Vagal, pneumogastrique, surmenage, jogging, régime...
Les mots de la semaine
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Knock et le docteur Carotte avec nous! Le président de la République ayant subi un malaise durant qu'il s'adonnait à l'un de ses sports favoris, on a vu se multiplier les diagnostics de hasard et les pronostics à la hussarde, non seulement dans l'Hexagone mais à l'Étranger.
L'emballement de la machine médiatique a dépassé celui du cœur du chef de l'État. Chacun a tartiné ses certitudes et ses interrogations. Des journalistes sérieux ont glosé, afin de ne rien changer à leurs habitudes, sur l'hyper-présidence. Ainsi a-t-on baptisé l'action d'un élu du suffrage universel qui se conforme au mandat concédé par les électeurs: il gouverne. On en lu ou entendu d'autres qui ont retrouvé les accents de Goethe pour méditer sur les possibilités de dégradation, quasiment faustiennes, de l'image de Nicolas Sarkozy.
D'autres encore ont tenu à nous ressasser (ça ne mange pas de pain) les vertus de la transparence - tarte à la crème - et le goût du secret, consubstantiel à les en croire, prêté à l'Élysée - tarte à la crème bis. On a rappelé un phlegmon passé sous silence en 2007. De mauvais esprits s'étonneront peut-être de l'absence d'informations sur les cors au pied et sur les ampoules de l'adepte du jogging le plus fameux de France. Et ne négligeons pas ses verrues plantaires: quelques Diafoirus, parions-le, tenteraient d'y lire l'avenir, à l'instar des haruspices étrusques dans le foie et les poumons des animaux sacrifiés.
Leurs confrères de caniveau (il y en a autant en France qu'en Grande Bretagne) se sont empressés de mettre en cause Carla: non contente de faire (re)lire «La princesse de Clèves» à son mari, elle le contraindrait à suivre un régime aussi sévère que celui auquel, nous disait-on, elle s'astreint.
L'auteur, pour sa modeste part, et devrait-il passer pour un Philistin, aurait tendance à accuser des maux présidentiels le caractère pathogène de l'ouvrage de Mme de La Fayette. Il le range depuis l'adolescence dans la catégorie des chefs-d'œuvre ennuyeux, soporifiques pour tout dire, de notre littérature, de même que «Notre-Dame de Paris», «Madame Bovary» et «Le grand Meaulnes», outre l'ensemble de la poésie de Paul Valéry et des romans d'André Gide. Personne n'est dans l'obligation, au demeurant, de partager ses idées.
Très vite sont venus les temps du doute. Malaise vagal? C'est-y bien sûr, ça, madame? Une inflammation du nerf pneumogastrique? Ben voyons! On peut estimer, au pifomètre ou à la louche (deux instruments de mesure dont les Français raffolent, au point d'en abuser autant au moins que d'en user), que 99% des gens, jusqu'aux troubles sarkozyens, ignoraient tout de ces mots-là. L'incrédulité de certains et les inquiétudes de leurs contemporains ont reçu un renfort de poids avec les propos tenus par des «proches» du Président ou par tel de ses «amis». On a vu ici l'ignorance et l'incompétence le disputer à l'irresponsabilité.
Voilà une opportunité rêvée pour répéter une formule qui a fait ses preuves: ceux qui savaient ne parlaient pas, ceux qui parlaient ne savaient pas. Mais il est des gens pour penser qu'on ne peut exister qu'en expédiant sans compter, à propos de bottes, des communiqués à la rédaction de l'AFP ou en dégoisant sans retenue dans le premier micro qui vous est tendu. Aux orateurs de jadis comme aux pamphlétaires d'antan succèdent les besogneux de la petite phrase. À chaque époque les talents et l'éloquence qu'elle peut - ou qu'elle mérite.
Il a fallu un délai pour le bon sens, vertu nationale pourtant, reprenne ses droits. On a fini par admettre que le Président, en proie au surmenage, et trop souvent exposé au décalage horaire, avait besoin, comme nous tous, de vacances et de repos. Et, pour qu'il puisse enfin se changer les idées, on ose lui recommander une lecture d'été qui devrait le distraire, «Le droit à la paresse» de Paul Lafargue, l'un des disciples et le gendre de Karl Marx...
Marc Menonville
Image de Une: Reuters
Mis à jour le 07/08/2009 à 15h25









































En fait on se moque complètement de la santé de notre président. Bien sûr on peut ressentir une certaine compassion pour l'homme, mais franchement à part ça il sert à quoi ? L'hyper-présidence est une blague et nous la suivons comme les aventures de Tintin, on sait que c'est pas sérieux (et lorsque parfois on a des doutes une belle peau de banane nous rappelle que tout ça est de la comédie).
Que ce soit pour Obama ou Bush fils la scénarisation de la présidence américaine est hollywoodienne. La présidence française doit être écrite par Jugnot ou Boon la plupart du temps et, quand vraiment c'est réussi, on a droit à du Uderzo (ne rêvons pas, hélas, à trop se prendre au sérieux nous ne pouvons même pas avoir droit à du Gosciny). Mais que ce soit là-bas ou ici les présidents ont fini de faire le monde, on a même l'impression qu'ils retiennent le temps qui file trop vite. Quelque part ce petit fait nous rappelle encore plus que finalement nous sommes tous des vieux croulants.
Ce qui est dommage c'est que, comme le dit très bien cet article, le spectacle soit si mauvais. On le sait pourtant que ça ne suffit pas de mettre une caméra pour faire un film. Par exemple l'arrivée du président à Versailles... ok le tapis était rouge mais l'image était mauvaise, le cadre n'était pas pensé, l'acteur n'avait pas travaillé sa démarche (alors qu'il n'avait que ça à faire !), et l'ambiance sonore était d'une piètre qualité. Bon, cet accident de santé, il y aurait eu un journaliste sur les lieux il aurait filmé ça à l'arrache et on aurait passé les images brutes à la télé, sans aucun montage (ou alors ça aurait du cirque). Ce qui est dommage dans cette histoire c'est que ça a fait du bruit pour rien, d'accord, mais c'était nul et archi nul. Franchement comment on peut encore vouloir acheter des journaux et consommer des trucs pareils ? Heureusement qu'il y a les contenus gratuits sur le web, c'est souvent mieux et ça se la pète moins.
"Il (l'auteur de l'article) le range depuis l'adolescence dans la catégorie des chefs-d'œuvre ennuyeux, soporifiques pour tout dire, de notre littérature, de même que «Notre-Dame de Paris», «Madame Bovary» et «Le grand Meaulnes», outre l'ensemble de la poésie de Paul Valéry et des romans d'André Gide".
Un petit conseil à ce "grand penseur" sans culture. Reprenez vos classiques et faites l'effort d'apprécier le beau. La culture nécessite aussi une éducation que ce monsieur semble avoir décrétée au-delà de sa personne.
Peut-être, reprend-il pour lui-même les paoles de Voltaire: "Les gens de qualité savent tout sans avoir rien apris"... Au fait, lorsque Voltaire écrivait cela, c'était une critique ironique...
Un journaliste ne dit pas la vérité. Certes c'est leur argument de vente mais ne croyons pas, nous, ce mensonge.
Pourquoi "Le grand Meaulnes" ce serait forcément beau, parce qu'on vous l'a dit ? Le beau et la vérité, malgré des efforts de certains philosophes prônant l'autorité depuis la nuit des temps, ne sont pas liés.
Le problème à relever c'est que Sarkozy fait de ces oeuvres la marque d'une culture, essaye d'en donner justement une valeur normative, pour en sortir aussitôt. Il le fait pour tout en faisant des règles pour ses ministres ou ses alliés de l'UMP, et le grondant sévèrement dès qu'ils ne les suivent plus, pour aussitôt les transgresser lui-même. Sarkozy est dans la transgression, toujours, mais à force cela devient systématique et ne transgresse donc plus rien. Il faudrait un peu de fondement à tout ça, un peu de sens, un peu de recul sur soi et sur les choses. L'expression de l'ego c'est bien, mais encore faudrait-il avoir quelque chose à dire, même sur soi.
Monsieur Menonville est un petit futé. Comme disait ma nièce qui avait le don de transformer les locutions : "Ne tombons pas dans la panoplie".
Que deviendrions-nous s'il allait écrire ses "Mots de la semaine" ailleurs avec ce qui nous attend pour cette rentrée : la grippe A, un président brinqueballant, un gouvernement qui a du mal à se constituer, un parti socialiste dont il vaut mieux ne pas parler, et maintenant, des chasseurs qui entrent en dissidence.
Monsieur Menonville, par pitié, ne nous abandonnez pas !
V'la t-y pas que Marianne nous avoue un petit faible pour le Monsieur Menonville. Don't be afraid, N'ayez pas Peur, comme disait l'autre. Pourquoi donc voudriez vous que le Monsieur Mot de Slate nous quitte.
Il sera toujours là, près de vous, à répondre à vos attentes épidémiologiques.
Allez courage Marianne, il ya tout plein de bons mots qui attendent le Docte Ménonville. Tenez par exemple: Objectivité, crédibilité, Croissance, Rentrée, Bilan, Vertu nationale, Philistin, Journaliste de caniveau, emballement médiatique, retournement de veste,girouette, lynchage... et bien d'autres encore.
Voyez, il a encore du pain sur la planche notre dictionnaire slatien.
Cordialement,