Mondial 2014 / Culture

L’Amérique passionnée par le football... même en série ?

Temps de lecture : 2 min

Alors que les matchs de la Coupe du monde réalisent des audiences records outre-Atlantique, voilà que débarque une série produite par Robert Rodriguez et située dans l’univers du foot. Et ça fait peur.

Comment devenir footballeur pro en 2 épisodes grâce à Matador (DR).
Comment devenir footballeur pro en 2 épisodes grâce à Matador (DR).

Cette semaine, avant que les États-Unis ne soient éliminés en huitièmes de finale de la Coupe du monde par la Belgique, le Wall Street Journal se posait la question suivante: «Is this soccer’s moment in America ?». Ce qu’on pourrait traduire (en gros) par: «Est-ce que le foot serait en train de percer aux Etats-Unis?» La réponse est relativement mitigée, mais l’Amérique au sens large –comprendre, en incluant les nations d’Amérique latine– n’a pas attendu les excellents scores d’audiences au pays du baseball des matchs de la Team USA pour s’intéresser au ballon rond.

Et c’est justement l’intérêt du public latino (mais anglophone et résidant aux Etats-Unis) pour ce sport, clairement amplifié en ces temps de compétition mondiale, qui explique sans doute l’opportuniste lancement prochain de la série Matador sur la chaîne El Rey.

Le pitch est gentiment neuneu et fait penser à un mix entre 21 Jump Street et Trois Zéros: Tony Bravo, un agent de la DEA de Los Angeles, est recruté par une section secrète de la CIA pour une mission top-secrète: enquêter sur l’équipe de football des LA Riot (l'une des meilleures du monde, rien de moins) en devenant un joueur professionnel infiltré! Et comme le dit si bien le synopsis original:

«Tony aura besoin de talents d’espionnage pour impressionner ses responsables et un joli jeu de jambe pour intégrer l’équipe, ou le jeu pourrait s’achever par une mort subite.»

Que c'est joliment dit! Au moins autant que le titre de l’épisode pilote: Quid Go Pro –du LOL de latiniste, pas de la pub cachée pour petite caméra.

Il fallait bien au moins quatre scénaristes, tous crédités comme cocréateurs de la série, pour pondre pareil postulat: aux côtés du bourrin Robert Orci (Star Trek, Transformers) et son frangin Andrew Orci, on retrouve le duo Dan Dworkin et Jay Beattie, déjà à l’œuvre sur les séries Esprits Criminels, The Event et Revenge, entre autres. Côté casting, à part Alfredo Molina (Spider-Man 2), pas grand chose de folichon à se mettre sous les yeux.

Avant de pouvoir juger sur pièce, voici la bande-annonce de Matador, qui contient sans doute le plus grand nombre de plans avec un ballon rond jamais vu dans un trailer de séries nord-américaines (et il n’y en a presque pas, en fait).

Déjà évoquée dans ces pages lorsqu’on s’était penché sur l’adaptation télévisuelle du film Une Nuit en enfer, la récemment créée chaîne El Rey est chapeautée par le Texan d’origine mexicaine Robert Rodriguez, réalisateur hyperactif (Sin City, Spy Kids) et producteur averti bien conscient du poids de la cible latino-américaine parmi les téléspectateurs.

On serait près à parier qu’il n’est pas pour rien dans le choix de la date de lancement de Matador: la série débute en effet le 15 juillet sur sa chaîne, soit moins de 48 heures après la finale de la Coupe du Monde.

Alexandre Hervaud Journaliste

Newsletters

«Nation branding»: comment tirer vraiment profit de l'organisation d'une Coupe du monde

«Nation branding»: comment tirer vraiment profit de l'organisation d'une Coupe du monde

Organiser un Mondial ou des Jeux olympiques n'est pas rentable, mais peut entraîner des bénéfices en termes de diplomatie publique... à condition de bien s'y prendre.

De quoi souffrirez-vous au retour de la Coupe du monde?

De quoi souffrirez-vous au retour de la Coupe du monde?

Atteintes dermatologiques, maladies gastro-intestinales, fièvres... Le pire moment du Mondial, c'est le retour.

Le Qatar peut encore faire comme la Colombie en 86: renoncer au Mondial

Le Qatar peut encore faire comme la Colombie en 86: renoncer au Mondial

La Colombie aurait dû organiser la Coupe du monde en 1986. Mais en 1982, elle y a renoncé, largement encouragée par la FIFA qui s’était rendu compte de son erreur. Même histoire et «modus operandi» pour le Qatar et la Coupe du monde 2022?

Newsletters