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Les secrets d'une bonne ola

Thomas Messias, mis à jour le 30.06.2014 à 11 h 44

Les fans belges lors du match contre la Russie au Maracana, le 22 juin 2014. REUTERS/Yves Herman.

Les fans belges lors du match contre la Russie au Maracana, le 22 juin 2014. REUTERS/Yves Herman.

Les Mexicains sont sortis du Mondial après leur cruelle défaite face aux Pays-Bas en huitièmes de finale (1-2) mais la mexican wave, elle, est encore en lice. La mexican wave? C'est le nom international de la ola, ainsi dénommée parce qu'elle s'est démocratisée pendant la Coupe du monde 1986 au Mexique après une naissance dans le Michigan en 1983. Et elle est plus que jamais à la mode dans les stades, comme le note avec dépit le Telegraph:

«Malgré les affirmations selon lesquelles elle était tombée en désuétude, [...] la désormais rituelle (et perpétuellement monotone) ola n'a jamais été aussi populaire.»

La ola est un phénomène scientifique au fonctionnement pas si éloigné de celui des feux de forêts ou du tissu cardiaque. C’est ce qu'ont montré trois physiciens hongrois dans une étude basée sur un visionnage méticuleux de vidéos de olas.

La ola lambda nécessiterait qu’une douzaine de personnes se lèvent simultanément pour la lancer. Elle part le plus souvent dans le sens des aiguilles d’une montre, même si la plus grosse ola (110.000 personnes dans le stade olympique de Sydney, en 2000) s’était effectuée dans l’autre sens. Sur une hauteur moyenne de quinze sièges (difficile de se propager plus haut ou plus bas), elle avance à une vitesse de 43 km/h, soit douze sièges par seconde.

Tout est une question de propagation: il faut parvenir à «exciter» ses voisins de rangée, et ainsi de suite. Si, au moment où elle naît, la ola parvient à atteindre une quarantaine de personnes, alors elle a une forte chance de se propager de façon visible dans le stade, tout en restant dépendante du nombre de spectateurs réfractaires –ceux qui fixent le terrain et refusent d’être distraits. L’analogie avec le feu de forêt apparaît comme relativement évidente: la vague peut s’emparer de toute personne présente dans un proche rayon autour de toute personne qui y participe, tout comme elle peut s’éteindre rapidement si elle ne trouve pas de moyen de s’étendre.

Un site internet propose même de modéliser votre propre ola pour en étudier le fonctionnement. Et pourquoi pas, d'en tirer des GIFs…


Pas si anecdotiques, les enseignements de cette étude, qui date de 2002, ont depuis été étendus pour étudier les mouvements de foule lors des manifestations sportives et autres rassemblements afin de prévoir (et peut-être éviter) les mouvements de panique. À noter par ailleurs que l'étude de la ola a aussi servi de modèle pour expliquer l'évolution du réchauffement climatique.

Thomas Messias
Thomas Messias (138 articles)
Prof de maths et journaliste
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