Parents & enfants / Culture

Enfant, vous adoriez Bugs Bunny et Daffy Duck, mais vous souvenez-vous à quel point ils étaient affreusement violents?

Temps de lecture : 2 min

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Un dessinateur américain a dressé une petite compilation vidéo des suicides par arme à feu chez nos amis les cartoons. Lapins, canards, loups ou grenouilles: tous se font allègrement sauter la cervelle. Savez-vous que lorsque ces vieux dessins animés sont rediffusés aux Etats-Unis, ce genre de scènes est censuré? C’est aussi le cas de certaines séquences où tout le monde s’entretue au pistolet ou à la bombe.

Un taureau qui se met un pistolet contre la tempe dans un Daffy Duck de 1947? Disparu. Grosminet qui fait exploser un autre chat à la dynamite? Supprimé. Sont aussi censurées les scènes avec de l’alcool, comme Grosminet qui fume et boit avec des amis, ou des stéréotypes raciaux (personnages qui font semblant de parler chinois dans un cartoon de 1942, et diverses représentations des Indiens d’Amérique du Nord).

Un site fascinant permet de retrouver toutes ces scènes que les chaînes de télé ont préférées couper — seuls quelques DVD de collection et Internet permettent de revoir les épisodes en entier.

Le site Retrojunk revient en particulier sur la tendance de ces cartoons à faire des gags un peu douteux sur le suicide. Bugs Bunny et Sam le pirate jouent à la roulette russe car ils ont perdu une élection. Bugs se loupe et tue Sam à la place. Sur les chaînes américaines, la scène est remplacée par un fade out.

Dans un pays où les tueries à l’école sont tristement fréquentes, et où près de 20.000 personnes se suicident par arme à feu chaque année, aucun dessin animé n’oserait maintenant mettre en scène autant d’homicides et de suicides que les Looney Tunes.

La plupart des enfants américains sont constamment exposés, via la télévision, à des actes de violences bien plus perturbants que ce que l’on voit dans Looney Tunes. Mais aucun des programmes créés pour les enfants aujourd’hui ne traiterait la question de la violence par armes à feu de façon aussi légère et avec une telle exubérance loufoque que ne le faisait Looney Tunes.

«Il est difficile d’imaginer aujourd’hui une émission pour enfants avec autant de violence anarchique», notait récemment le critique télé Todd VanDerWerff. Ce mépris désinvolte des conséquences de la violence fait le charme de ces dessins animés mais résonne curieusement dans l’Amérique de l’après Newton.

Slate.fr

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