Culture / Life

L'érotisation des corps a mené à la culture

Temps de lecture : 2 min

Les hommes et femmes se distinguent des singes par des éléments physiques essentiels, explique un passionnant article du Monde: «l'apparition de fesses et de mamelles proéminentes, le camouflage de l'ovulation et une réceptivité sexuelle quasi permanente.» L'homme, en plus des fesses, «exhibe de surcroît un sexe extravagant: dépourvu d'os pénien, il pend librement au repos, et l'on n'en trouve pas de plus développé parmi tous les primates.»

Cette «érotisation du corps» est essentiellement liée à l'acquisition de la bipédie, «dont les conséquences pour l'humanité furent incommensurables.»

«Gros seins, grand pénis: et si tout, ou presque, venait de là? Car l'évolution, en accentuant d'une part la différence morphologique entre les deux genres, en dissociant d'autre part la fonction reproductive et l'activité sexuelle, a fait bien plus que dresser notre espèce sur ses deux pattes arrière. Comme l'explique Pascal Picq, anthropologue au Collège de France, elle a ouvert la voie au sentiment amoureux. Et même à la culture.»

Au sentiment amoureux, parce que l'érotisation du corps «permet de stabiliser une relation consentie et exclusive, mais aussi de susciter le désir d'un autre». La sexualité humaine assume dès lors la fonction de reproduction, mais aussi celle de la construction d'un lien sensuel et affectif.

«En dépit de millénaires de divergences culturelles, ce qui unit le plus profondément les femmes et les hommes d'aujourd'hui, c'est la capacité à se séduire», poursuit l'anthropologue. Loin d'être un acquis récent, cette universalité, à ses yeux, est la preuve de la «très grande ancienneté» des fondements de notre sexualité. Avec la nécessité de séduire serait ainsi née la soif du beau. Et quel meilleur terrain pour l'étancher que ce corps, où se concentre précisément l'érotisme? «Dans ses transformations comme dans ses mouvements, le corps a sans aucun doute été le support et l'inspirateur de tous les arts», affirme Pascal Picq. Habits, parures, maquillages, danses ou vocalisation: la culture, à l'entendre, serait née du désir.»

[Lire l'article complet sur Lemonde.fr]

(photo de Une: flickr, Procsilas, Familiy Romance)

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