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Cher Bernard Kouchner, voici 200 mots qu'il faudrait bannir de notre vocabulaire

Charlotte Pudlowski, mis à jour le 26.06.2014 à 12 h 36

Il n'y a pas que dans «euthanasie» qu'il y a «nazi».

Bernard Kouchner, en mai 2011 à Paris. REUTERS/Charles Platiau.

Bernard Kouchner, en mai 2011 à Paris. REUTERS/Charles Platiau.

Ce jeudi 26 juin sur France Inter, l'ancien ministre de la Santé Bernard Kouchner, en plein débat sur la fin de vie, la loi Léonetti, les cas Bonnemaison et Vincent Lambert, a lancé ceci:  

«D'abord, n'employons plus jamais le mot "euthanasie". Déjà, il y a le mot "nazi" dedans, ce qui n'est pas très gentil. Et puis on a tout de suite l'impression qu'il y a une agression, qu'on va forcer les gens.»

Il est effectivement indéniable que les nazis n'étaient pas très gentils. Un point pour Bernard. Ceci dit, s'il fallait enlever de notre vocabulaire tous les mots contenant le son [na.zi], ce serait gênant.

Par exemple, comment qualifier la voix nasillarde de Kendrick Lamar? Cet article de Konbini évoquant «Kendrick, ou plutôt K-Dot, [qui] rappe avec un flow déjà bien aiguisé et une voix un peu moins nasillarde qu’aujourd’hui» donnerait «Kendrick, ou plutôt K-Dot, rappe avec un flow déjà bien aiguisé et une voix un peu moins enrhumée qu’aujourd’hui»...

De même, les habitants de la commune de Lunas, dont vous n'avez peut-être jamais entendu parler, je vous vois venir, mais qui existe quand même, en Dordogne, et qui compte plus de 300 habitants, perdraient la possibilité de se faire appeler Lunasien et n'auraient plus de gentilé. 

Si l'on respectait le voeu de Bernard Kouchner, ces deux espèces, dont le nom vernaculaire est bizarrement le même, nasique, deviendraient également anonymes. 

Et puis globalement, notre vocabulaire serait appauvri d'un peu plus de 200 mots, selon ce moteur de recherche. Adieu l'anunasika («un type de voyelle nasalisée en langue sanscrite»), nasigère (terme inventé par Edmond Rostand pour désigner un nez imposant) ou encore l'appétissant nasi goreng.

Quant à Slate, il serait appauvri des contributions de notre spécialiste de l'Italie Margherita Nasi. Qu'on embrasse quand même, plus que Bernard.

Charlotte Pudlowski
Charlotte Pudlowski (741 articles)
Rédactrice en chef de Slate.fr
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