SportsCoupe du monde 2014

Diego Maradona, le meilleur personnage secondaire de la Coupe du monde

Jean-Marie Pottier, mis à jour le 02.07.2014 à 14 h 58

Déclarations définitives et situations cocasses: l'ancien numéro 10 albiceleste régale presque autant que quand il était sur le terrain.

Un fan argentin avec un masque de Diego Maradona. REUTERS/Ivan Alvarado.

Un fan argentin avec un masque de Diego Maradona. REUTERS/Ivan Alvarado.

Il a illuminé la Coupe du monde comme joueur entre 1982 et 1994, et a marqué la dernière, en 2010, comme sélectionneur de l'Argentine. Cette année, Diego Maradona est au Brésil comme journaliste, à la tête de sa propre émission, De Zurda, qu'il anime sur la chaîne Telesur avec Victor Hugo Morales, dont le commentaire de son but de légende de 1986 contre l'Angleterre avait marqué les esprits.

Et le moins qu'on puisse dire, c'est qu'il parle beaucoup, au point de s'imposer comme peut-être le meilleur personnage secondaire du Mondial, à coup de déclarations définitives et de situations cocasses. Petit résumé si vous avez raté les épisodes précédents.

Diego contre Blatter. Dès la première de son émission, le 10 juin, Diego a tapé fort, accusant la Fifa de se «payer sur la bête», en l'occurrence les énormes sommes d'argent suscitées par le Mondial:

«S'ils gagnent 4 milliards de dollars et qu'il en reste 35 millions pour le champion, cela fait une différence incroyable. [...] Bill Gates mérite son argent, lui [Sepp Blatter, ndlr], non. Il empoche 4 milliards de dollars sans rien faire.»

Diego contre le Maracana. C'est sans doute un des épisodes qui a fait le plus de bruit: lors du premier match de l'Argentine contre la Bosnie (2-1), Maradona a affirmé s'être vu refuser l'entrée du Maracana sur injonction de la Fifa, au point d'avoir dû faire demi-tour pour regarder le match à l'hôtel. Réplique de l'organisation:

«Nous ne sommes pas au courant de cela. Peut-être s'est-il juste trompé de porte.»

Diego contre le président de la Fédération. Lors du match contre l'Iran (1-0), Maradona a quitté les tribunes avant le but de Lionel Messi dans les arrêts de jeu. Commentaire du président de la Fédération argentine, Julio Grondona:

«Le chat noir est parti et nous avons gagné.»

Réplique de l'ancien numéro 10:

«Pauvre crétin… Tout le mérite revient à Lionel Messi. [...] Ce que j'ai, je l'ai gagné en travaillant, ce que tu as, tu le tiens de la Fifa.»

Le match a été tranché par les ultras argentins, qui ont hué Grondona avant de chanter des chants d'hommage à Diego.

Diego piégé par la télé. Des journalistes brésiliens du programme Pânico na Band ont imprimé un document où il est écrit que Diego Maradona reconnaît que Pelé est le meilleur joueur de l'histoire. Ils l'ont ensuite retrouvé et lui ont tendu ce bout de papier en lui demandant un autographe. «El Pelusa» n'a pas fait pas attention et signé le document...

Diego contre son gendre. La Coupe du monde, quand votre ancien beau-fils «travaille» pour l'équipe que vous suivez, ça sert aussi à régler des comptes. Ce que n'a pas manqué de faire Diego quand Sergio «el Kun» Aguëro, l'ex de sa fille Giannina et père de son petit-fils Benjamin, lui a reproché d'avoir montré l'enfant, âgé de cinq ans, dans son émission. Affirmant l'avoir soutenu quand il voulait davantage voir son fils, il a jugé cette attitude «lâche».

Diego contre la Fifa et pour Suarez. Maradona avait beaucoup apprécié le doublé de Luis Suarez contre l'Angleterre, au point de le prouver par ses cris et de demander le numéro de téléphone de l'attaquant uruguayen afin de pouvoir discuter avec lui.

Lors de son émission, Diego s'en est donc logiquement pris aux neuf matches de suspension infligés à Suarez pour sa morsure envers l'Italien Chiellini:

«Pourquoi? Qui a-t-il tué? Pourquoi ne l'envoient-ils pas à Guantanamo?»

Il a aussi soulevé, en riant, auprès d'un journaliste du quotidien El Observador, l'hypothèse d'un complot des Brésiliens, effrayés par la perspective de rencontrer à nouveau les Uruguayens après le Maracanazo de 1950.

Diego contre Pelé et Beckenbauer. Lors de son émission, le Pibe a durement attaqué ces deux vieilles gloires, toujours en ce qui concerne leur attitude lors de l'affaire Suarez:

«Ces deux-là, qui sortent du musée, qui commencent à parler et à dire des stupidités parce que, au final, ce sont deux tarés. (...) Ce sont deux personnalités qui sortent d'un sarcophage.»

Au début de la compétition, Maradona avait déjà lancé une critique du même style à Pelé quand celui avait qualifié le style de Messi de «brésilien», réclamant que le triple champion du monde «retourne dans son musée».

Mais Diego peut aussi n'être qu'amour. Envers le Colombien Radamel Falcao, par exemple, grand absent de la Coupe du monde, à qui il a lancé: «Il y a un Dieu et il va t'accorder une revanche. [...] Tu va jouer le prochain Mondial.» Et tant qu'on parle d'amour, il a aussi lancé qu'une victoire finale contre le Brésil au Maracana (même s'il n'y croit guère) serait «comme un orgasme».

Jean-Marie Pottier
Jean-Marie Pottier (944 articles)
Rédacteur en chef, responsable de la newsletter politique «Le Jour d'après». Auteur de «Indie Pop 1979-1997» et «Ground Zero. Une histoire musicale du 11-Septembre» (Le Mot et le Reste).
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