Boire & manger

Que contiennent nos pavés de saumon?

Repéré par Lucie de la Héronnière, mis à jour le 30.06.2014 à 9 h 35

Repéré sur 60 millions de consommateurs, CLCV

FRESH SALMON/ whologwhy via Flickr CCLicence By

FRESH SALMON/ whologwhy via Flickr CCLicence By

Quels poissons manger? Dans son numéro d’été, 60 Millions de consommateurs se pose cette très vaste question. La revue aborde «le dilemme pêche-aquaculture», les polluants et pesticides, les fraudes sur les étiquettes, et analyse tout particulièrement une série de morceaux de saumon, poisson souvent suspecté (notamment celui issu de l’aquaculture norvégienne) et dont les ventes baissent largement en France.

«Le saumon, entre deux eaux» 

Dans vingt-trois filets de saumon de toutes origines, d’élevage ou sauvage, surgelés ou frais, 60 Millions de consommateurs a cherché des résidus de pesticides, des métaux lourds (cuivre, zinc, cadmium, arsenic, mercure), des antibiotiques et la teneur en acides gras. Bilan:

«Nos analyses réservent quelques bonnes et mauvaises surprises.»

D'abord, «parmi les saumons d’élevage, sept références contiennent jusqu’à cinq pesticides différents», en quantités «relativement faibles» cependant, et quatre produits n’en contiennent aucun. Problèmatique, dans les saumons contenant des pesticides, il y a des références bio, à cause sans doute d’une contamination environnementale, souligne 60 Millions de consommateurs.

Les teneurs d’arsenic dans plusieurs références préoccupent, tout comme la trop forte présence d’éthoxyquine dans les saumons d’élevage:

«Cette substance antioxydante est incorporée aux huiles de poissons servant à nourrir les saumons. Or l’innocuité de l’éthoxyquine pour l’homme n’est pas établie.»

On retrouve la substance dans six des dix-huit saumons d’élevage. Il n’y a pas de limite réglementaire maximale de résidus de cette éthoxyquine dans la chair du saumon, mais des députés européens ont interrogé la Commission en novembre 2013 à ce sujet, sans réponse jusqu’à aujourd’hui. 60 Millions de consommateurs demande d'ailleurs aussi une évaluation de cette substance.

Les Polychlorobiphényls (PCB), des polluants chimiques, sont présents dans tous les saumons testés, sans dépasser les seuils réglementaires. Concernant l’astaxanthine, le colorant qui donne sa jolie couleur au saumon, un seul cobaye atteint la limite de sécurité (mais on peut quand même s’interroger sur la simple présence de colorant dans le poisson). 

Quant aux vraies bonnes nouvelles, «aucun des produits issus de l’élevage ne contient de résidus d’antibiotiques quantifiables». De plus, les cinq saumons sauvages testés sont réellement des saumons sauvages, pas de fraude constatée de ce côté là. Et de conclure que «manger du saumon reste bon pour la santé» (le mieux étant d'alterner avec d'autres espèces), grâce à ses acides gras essentiels et ses protéines de bonne qualité.

Ces résultats restent pour le moins très mitigés. En ce moment, le poisson n’a pas bonne publicité. Le 23 juin, la CLCV (Association nationale de défense des consommateurs et usagers) a publié une enquête sur les produits à base de poissons (surimis, panés, parmentiers, rillettes...). Résultat principal, «des étiquetages trop vagues»: un savant flou demeure sur les quantités, les espèces de poisson ou encore les parties utilisées. 

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