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Nikka from the Barrel, le plus célèbre whisky japonais, livre enfin ses secrets

Christine Lambert, mis à jour le 28.06.2014 à 10 h 26

Ce flacon est le best-seller nippon en France.

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Quinze ans après son arrivée en France, le petit flacon de Nikka From The Barrel s’y est imposé comme le best-seller nippon. Pourtant, de lui on ne connaît presque rien. Saviez-vous que…

1. C’est un whisky terriblement low tech

40% de malt et 60% de whisky de grain, élaborés dans deux distilleries seulement: voilà pour la recette de base du Nikka From The Barrel, qui n’a pas évolué depuis sa naissance au Japon en 1985. Le malt provient pour l’essentiel de Miyagikyo, qui produit des whiskies doux et fruités, et pour partie de Yoichi, dont les alambics chauffés à feu direct alimenté au charbon – parmi les derniers au monde à fonctionner selon cette «technologie» rustique – crachent des distillats puissants, tourbés et salins. Le whisky de grain (du maïs), commercialisé chez les bons cavistes sous le nom de Coffey Grain, sort quant à lui des alambics à colonne de type Coffey (du nom du petit malin qui les a brevetés au XIXe siècle) de Miyagikyo.

Il s’agit là encore d’un processus low tech qui, en vertu de la loi de l’enquiquinement maximum (ces alambics sont capricieux, compliqués à manœuvrer et exigent un nettoyage complet entre chaque distillation) produit miraculeusement des eaux-de-vie plus subtiles dans leurs arômes que les colonnes actuelles. C’est donc dans les vieux tuyaux qu’on cuisine le meilleur du whisky moderne.

2. Il y a plus de 100 whiskies dans la bouteille

Ces deux distilleries vont produire des dizaines de distillats en agissant sur différents paramètres: niveaux de tourbe, levures, durées de fermentation, distillations… Qui eux-mêmes donneront des dizaines de «batchs» (cuvées) en fonction de la durée de vieillissement (en moyenne 10 à 12 ans) et des types de fûts utilisés (essentiellement d’ex-fûts de bourbon, mais aussi d’anciens butts de xérès, du chêne neuf américain et des fûts régénérés). En tout, c’est donc plus d’une centaine de whiskies qui, en autant de notes, compose la symphonie Nikka From The Barrel.

3. S’il dépote en bouche, c’est pour une bonne raison

«NFTB» envoie la potion à fond les ballons, à 51,4% très exactement, soit une puissance très inhabituelle pour un blend. Ce taux d’alcool un peu pointilleux correspond en fait à un chiffre rond rapporté en ancienne mesure britannique: 90° British Proof. (Low tech, on disait…) C’est à cette force qu’il fond au mieux phénols et esters, et délivre pleinement sa richesse et ses arômes, ont estimé les blenders de Nikka.

4. Non, ce n’est pas un brut de fût

Pour autant, ce n’est pas un brut de fût, comme on le lit parfois. D’abord parce qu’un blend (un assemblage, donc) brut de fût serait une vue de l’esprit. Ensuite parce qu’on voit mal comment il pourrait «sortir» du fût, année après année, exactement au même degré, à la virgule près. Son nom, «From The Barrel» (tiré du fût, pourrait-on traduire) est presque trompeur. Presque. Car en réalité, après assemblage le whisky repasse en fûts pour une étape de «mariage», afin que les dizaines d’eaux-de-vie s’épousent et se stabilisent, pendant trois à six mois. Un Pacs en CDD qui suffit à atteindre l’équilibre parfait.

Une édition limitée dans un «flacon» de 3litres...

5. Ce best-seller est inconnu aux USA

80% de la production de Nikka From The Barrel est exportée, en premier lieu vers la France qui en raffole (90.000 bouteilles vendues en 2013) et où il dispute la place de best-seller japonais au Nikka Taketsuru 12 ans. Mais il est tombé en désuétude au Japon. Et reste introuvable aux Etats-Unis, où son format de 50 cl lui interdit toute carrière.

6. Oups, on a agrandi la bouteille

Pour fêter cette année les 80 ans de Nikka et récompenser la fidélité des amateurs de whisky français, le cube de 50 cl se dope au format 3 litres. Cette édition limitée (295 €) réservée à la France sera dévoilée en avant-première à Paris, du 2 au 12 juillet, au 51.4, un pop-up bar qui mettra à l’honneur «NFTB» en proposant les cocktails des meilleurs bartenders européens dans la fameuse bouteille carrée (à partager).

Les plus pressés pourront se la procurer aux mêmes dates à la boutique éphémère de La Maison du Whisky, carrefour Odéon, et sur le site whisky.fr. Les autres attendront courant septembre la sortie officielle pour mettre la main sur ce superbe collector XXL (à ne pas partager).

51.4

A partir de 18 heures au 58, rue d’Aboukir, Paris.

 

Christine Lambert
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