Culture / France

Paul Barril rejoue «Le Négociateur»

Temps de lecture : 2 min

L'ex-numéro 2 du GIGN s'était retranché chez lui à Antibes. Il s'est rendu après négociation avec... le GIPN. Une plainte a été déposée contre lui, dans le cadre d'une information judiciaire pour «complicité de génocide et de crimes contre l'humanité» en rapport avec ses activités au Rwanda.

L'ex-officier de gendarmerie Paul Barril s'est retranché chez lui ce lundi 30 juin au matin. Il était armé, cloîtré dans son domicile d'Antibes, et a été rapidement interpellé.

La dépêche AFP raconte que des négociations étaient en cours avec le groupe d'intervention de la police nationale (GIPN), sur place, pour convaincre l'ancien gendarme de se rendre - ce qu'il a fait finalement sans trop attendre.

Paul Barril a rejoué en accéléré le scénario si cinématographique de l'arroseur arrosé. Incarné notamment dans Le Négociateur, de F. Gary Gray, par le flic (Samuel L.Jackson), fameux négociateur ayant évité à quantité de prises d'otages de très mal finir, qui se retrouve dans la situation de preneur d'otages. Bouc-émissaire évident d'une entourloupe de flics pourris qu'il essaie de comprendre, il retient au vingtième étage d'un immeuble de Chicago le responsable de la police des polices –qui a priori (pas de spoiler) peut le dédouaner– et quelques autres. Il fait appel à un autre négociateur (Kevin Spacey) pour jouer son rôle habituel.

Mais Paul Barril ne vivant pas dans un film hollywodien, pas de happy end obligatoire. Surtout étant donnée la nature des accusations dont il est l'objet. Cet ancien numéro deux du GIGN (qui a participé à le créer en 1974) est reconverti dans le privé depuis les années 1980. C'est pour son rôle dans certaines de ses missions privées, au cours desquels il a notamment travaillé pour des dirigeants au Rwanda, qu'une plainte a été déposée contre lui, dans le cadre d'une information judiciaire pour «complicité de génocide et de crimes contre l'humanité».

L'AFP précise:

«La plainte, rédigée par plusieurs organisations de défense des droits de l'homme –l'association Survie, la Fédération internationale des ligues des droits de l'homme (FIDH) et la Ligue des droits de l'homme–, met en cause le contrat d'assistance militaire signé entre la société de M. Barril et le gouvernement rwandais, après le début du génocide contre les Tutsi en 1994. Il prévoyait la livraison d'une grande quantité de munitions, d'obus et mortiers, de grenades pour un montant total de 3,13 millions de dollars. Seul un accompte de 1,2 million aurait été versé, et le contrat, non exécuté. L'opération Turquoise, déclenchée en juin par Paris, l'en a empêché.»

Charlotte Pudlowski Rédactrice en chef de Slate.fr

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