Boire & manger / Santé

Devons-nous suivre le régime des hommes préhistoriques?

Temps de lecture : 2 min

Nous savons que la nourriture industrielle et moderne est néfaste pour notre santé. Est-ce que revenir au régime des hommes des cavernes est la solution?

Une exposition sur l'homme de Neandertal à Krapina (Croatie) en 2010. REUTERS/Nikola Solic.
Une exposition sur l'homme de Neandertal à Krapina (Croatie) en 2010. REUTERS/Nikola Solic.

Ils ne mangeaient pas de pizzas et de gâteaux et ne buvaient pas de sodas même light. Ils chassaient les animaux pour leur viande, pêchaient et ramassaient des noix et des baies dans la forêt. Et à croire certains scientifiques, nos ancêtres préhistoriques qui ont vécu de 2 millions d’années à 10 000 ans avant nous avaient exactement le type de régime qu’il nous faudrait.

La BBC s’est penchée sur les avantages et les inconvénients du très à la mode «régime paléolithique». Le raisonnement des scientifiques qui le recommande est le suivant: le corps humain s’est adapté au mode de vie de l’âge de pierre pendant des centaines de milliers d’années. Notre génétique a changé très peu depuis cette période. Cela signifie que sur le plan biologique nous nous sommes adaptés au régime alimentaire du chasseur-cueilleur qui existait avant la naissance de l’agriculture. C’est une alimentation qui notamment ne comprend pas de produits laitiers, de céréales (des pâtes, du pain, du riz...), de sucre raffiné et même pas de lentilles et de haricots. Pour les partisans de ce régime, les maladies modernes (cardiovasculaires, diabète et cancers) sont liés pour l’essentiel à l’incompatibilité entre ce que nous mangeons aujourd’hui et notre physiologie préhistorique. Une étude de 2012 montre que 70% des apports énergétiques quotidiens des populations occidentales proviennent d’aliments qui n’existaient pas avant l’invention de l’agriculture

Mais ce raisonnement est contesté. D’abord, sommes-nous si proches génétiquement de nos ancêtres? Et même si c’est le cas, est-ce qu’en mangeant ce qu’ils mangeaient serons-nous en meilleure santé, rien ne le prouve?

Biologiste spécialiste de l’évolution, Marlène Zuk de l’Université du Minnesota et auteure du livre Paleofantasy explique qu’il n’y aucune raison pour que nos gènes soient identiques à ceux du Pléistocène et qu’il n’existe pas d’humain parfait mais que nous ne cessons d’évoluer. Un des exemples de changement génétique très récent tient à notre adaptation aux produits laitiers. Les bébés humains nourris avec du lait devenaient en grandissant intolérants à cet aliment et à ces dérivés. Seule une minorité des humains pouvaient digérer le lait de vache ou de chèvre. Cela leur a donné un avantage: avoir plus de nourriture et une boisson non contaminée. Ils ont survécu en plus grand nombre, transmis ce gène à leurs enfants et de plus en plus d’humains ont été capables de digérer les produits laitiers. C’est l’écrasante majorité de la population humaine aujourd’hui.

Et puis les comparaisons et les tests qui ont été effectués entre des personnes pratiquant le régime préhistorique et d’autres suivanr un régime à faibles calories ne montrent au bout de quelques mois aucune différence dans les pertes de poids et dans l’état de santé des uns et des autres. Il n’y a pas de remède et de régime miracle.

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