Sciences

Il existe une ancienne terre à l’intérieur de la terre

Temps de lecture : 2 min

Des restes de l'ancienne terre, d'avant la collision avec la comète Théia qui a créé la lune, existeraient dans les profondeurs de notre planète.

Lever du soleil sur le Pacifique Sud photographié par un des membres de l'équipage de la Station spatiale internationale le 9 mai NASA/via Reuters
Lever du soleil sur le Pacifique Sud photographié par un des membres de l'équipage de la Station spatiale internationale le 9 mai NASA/via Reuters

Il y a quelques jours, des scientifiques ont annoncé avoir trouvé un océan souterrain à 500 kilomètres sous la surface terrestre. Paradoxalement, nous en savons plus sur l’histoire de l’univers que sur celle de notre planète, mais nous faisons des progrès rapides.

Nous savons qu’il y a 4 milliards d’années, la terre était une planète extrêmement chaude et avec une orbite inclinée et excentrique autour du soleil qui la rendait hostile à toute forme de vie. Et puis quelque chose d’extraordinaire s’est produit. Un objet de la taille de mars, une comète sans doute, a heurté la terre. Des chercheurs allemands ont trouvé de nouvelles preuves pour conforter cette théorie. L’objet céleste qui aurait violemment percuté la Terre est appelé Théia.

Jusqu'à aujourd'hui, il s'agissait d'une hypothèse scientifique parmi d’autres. Elle avait le grand mérite d’expliquer notamment l'orbite actuelle de la Lune autour de la Terre. Elle devient aujourd’hui de moins en moins contestable.

Les scientifiques, qui ont publié leurs conclusions dans la revue Science, ont longuement analysé des échantillons lunaires ramenés il y a un demi-siècle par les missions Apollo 11, 12 et 16. Ils ont concentré leurs efforts sur des mesures des ratios d'isotopes d'oxygène, de titane, de silicium sur les échantillons et de les comparer avec ceux de la terre. «Les différences sont faibles et difficiles à détecter mais elles sont bien là», explique Daniel Herwartz, géologue de l'université de Cologne.

La collision avec la Terre a été si violente et a libéré tellement d'énergie que Théia a fondu, tout comme d’ailleurs une grande partie de l'enveloppe terrestre. Une partie du nuage de roches vaporisées se serait de nouveau agrégée à la Terre et l'autre se serait solidifiée non loin de là, donnant naissance à la Lune.

Et maintenant des scientifique de l’Université d’Harvard sous la conduite du Professeur Sujoy Mukhopadhyay estiment que des restes de l’ancienne terre d’avant la collision doivent se trouver sous la croute terrestre et ils pensent même avoir trouvé des preuves de cela. Les températures considérables atteintes pendant et à la suite de la collision n’auraient donc pas fait fondre toute la terre mais seulement une partie. Les éléments restant ont été intégrés à la nouvelle terre et y sont toujours.

«L'énergie libérée par l’impact entre la terre et Théia a été considérable, certainement suffisante pour faire fondre toute la planète. Mais nous pensons que l’énergie liée à l’impact n’a pas été également répartie sur toute l’ancienne terre. Cela veut dire que la majeure partie de l’hémisphère touché de plein fouet a dû être complétement vaporisée, mais l’hémisphère opposée a pu être partiellement protégé et n’aurait pas complétement fondu», explique Sujoy Mukhopadhyay.

Cette théorie est également construite d'après la mesure des ratios d'isotopes d’éléments provenant de la terre et d'échantillons lunaires. Les chercheurs d’Harvard ont notamment trouvé qu’un gaz rare très présent sur la lune et lié à la collision se trouve également en quantité dans les profondeurs de la terre sous le manteau et en faible quantité seulement dans les couches supérieures. «Cela signifie que le dernier impact géant n’a pas totalement fait fondre le manteau. Si cette théorie est juste, nous pouvons bien voir des échos de l’ancienne terre avant la collision», ajoute le professeur Mukhopadhyay.

Slate.fr

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