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Comment le succès des Sims est aussi venu du fait qu'on peut y être homo, bi ou hétéro

Repéré par Andréa Fradin, mis à jour le 20.06.2014 à 18 h 35

Repéré sur The New Yorker, Cnet

Et comment tout cela tient pas mal du hasard.

Les fans de la première heure vous le diront: en plus d'être un formidable mélange entre Architect 3D, un simulateur et une maison de poupées, Les Sims est également un jeu vidéo très libéré. Et ce depuis sa toute première version, qui remonte (déjà!) à 1999.

Incarner un Sim revient à pouvoir interagir avec n'importe qui (homme, femme ou même extraterrestre et vampire), n'importe comment ou presque: on peut parler boulot, on peut blaguer, se battre, se chatouiller, flirter, s'embrasser goulûment... et s'aimer. Et ce, quel que soit le sexe du Sim d'en face. A l'inverse d'autres jeux, y compris actuels, Les Sims a immédiatement admis les relations entre personnes du même sexe.

Pourtant, c'était mal parti. Après avoir longuement hésité, les équipes du studio Electronic Arts ont finalement décidé «d'enlever les relations entre personnes du même sexe du code du jeu», peu de temps avant la première présentation du jeu, raconte The New Yorker. Leur réintégration tient du pur hasard.

Un beau jour, un développeur arrivé au milieu de l'aventure, Patrick J. Barrett III, que The New Yorker a rencontré, s'est vu confier «un document qui définit la manière dont les interactions sociales fonctionneraient dans le jeu».

Sauf que le document était une version antérieure à la décision d'exclure les relations homosexuelles. Dont Patrick J. Barrett ne savait rien: il a donc fait son travail et a codé le jeu de façon à ce que toute sorte de relations amoureuses soient possibles.

Un mariage chez Les Sims.

Sans que cela ne provoque aucune réaction, ou presque: personne ne croyait à l'époque à ce qui allait devenir un succès planétaire, à commencer par Electronic Arts.

«E.A. n'a rien fait pour nous aider, confie même Patrick J. Barrett III, ils nous cachaient

Du coup, l'équipe a simplement «ignoré» le travail de Barrett, s'attendant de toute façon à une mort prématurée des Sims. A en croire le développeur, seul le créateur du concept, Will Wright, également derrière Sim City et Spore, a salué le fait «que le soutien aux relations homosexuelles soit de retour dans le jeu».

Un hasard qui a peut-être sauvé Les Sims: lors de la démonstration réalisée pour le festival de jeux vidéo E3, «deux femmes Sims [...] ont commencé à s'embrasser passionnément. Elles étaient tombées amoureuses durant la démonstration». Résultat: Les Sims ont fait parler d'eux. «J'imagine que l'idée de contrôler deux lesbiennes a plu aux mecs hétéro qui font des jeux de sports», confie Barrett au New Yorker.  Le tour était joué.

Mais selon Barrett, cette ouverture d'esprit tient aussi de l'époque:

«C'était une époque différente; les gens n'étaient pas aussi violemment pour ou contre les relations entre personnes du même sexe. [...] La presse de droite n'avait pas les plateformes qu'elles ont aujourd'hui pour hurler. Il n'y avait ni Twitter, ni Facebook, ni blogs.»

La preuve: la polémique qui n'a pas existé en 1999 déboule en 2014, avec la sortie d'un jeu proche des Sims sur Nintendo, Tomodachi Life. Où l'homosexualité est impossible.

Si Nintendo s'est par la suite excusé, le jeu n'a pas été changé pour autant, ce qui a déclenché une vague d'indignation, rapporte le site Cnet, à laquelle a même pris part HBO. La célèbre chaîne américaine, et l'un de ses présentateurs vedettes, John Oliver (dont on a déjà parlé ici, et même ), se sont amusés à imager les icônes de Nintendo en couple du même sexe: Link et Mario, la Princess Peach et Zelda, ou Yochi et Toad.

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