Coupe du monde 2014Monde

Le New York Times a tort, les joueurs américains plongent comme tout le monde

Grégoire Fleurot, mis à jour le 20.06.2014 à 15 h 16

L'Américain Clint Dempsey lors d'un match amical entre les Etats-Unis et le Mexique le 2 avril 2014 à Phoenix, Mark J. Rebilas-USA TODAY Sports

L'Américain Clint Dempsey lors d'un match amical entre les Etats-Unis et le Mexique le 2 avril 2014 à Phoenix, Mark J. Rebilas-USA TODAY Sports

Les Américains sont trop honnêtes et droits pour faire de la simulation ou amplifier les fautes qu'ils subissent, et ce respect du fair-play les désavantage dans un tournoi comme la Coupe du monde où la majorité des équipes n'éprouvent aucune gêne à essayer de tromper l'arbitre.

Voici dans les grandes lignes la thèse d'un article de Sam Borden intitulé «Quand la malhonnêteté est la meilleure stratégie, les footballeurs américains sont à la traîne» paru le 15 juin dans le New York Times, juste avant l'entrée en compétition de l'équipe américaine au Mondial, et illustré entre autres par une belle photo de Mathieu Valbuena s'écroulant après un duel contre le Honduras.

Selon Borden, l'idée même d'essayer de tromper l'arbitre à la manière du Brésilien Fred face à la Croatie en match d'ouverture «est contraire à la philosophie du sport américain idéalisé», un constat étayé par des interviews d'anciens et d'actuels joueurs américains. Tab Ramos, ancien international américain aujourd'hui adjoint de Jürgen Klinsmann à la tête de la sélection nationale, confie au journaliste:

«C'est quelque chose qu'on ne fait pas de la même manière que les autres équipes. Je ne sais pas s'il faut l'appeler un problème ou une faiblesse, mais c'est clair que la nature américaine est d'essayer d'être juste, d'essayer d'être juste par rapport au jeu. Les Américains sont comme ça.»

Mais tous les Américains ne sont pas d'accord avec cette vision idéalisée du sport et des sportifs de leur pays.

Dans une très bonne réponse parue sur le site Global Post, Timothy McGrath se moque de l'angélisme du journaliste du quotidien de New York et rappelle, vidéos à l'appui, que les Américains sont loin d'être immunisés contre les tentatives de tromper l'arbitre. Il n'y a qu'à regarder Lebron James, sans doute le sportif américain le plus connu du moment, jouer au basketball pour s'en convaincre.

McGrath écrit à propos de l'article du New York Times, ou de cette interview dans laquelle le défenseur anglais John Terry expliquait qu'il n'était pas dans la nature des Anglais de se jeter:

«Ce sont des choses complètement absurdes à dire, et la Coupe du monde les encourage d'une certaines manière: les gens du monde entier imaginent et projettent ce qui définit leur pays selon eux, tout en faisant toutes sortes de théories, souvent simplistes, sur ce qui définit les autres.

Chaque équipe, pays, joueur et entraîneur a son style de jeu, sa tactique ou sa formation préférée. Mais toutes les équipes plongent.

Les joueurs américains plongent. Les joueurs anglais plongent. Les joueurs européens, africains, d'Amérique latine, asiatiques plongent. Ça n'a rien à voir avec là d'où vous venez. Et quand un joueur plonge, cela ne dit absolument rien de son pays, de son peuple ou de sa culture.»

Si Sam Borden avait regardé ces vidéos de trois des plus célèbres joueurs américains de ces dernières années en pleine action, il aurait peut-être modifié quelque peu l'angle de son article:

Grégoire Fleurot
Grégoire Fleurot (799 articles)
Journaliste
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