Culture / Économie / Monde

Comment le monde de l'art s'est mis à s'intéresser à la Colombie

Temps de lecture : 2 min

Extrait de l'oeuvre «Work» d'Oscar Murillo, 2012
Extrait de l'oeuvre «Work» d'Oscar Murillo, 2012

C'est une histoire qui raconte le fonctionnement du monde de marché de l'art, et la façon dont les pays émergeants peuvent soudain attirer les regards des conservateurs de musées, des galeristes, des agents et se faire une place sur la scène internationale: le Wall Street Journal consacre un article à la façon dont la Colombie a soudain attiré les regards.

«Pendant la guerre civile non officielle qui faisait rage en Colombie, qui a duré le gros des six dernières décennies, plusieurs générations d'artistes sont allés et venus, généralement invisibles aux yeux du monde de l'art international. (A l'exception de Fernando Botero, peintre de 82 ans de personnages grassouillets.) Mais récemment, les militaires et les groupes rebelles colombiens ont négocié des accords de paix, et cette détente sensible –allant de paire avec d'autres facteurs– a encouragé la fine fleur du monde de l'art à examiner le pays de plus près.»

Un art, selon le Wall Street Journal, qui se trouve à un moment charnière, potentiellement historique, faite d'une plus vieille génération, aux oeuvres très politisées, et d'une plus jeune tournée vers des «obsessions plus discrètes».

Le quotidien américain explique la façon dont les booms économiques dans d'autres pays émergeants ont attiré les collectionneurs: la Chine et le Brésil sont devenus des lieux cruciaux du marché de l'art international au moment où leur économie a pris son essor. C'est le même phénomène qui se produit en Colombie:

«Le Moma, le musée des Beaux Arts de Houston, les galeries Serpentine à Londres, entre autres, ont tous récemment envoyé des délégations de conservateurs et de mécènes pour faire du repérage en Colombie. Pablo León de la Barra, conservateur du Solomon R. Guggenheim de New York, a fait partie des premiers explorateurs, et les oeuvres qu'il a découvertes depuis sont impressionnantes, selon lui.»

Oscar Murillo, Dark Americano

Evidemment, la venue de conservateurs et de collectionneurs a suscité celle de commissaires-priseurs et de marchands d'art, et la cote des artistes a parfois explosé.

Celle du jeune Oscar Murillo, 28 ans, a par exemple décuplé. Et les riches familles colombiennes se mettent elles aussi à collectionner les oeuvres des artistes locaux.

Actuellement, au moins trente riches familles colombiennes constituent des collections d'art contemporain, contre seulement cinq il y a dix ans.

Slate.fr

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