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Crise: les Vénézuéliens consomment beaucoup moins d'aliments de base

Repéré par Lucie de la Héronnière, mis à jour le 25.06.2014 à 17 h 28

Repéré sur El País, La Croix

Arepas con Chorizo/ William Neuheisel via Flickr CCLicence By

Arepas con Chorizo/ William Neuheisel via Flickr CCLicence By

L’Institut national de la statistique du Venezuela, après avoir révélé en mai une hausse massive de la pauvreté dans le pays, s’est penché sur les données concernant la consommation alimentaire. Entre le second semestre 2012 et le second semestre 2013, le Venezuela a connu «une chute généralisée de la consommation quotidienne d’aliments de base», souligne El País.

La méthodologie de cette enquête se fonde sur des entretiens dans les foyers, interrogeant les gens sur leurs dernières acquisitions de nourriture, que ce soit par le biais de l'achat, du don, du troc, de la production domestique ou «autre». 

Pour la très grosse majorité des aliments étudiés, la consommation a baissé. La diminution est flagrante pour la farine de maïs par exemple (-16,56%), qui est l’ingrédient de base pour cuisiner les arepas, petits pains de maïs traditionnels, souvent mangés au petit déjeuner et au dîner.

Les Vénézuéliens ont aussi déclaré avoir beaucoup moins consommé de riz (-10,55%), de bananes (-7,38%), de pâtes (-7,55%), de sucre (-7,65%), de viande de bœuf (-7,3%), de papaye (-4,69%), de pain (-1,8%) et de pommes de terre (-2%). Autres aliments de base à la baisse, le poulet (-7,43%), le poisson frais (-5,83%) ou encore le lait (-13,6%).

Pour pallier l’inflation galopante, le gouvernement a largement augmenté le salaire minimum, mais celui-ci couvre à peine le coût du panier alimentaire moyen. Selon El País, les résultats peuvent s’expliquer ainsi:

«D’une part, il y a l’impossibilité de trouver au supermarché tous les aliments du panier de base, dont le prix est régulé par le gouvernement et ne s’ajuste pas à la rapidité de l’inflation. (…) L’autre argument est la baisse du pouvoir d’achat. Entre mai 2013 et mai 2014, l’inflation des aliments et des boissons non alcoolisées a été de 76,2%».  

Comme l’expliquait un reportage de La Croix début juin, les Vénézueliens s’adaptent donc à la «culture de la file d’attente», pour trouver de la farine, du lait ou encore du café. 

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