Economie

Il ne faudrait jamais travailler gratuitement. Et Joker serait d'accord

Repéré par Étienne Goetz, mis à jour le 25.06.2014 à 10 h 42

Repéré sur The Financial Times

«Si tu es bon dans un domaine, ne le fais jamais gratuitement», parole de Joker dans The Dark Knight.

Joker, interprété par Heath Ledger, en photo lors de la cérémonie de remise des prix par le Cercle des acteurs de cinéma à Los Angeles le 25 janvier 2009.  REUTERS / Lucy Nicholson

Joker, interprété par Heath Ledger, en photo lors de la cérémonie de remise des prix par le Cercle des acteurs de cinéma à Los Angeles le 25 janvier 2009. REUTERS / Lucy Nicholson

On connaît la chanson: «ça fera bien sur ton CV», «ça ouvre des portes», «tu vas rencontrer tellement de gens» ou encore «c’est hyper-formateur». Toutes les raisons sont bonnes pour accepter un stage ou un boulot non rémunéré, surtout quand on travaille dans un secteur artistique ou créatif. Mais pour le Financial Times, c’est plutôt une fausse bonne idée.   

En acceptant de travailler gratuitement «on met en péril non seulement le futur de ses aînés, mais surtout son propre avenir à long-terme», argumente Barney Hoskyns, critique de musique et cofondateur de Rock’s Backpages. Selon lui, il sera impossible de faire payer quoi que ce soit si on a déjà démontré que ça n’avait aucune valeur.

Votre plombier, vous le payez. Non?

Mais pourquoi demande-t-on plus souvent aux créatifs de travailler gratuitement? C'est absurde, répond l'écrivain Ian Sanders dans une petite histoire écrite pour l'occasion: personne n'aurait l’idée de ne pas payer son plombier quand il vient réparer une fuite d’eau! Alors pourquoi les écrivains ne sont-ils pas traités comme des plombiers, s’interroge-t-il.

Il paraît qu’on a toujours une bonne raison d’accepter. Voici un guide qui prouve qu’on a très souvent de bonnes raisons de refuser.

Les patrons ont intérêt à rémunérer leurs stagiaires

Sans oublier les stagiaires! D'ailleurs les employeurs ont tout intérêt à les rémunérer. Une étude de l'U.S. National Association of Colleges and Employers a montré que 60% des stagiaires payés ont reçu une proposition d’emploi contre 37% pour les stagiaires non rémunérés, rapporte le Financial Times.

La raison? Les employeurs qui payent accordent plus de valeur au travail que fournissent les stagiaires et leur offrent une expérience digne de ce nom plutôt que de leur donner des tâches ingrates à accomplir.

Autre argument en faveur des stages rémunérés: les employeurs ont un bassin de recrutement plus large. Ils ne sont pas obligés de piocher parmi les riches stagiaires qui ont les moyens de travailler gratuitement.

Attention à la corruption tout de même

Charlie Hoehn, un entrepreneur qui travaille dans l'édition «expert en marketing», soutient au contraire que le travail sans salaire est un «moyen de d’acquérir une expérience incroyable, d’affûter ses compétences et d’apprendre au contact direct des plus grands noms». La chance a souri à Charlie Hoehn, qui a même écrit un livre sur le sujet. Pas sûr que son cas soit généralisable.

Finalement, il n'y aurait qu'une seule raison militant pour le travail gratuit: lutter contre la corruption. Cela peut «pousser à la corruption si on est dans un état d’esprit où on ne travaille que pour l’argent», avance Tyler Cowen, professeur d’économie à la George Mason University.

Charlie Hoehn va dans le même sens. A force de toujours attendre une contrepartie financière, on risque «d’abaisser ses standards et d’accepter de piètres boulots».

Certes, mais... «Ce n’est pas pour l’argent, c’est pour envoyer un message», aurait répondu Joker dans The Dark knight.

Note de la rédaction: cet article est rédigé par un stagiaire non rémunéré.

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