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Pourquoi il pourrait y avoir des morts pendant France-Nigéria

A Abuja, au Nigéria, le 25 juin 2014, REUTERS/Afolabi Sotunde

A Abuja, au Nigéria, le 25 juin 2014, REUTERS/Afolabi Sotunde

Le groupe extrémiste nigérian Boko Haram, qui a fait l'objet d'un intérêt international après l'enlèvement de 200 filles dans une école en avril, avait quelque peu disparu des unes des médias internationaux dont l'attention s'est portée sur de nouvelles crises. Mais l'insurrection nigériane n'a pas faibli, et a été particulièrement violente cette semaine.

Un attentat à la bombe a frappé mercredi 25 juin le quartier commercial de Wuse dans la capitale Abuja, faisant au moins 21 victimes. Personne n'a revendiqué l'attaque, mais Boko Haram est certainement le coupable le plus probable.

L'explosion a eu lieu alors que le Nigéria s'apprêtait à regarder son équipe nationale jouer un match très attendu contre l'Argentine, et le centre commercial visé avait des télévisions qui diffusaient le match (le Nigéria a perdu, mais s'est qualifié pour les huitièmes de finale où il affrontera le France). La nouvelle intervient quelques jours à peine après que des informations ont fait état de l'enlèvement de 60 filles et au moins 30 garçons par le même groupe dans un village de l'Etat de Borno. Les premières filles enlevées n'ont toujours pas été retrouvées.

Ces incidents ne sont que les derniers dans ce qui a été l'année la plus sanglante de la part de Boko Haram, qui a tué au moins 3.000 personnes depuis juin. Et si nous nous sommes amusés des appels du pied de l’Etat islamique en Irak et au Levant (EIIL)à Lionel Messi, il devient clair que les attentats terroristes contre des rassemblements de personnes regardant la Coupe du monde (qui s'inspirent peut-être de l'attaque des Shebaabs en 2010 à Kampala, en Ouganda, qui a tué 74 personnes), deviennent malheureusement courants.

La semaine dernière, un attentat suicide à la bombe a tué 14 personnes dans un lieu de diffusion en plein air de la Coupe du monde dans la ville de Damaturu, dans le nord du Nigéria. La même semaine, des hommes armés possiblement liés aux Shebaabs ont ouvert le feu sur un lieu de diffusion du tournoi à Mpeketoni, sur la côte du Kenya.

Ce lundi à Beyrouth, un officier de sécurité libanais a été tué par un attentat suicide à la bombe à un point de contrôle. Il a possiblement empêché le terroriste de s'en prendre à une foule de 200 personnes qui s'était réunie pour regarder le match entre le Brésil et le Cameroun dans un café à proximité.

Sans surprise, les gouvernements du Kenya et du Nigéria ont tous deux mis en garde leurs citoyens contre les rassemblement publics pour voir les matchs. Certains groupes terroristes, et plus particulièrement Boko Haram dont le but est de débarrasser le Nigéria de l'influence culturelle occidentale, ont peut-être un problème avec le football lui-même. Mais il semble plus probable que les diffusions de matchs de la Coupe du monde soient pris pour cible parce qu'ils occasionnent des grands rassemblements publics où les gens ne sont souvent pas sur leurs gardes.

Comme l'explique Kayode Ogunbunmi sur Quartz, si la plupart des Nigérians ont une télévision, le confort et l'atmosphère festive des lieux de diffusions publiques en ont fait un moyen plus populaire de regarder les gros matchs. Pour le moment, la menace terroriste n'a pas découragé les foules.

Le Nigéria joue lundi prochain contre la France. Espérons qu'il n'y aura pas de nouvelle tragédie. 

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