Coupe du monde 2014Sports

Faut-il reculer le point de pénalty au foot?

Repéré par Grégoire Fleurot, mis à jour le 01.07.2014 à 18 h 27

Repéré sur Grantland

Le Grec Giorgios Samaras marque son pénalty face à la Côte d'Ivoire le 24 juin 2014 à Fortaleza, REUTERS/Mike Blake

Le Grec Giorgios Samaras marque son pénalty face à la Côte d'Ivoire le 24 juin 2014 à Fortaleza, REUTERS/Mike Blake

Au football, la meilleure occasion de marquer un but est de loin le pénalty, cette punition infligée aux équipes ayant fait une faute dans leur propre surface de réparation et donnant à l'équipe adverse l'occasion de tirer depuis une position idéale, à 11 mètres face au but, sans aucune opposition à part le gardien.

Les pénaltys sont fréquents, et décident souvent du sort d'un match. La Côte d'Ivoire a été cruellement éliminée par la Grèce dans les arrêts de jeu de son dernier match de poule sur pénalty. Le Mexique a été puni par Klaas Jan Huntelaar, lui aussi dans les dernières minutes de son huitième de finale face aux Pays-Bas, après le plus léger des contacts entre le défenseur Rafael Marquez et le «hollandais volant» Arjen Robben.

En sachant que les pénaltys sont convertis en moyenne dans près de 80% des cas, cette punition est-elle disproportionnée? C'est ce que pense Kirk Goldsberry, journaliste qui travaille pour l'excellent site américain consacré au sport Grantland, qui explique dans un article pourquoi le point de pénalty devrait être reculé.

Le taux de réussite des pénaltys est extraordinairement élevé pour un sport qui se définit justement par la difficulté de marquer un but. Bien sûr, il arrive que des joueurs ratent comme Karim Benzema face à la Suisse, soit à cause d'un excellent gardien, soit parce qu'ils ont mal tiré. Mais un pénalty bien tiré est tout simplement imparable pour le gardien de but (ce petit exercice de mathématiques est intéressant à ce sujet).

Au football, comme le montrent les économistes David Sally et Chris Anderson dans leur livre The Numbers Game, les équipes marquent en général un but tous les 9 ou 10 tirs, soit un taux de conversion proche de 10%. Même de très près, marquer est difficile dans le jeu: lors de la première phase de la Coupe du monde, seuls 46% des tirs tentés à moins de 4,5 mètres du but ont entraîné un but. On est loin du taux de conversion de 80% des pénaltys.

«Et si l'on reculait le point de pénalty? interroge Goldsberry. Si le chiffre était de 50% ou de 33%? [...] Si les joueurs ne marquaient que la moitié de leur pénaltys, y aurait-il une augmentation des fautes dans la surface?»

Ces questions méritent sans doute d'être posées, même si les réponses ne vont pas forcément dans le sens de l'article de Goldsberry.

On peut imaginer qu'en reculant le point de pénalty, les fautes dans la surface augmenteraient considérablement, et qu'il deviendrait sans doute plus difficile encore de marquer dans le jeu.

Mais la critique la plus intéressant émise par Glodsberry réside dans le fait que le pénalty punit de la même manière des fautes de gravités très différentes:

«Le fait que la faute fortuite de Marquez soit punie exactement de la même manière que des actes exponentiellement plus flagrants, comme la main intentionnelle de Luis Suarez en 2010, est absurde. L'un est un délit mineur, l'autre est un crime, mais dans un monde où ces distinctions n'existent pas, les punitions sont les mêmes.»

Le journaliste prend l'exemple du basketball, où il existe différents types de fautes (faute personnelle, dont les fautes sur un tireur qui entraînent des lancers francs, faute flagrante, faute technique) qui sont sanctionnées différemment, et émet l'hypothèse d'avoir plusieurs points de pénaltys pour pouvoir punir les fautes dans la surface de réparation en fonction de leur gravité.

Là encore, l'idée est intéressante, mais comporte aussi ses défauts.

Faut-il vraiment donner aux arbitres, dont le travail est déjà compliqué, de nouvelles décisions à prendre comme celle de juger si une faute méritait le point de pénalty le plus proche ou le plus lointain?

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