fidèle à son histoire rédactionnelle en imaginant des accroches qui n’appartiennent qu’à lui. Fidèle à sa légende, serait-on tenté d’écrire pour parodier L’Équipe…

Merci au service des archives de L’Équipe, qui nous a fourni les Unes servant ici d’illustration.

 

Yannick Cochennec
Yannick Cochennec (575 articles)
Journaliste
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