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Vivez-vous dans une zone à «risque de décrochage scolaire»? Vérifiez sur cette carte

Jean-Laurent Cassely, mis à jour le 01.07.2014 à 18 h 42

Géographie de l'école 2014. Dossier «Analyse territoriale de l'échec scolaire». Gérard Boudesseul, Patrice Caro, Yvette Grelet, Céline Vivent.

Géographie de l'école 2014. Dossier «Analyse territoriale de l'échec scolaire». Gérard Boudesseul, Patrice Caro, Yvette Grelet, Céline Vivent.

La «géographie de l'école 2014» publiée le 30 juin par le ministère de l'Education fourmille de cartes et d'informations intéressantes sur les inégalités scolaires, mais les lecteurs qui auront tenu bon jusqu'à la centième page y découvriront une très intéressante carte des profils des territoires en fonction du risque de décrochage scolaire.

Les chercheurs du Centre d'études et de recherche sur les qualifications (Céreq) et du Centre de recherche sur les espaces et les sociétés (Eso-Caen) ont établi une typologie en six ensembles homogènes de cantons en fonction des facteurs de décrochage, dont l'indicateur est la part des non diplômés parmi les jeunes de 15 ans à 24 ans qui ne sont  plus scolarisés pour l’année en cours.

Voici la carte et, ci-dessous, le mode d'emploi pour la lire (cliquez sur la carte pour l'agrandir).

Géographie de l'école 2014. Dossier «Analyse territoriale de l'échec scolaire». Gérard Boudesseul, Patrice Caro, Yvette Grelet, Céline Vivent.

Les six profils de territoires détaillés ci-dessous sont rangés par ordre décroissant de «risque». Ils ont été obtenus en cumulant plusieurs indicateurs liés à l'échec scolaire: revenus des parents, taux de chômage, niveau de diplôme, présence de familles monoparentales ou nombreuses, condition de logement.

Nous reprenons en titres les noms donnés à ces regroupements par les auteurs de l'étude.

1.«Cumul de fragilités économique, familiale, culturelle en milieu urbain»

(En violet sur la carte.) C’est un profil qui cumule comme l’indique bien son titre tous les handicaps associés à l’échec scolaire: surreprésentation du chômage, des familles monoparentales ou nombreuses et de la part des non diplômés chez les adultes de 45 ans à 54 ans.

Cette classe regroupe un canton sur dix et 6,3 millions de personnes de 15 ans à 64 ans. Ce sont des territoires hétérogènes mais qui «ont en commun de constituer des poches de fragilités et de précarité». Il s’agit de territoires urbains: Seine-Saint-Denis, Vaulx-en-Velin (banlieue lyonnaise) Hérouville-Saint-Clair (Calvados), ruraux, de «ports de pêche en déclin (Fécamp, Dieppe en Seine-Maritime), ou d’anciens fiefs de la France industrielle (Roubaix, Montbéliard, Saint-Dié dans les Vosges).»

2.«Précarité économique dans les petites et moyennes communes»

(En orange sur la carte.) Les facteurs de risque sont ici plus économiques (chômage élevé, précarité de l’emploi, faible revenu médian) que familiaux. Il s’agit de territoires moins urbains avec une concentration sur le pourtour méditerranéen et un profil «d’emplois saisonniers, et d’emplois précaires liés au tourisme (Argelès), au vignoble (Bar-sur-Aube) ou à une industrie concurrencée (sous-traitance industrielle à Brionne, lunettes à Saint-Claude).»

Viennent ensuite deux classes de territoires aux risques plus limités quoiqu'importants.

3.«Difficultés de vie familiale et habitat social en milieu urbain»

(En jaune sur la carte.) Sans qu’ils soient vraiment pauvres (revenu médian supérieur à la moyenne), les foyers de ces territoires sont plus souvent des familles monoparentales, qui vivent plus fréquemment en logement social et sont plus touchées par le chômage. On y distingue des centres urbains comme Marseille et Le Havre et des villes moyennes où résident des professions intermédiaires.

4.«Fragilité culturelle dans les petites communes»

(En bleu sur la carte.) Cette famille de cantons à dominante rurale concentre beaucoup d’ouvriers, se caractérise par un faible revenu et une part importante de parents non diplômés. On trouve ces cantons en Basse-Normandie, Pays-de-la-Loire, Centre, Champagne-Ardenne, Franche-Comté. «Il s’agit d’une France sous faible influence urbaine qui inclut les marges extrêmes de la grande agglomération parisienne.»

Enfin deux derniers profils, moins à risque, sont identifiés sur la carte.

5.«Milieu rural vieillissant»

(En gris sur la carte.) Les facteurs de risques sont liés à l'isolement et l'enclavement plus qu'aux facteurs familiaux, aux conditions de vie et de logement.

6.«Sécurité économique et soutien culturel»

(En vert sur la carte.) Niveaux de diplôme et de revenu des parents élevés, faible chômage. «Le type résidentiel périurbain de classes moyennes et moyennes aisées est reconnaissable.» On distingue en effet les taches vertes correspondant aux couronnes autour des centres. On identifie aussi des «zones de résidence des travailleurs frontaliers vers le Luxembourg, l’Allemagne et surtout la Suisse, dans le Genevois français, le Haut-Jura et le Haut-Doubs». 

Jean-Laurent Cassely
Jean-Laurent Cassely (990 articles)
Journaliste
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