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Les enfants vont mieux quand leur père est impliqué

Homeward bound / Jenny Downing via FlickrCC License by

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Les pères n'ont pas besoin d'être parfaits ni toujours physiquement présents, il leur suffit de participer activement et de manière attentive à l'éducation de leurs enfants pour les rendre heureux.

Ça pourrait sembler évident: un enfant qui a une père et une mère a besoin que ses deux parents soient impliqués dans son éducation (y compris en cas de séparation). Pourtant, le schéma désignant la mère comme figure principale et le père comme figure secondaire voire facultative de l'attachement, de l'éducation et du soin à l'enfant a la vie dure.

Il est encore courant aujourd'hui d'entendre l'expression «l'heure des mamans» de la bouche des instituteurs pour désigner l'heure de la sortie d'école. Les publicités pour petits pots continuent à être «du côté des mamans» et celles vantant les supposées qualités ludiques et nutritionnelles des oeufs en chocolat continuent à évoquer les pères allant chercher leur enfant à l'école comme des superhéros du quotidien.


Kinder surprise 2008 par PubStory

Que ce soit dans l'esprit des publicitaires, dans celui de certains experts, de lobbies, ou même auprès de parents eux-mêmes, le père et la mère n'ont pas à assumer conjointement et de manière équilibrée le rôle parental. C'est la mère d'abord, le père ensuite, et même peut-être.

On interroge peu voire jamais la responsabilité éducationnelle de la mère. Le père, lui, bénéficie d'un discours injuste pour tous les protagonistes de la famille: s'il s'implique beaucoup, on le félicite, on lui donne même un petit nom gratifiant (les fameux «nouveaux pères»).

Quand ils s'impliquent peu ou pas du tout, on les comprend en invoquant la courte durée du congé paternité, le fait qu'ils gagnent mieux leurs vies que leurs compagnes et qu'il est peu judicieux qu'ils prennent un congé parental (raisons valables mais fort pratiques) ou encore et surtout «parce qu'un enfant a surtout besoin de sa maman alors c'est pas très grave si papa n'est pas là».

Et c'est entièrement faux.

C'est ce qu'ont révélé quantité d'études sérieuses et poussées recensées par The Atlantic (et rarement relayées). En 2000, déjà, une étude menée par le département de la Santé, de l'éducation et des services sociaux américain montrait que quand les pères s'impliquent dans l'éducation de leurs enfants, ces derniers sont plus heureux, en meilleure santé et ont de meilleurs résultats scolaires.

Par exemple, «les enfants dont les pères sont impliqués ont 44% de chances de plus de passer dans la classe supérieure et 33% de moins de redoubler».

Il est difficile de quantifier l'«implication» d'un père. Est-ce le fait de changer les couches, de faire les devoirs avec les enfants ou encore de participer aux sorties scolaires? Cela peut-être tout cela à la fois, ou rien de tout cela. Un père s'implique dans la vie de son enfant dès lors qu'il a un comportement bienveillant (autrement dit qu'il n'est pas que le méchant papa qu'on appelle quand l'enfant fait une bêtise). En clair, un père qui montre à son enfant qu'il se soucie de sa santé, de son équilibre psychologique, de ses résulats scolaires.

Plus qu'un père «impliqué», c'est l'idée d'un «père dévoué» qui doit progresser. Et c'est d'ailleurs l'expression utilisée par le rappeur et acteur américain Tray Chaney (surtout connu pour son rôle de «Poot» dans The Wire). Dans la vidéo de sa chanson titrée Dedicated Father, «Père dévoué», il appelle les pères à se consacrer davantage au suivi éducatif et émotionnel de leurs enfants en avançant les conclusions que les études citées précédemment: un enfant se contruit mieux avec un père attentif.

Bien sûr, pour que les pères prennent davantage de place dans l'éducation de leur enfant, il doit d'abord s'agir d'une volonté réelle de leur part. Mais comme le rappelle The Atlantic, cela passe aussi par la mise en place de dispositifs simples et par une prise de conscience des institutions scolaires notamment:

«Aujourd'hui à l'école, le mot parent est une litote pour désigner les mères. Et les pères peuvent ne pas se sentir les bienvenus ou encouragés à participer à la vie scolaire de leur enfant. Allons les chercher plus directement encore.»

Et évidemment, «les pères n'ont pas à être parfait, ni à avoir réponse à tout». Mais ils peuvent aider leurs enfants dans la construction de leur caractère, de leur sens de l'éthique, de la résilience, de leur sens des responsabilités... A l'école et comme dans la vie, ce sont les compétences les plus essentielles.

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